Chronologie
440 dates, dont 195 de l’histoire des femmes.
1894–1926La Première République
Des premiers groupes féministes, encore sous la monarchie, à la proclamation de la République et au coup d’État militaire : les lois de la famille, le divorce, le vote refusé aux femmes.41 dates36 femmes
1894
1894 · femmes: Fondation de l’Association féminine de secours mutuels du personnel journalier des tabacs
1894
À la manufacture de tabac de Xabregas, dans le quartier du Beato, la main-d’œuvre était surtout féminine : une enquête de 1887 a compté 74,9 % de femmes parmi les ouvriers.1 Les ouvrières se tournaient vers les associations mutualistes féminines, et en 1894 a été fondée l’Association féminine de secours mutuels du personnel journalier des tabacs.1 Ce n’est qu’en 1927 que la compagnie allait ouvrir, à côté de la manufacture, une maternité pour les cigarières.1
1905
1905 · femmes: Ana de Castro Osório publie le premier manifeste féministe portugais
1905

Ana de Castro Osório, pionnière de la lutte pour l’égalité des droits entre hommes et femmes, publie Às Mulheres Portuguesas (Aux femmes portugaises), considéré comme le premier manifeste féministe portugais.21
1906
1906 · femmes: Cinq femmes médecins adhèrent au mouvement pacifiste « La Paix et le Désarmement par les Femmes »
1906

Carolina Beatriz Ângelo et quatre autres femmes médecins — Adelaide Cabete, Domitila de Carvalho, Emília Patacho et Maria do Carmo Lopes — adhèrent au comité portugais de l’association française La Paix et le Désarmement par les Femmes ; Carolina entre à sa direction.12
Carolina Beatriz Ângelo · Adelaide Cabete · Domitila de Carvalho
1906 · femmes: Création du lycée Maria Pia, le premier lycée de jeunes filles
1906

Un décret royal de 1906 institue à Lisbonne le lycée Maria Pia, le premier lycée de jeunes filles du pays.1 Le décret qui approuve son organisation date du 31 janvier et paraît au Diário do Governo (Journal du gouvernement) du 23 février.3 Domitila de Carvalho en a été la première proviseure et y a enseigné les mathématiques.4 C’est l’ancêtre du lycée Maria Amália Vaz de Carvalho, qui n’a eu son propre bâtiment qu’en 1933.1
Lycée Maria Amália Vaz de Carvalho (héritier du lycée Maria Pia, le premier lycée de jeunes filles) · Domitila de Carvalho
- 1Visão / Lusa
- 2FCSH+Lisboa (NOVA FCSH)
- 3Faculdade de Psicologia e de Ciências da Educação da Universidade de Lisboa (Repositório da Universidade de Lisboa)
- 4Wikipédia (pt)
- 5Turres Veteras III, Actas de História Contemporânea (Câmara Municipal de Torres Vedras / IERMAH); Estudo Geral, Universidade de Coimbra
1907
1907 · femmes: Fondation du Groupe portugais d’études féministes
1907

Un groupe de femmes instruites — intellectuelles, médecins, écrivaines et surtout enseignantes — fonde le Groupe portugais d’études féministes, pour diffuser l’émancipation féminine, créer une bibliothèque et publier des études.1 Il était dirigé par Ana de Castro Osório ; Carolina Beatriz Ângelo a participé à sa fondation, et Maria Veleda ainsi que les médecins Sofia Quintino et Adelaide Cabete en étaient aussi membres.34 Le Groupe donnait des cours du soir pour des femmes analphabètes au Centre scolaire républicain Dr Afonso Costa.2 Il a eu une vie brève, mais c’est autour de lui qu’est née la Ligue républicaine des femmes portugaises.1
Centre scolaire républicain Dr Afonso Costa — cours du soir pour les femmes (Calçada de Arroios) · Ana de Castro Osório · Maria Veleda · Carolina Beatriz Ângelo · Adelaide Cabete · Sofia Quintino
- 1Almanaque Republicano (blogue)
- 2Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa)
- 3Unidade de História da Medicina, Faculdade de Ciências Médicas da UNL (projeto de estudantes)
- 4CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
- 5Silêncios e Memórias (blogue)
- 6Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (coleção Fio de Ariana)
1907 · femmes: La revue « Alma Feminina » (1907–1908), avec Virgínia Quaresma
1907

La revue illustrée Alma Feminina (Âme féminine) voit le jour, dirigée par la poétesse Albertina Paraíso, avec Virgínia Quaresma comme rédactrice principale et secrétaire de rédaction.2 C’est dans ses pages que Virgínia Quaresma a, pour la première fois au Portugal, mis une ouvrière à l’honneur.1 Le numéro du 31 octobre 1907 a mis en couverture Carolina Beatriz Ângelo, « exceptionnellement intelligente », disait la légende.3
Virgínia Quaresma · Carolina Beatriz Ângelo
- 1Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa)
- 2Wikipédia (pt)
- 3Isabel Lousada / Universidade Católica Portuguesa
- 4Silêncios e Memórias (blogue): «Alma Feminina», n.º 1 (1907) — capa reproduzida em Silêncios e Memórias, n.º 2312
- 5Silêncios e Memórias (blogue): «Jornal da Mulher» || Alma Feminina — 05/05/1907 (Silêncios e Memórias, n.º 2987)
1908
1908 · femmes: Des suffragistes à la Ligue républicaine des femmes portugaises
1908

En 1908, la médecin Carolina Beatriz Ângelo rejoint la Ligue républicaine des femmes portugaises, où militaient aussi Ana de Castro Osório et Adelaide Cabete.12 La Ligue défendait le suffrage féminin, mais accordait plus de poids encore à la réforme du Code civil : le divorce, la protection des enfants et l’administration des biens du couple.2 Lancée en août de cette année-là, elle ne s’est constituée légalement qu’en février 1909.3
Adelaide Cabete · Carolina Beatriz Ângelo · Ana de Castro Osório
1909
février 1909 · femmes: Fondation de la Ligue républicaine des femmes portugaises
février 1909

Lancée en août 1908 par Ana de Castro Osório et António José de Almeida, la Ligue républicaine des femmes portugaises se constitue légalement en février 1909, comme association à la fois politique et féministe, pour éduquer les femmes aux principes démocratiques et réviser les lois qui les concernaient.14 Son siège était au 2e étage du n° 6 de la Rua dos Castelinhos.3 Ses instances dirigeantes comptaient aussi les médecins Carolina Beatriz Ângelo et Adelaide Cabete ; Maria Veleda, membre fondatrice, allait présider la Ligue à partir de 1911.45 En avril paraît le n° 1 de son organe, A Mulher e a Criança (La Femme et l’Enfant).2
Siège de la Ligue républicaine des femmes portugaises (Rua dos Castelinhos, 6) · Ana de Castro Osório · Adelaide Cabete · Maria Veleda · Carolina Beatriz Ângelo
RTP Arquivos : Ana de Castro Osório
- 1Almanaque Republicano (blogue): Liga Republicana das Mulheres Portuguesas
- 2Almanaque Republicano (blogue): A Mulher e a Criança. Órgão da Liga Republicana das Mulheres (ficha descritiva)
- 3Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa): A feminista e republicana Ana de Castro Osório
- 4Wikipédia (pt)
- 5Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa): Maria Veleda na urbanização das mulheres
1910
5 octobre 1910 · femmes: Proclamation de la République à Lisbonne
5 octobre 1910

La révolution du 5 octobre 1910 met fin à la monarchie, et la République est proclamée du balcon de l’hôtel de ville de Lisbonne.284 Les médecins Carolina Beatriz Ângelo et Adelaide Cabete avaient confectionné les drapeaux vert et rouge hissés ce jour-là.365 Une carte postale de l’époque célèbre Amélia Santos comme « l’héroïne de la Rotunda ».4
Carolina Beatriz Ângelo · Adelaide Cabete
- 1Assembleia da República: O sufrágio feminino no parlamento na 1.ª República
- 2Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa – Análise Social
- 3Assembleia da República: Exposição «Mulheres que mudaram a vida política em Portugal»
- 4Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 5Isabel Lousada / Universidade Católica Portuguesa
- 6Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa)
- 7FCSH+Lisboa (NOVA FCSH)
- 8Sinal Aberto
26 octobre 1910 · femmes: L’assemblée de la Ligue approuve le cahier de revendications féministes
26 octobre 1910

Trois semaines après la révolution, l’assemblée générale de la Ligue républicaine des femmes portugaises, dirigée par Ana de Castro Osório, examine la requête de revendications féministes à remettre au gouvernement provisoire ; Virgínia Quaresma est l’une des oratrices.124 Sur proposition de Maria Veleda, l’assemblée remercie le journal A Capital d’avoir ouvert ses colonnes à la propagande de la Ligue.2 Le lendemain, à 13 h, une commission d’adhérentes remet la requête au président du gouvernement provisoire.2
27 octobre 1910 · femmes: La Ligue remet au gouvernement provisoire ses revendications, dont le droit de vote
27 octobre 1910

Une commission de membres de la Ligue républicaine des femmes portugaises remet au président du gouvernement provisoire une « ample requête de revendications féministes ».45 Parmi elles figurait le vote : la Ligue jugeait juste le suffrage universel mais, « pour n’entraver en aucune façon le gouvernement de la République », elle ne demandait pour l’instant le vote que pour les commerçantes, les industrielles, les fonctionnaires, les diplômées, les écrivaines et celles qui administraient une fortune.3 La Ligue était alors dirigée par Ana de Castro Osório et, comme vice-présidente, par Carolina Beatriz Ângelo.135
3 novembre 1910 · femmes: Le gouvernement provisoire décrète la loi sur le divorce
3 novembre 1910

Moins d’un mois après la révolution, le gouvernement provisoire publie le décret ayant force de loi du 3 novembre 1910, qui institue le divorce, contentieux et par consentement mutuel, et crée un nouvel état civil, celui de « divorcé ».12 Selon l’Assemblée de la République, le Portugal devient le deuxième pays européen, après la Norvège, à admettre le divorce par consentement mutuel ; la loi traite l’adultère du mari et celui de la femme dans les mêmes termes.13 La féministe Ana de Castro Osório a collaboré avec le ministre de la Justice, Afonso Costa, à la préparation de la loi, pour laquelle la journaliste Virgínia Quaresma avait fait campagne en 1909.68
Ana de Castro Osório · Virgínia Quaresma
- 1Assembleia da República
- 2Assembleia da República – Biblioteca Passos Manuel
- 3Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa – Análise Social
- 4Commission on European Family Law
- 5Wikipédia (pt): Primeira República Portuguesa
- 6Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa): A feminista e republicana Ana de Castro Osório
- 7Wikipédia (pt): Ana de Castro Osório
- 8Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa): A primeira jornalista de reportagem portuguesa numa rua de Caselas
25 décembre 1910 · femmes: Lois de la famille : mariage civil et égalité dans la société conjugale
25 décembre 1910
Peu après la loi sur le divorce, le ministère de la Justice promulgue les lois dites de la famille : le décret n° 1, sur le mariage comme contrat civil, et le n° 2, sur la protection des enfants.12 « La société conjugale repose sur la liberté et l’égalité », dit l’article 39 du premier.1 Le devoir d’obéissance de la femme envers son mari disparaît, l’autrice peut désormais publier librement et la mère célibataire obtient les moyens de rechercher la paternité.1
1911
3 février 1911 · femmes: Une délégation de femmes porte à Teófilo Braga la proposition sur le vote des femmes
3 février 1911

La Ligue républicaine des femmes portugaises porte à Teófilo Braga, président du gouvernement provisoire, une nouvelle requête demandant le vote pour les femmes « qui, par leur position spéciale, doivent pouvoir l’exercer » : les contribuables, celles qui exerçaient une profession scientifique ou littéraire, celles qui étaient indépendantes moralement et économiquement.3 En tête des signatures figurait la médecin Carolina Beatriz Ângelo, suivie d’Ana de Castro Osório, d’Adelaide da Cunha Barradas, de Constança Dias, de Joana de Almeida Nogueira, de Maria Laura Monteiro Torres, de Rita Dantas Machado et de Virgínia da Fonseca.32 Teófilo Braga s’est engagé à la présenter à la première réunion des ministres.3
14 mars 1911 · femmes: La première loi électorale de la République n’exclut pas les femmes
14 mars 1911

Publiée le 14 mars 1911 et rédigée par le ministre de l’Intérieur, António José de Almeida, la « loi électorale devant servir à l’élection des députés à l’Assemblée constituante » (Lei eleitoral para servir na eleição de deputados à Assembleia Constituinte) donne le droit de vote aux Portugais de plus de 21 ans qui savent lire et écrire ou sont chefs de famille — sans préciser qu’il devait s’agir d’hommes.14 Les féministes y ont d’abord vu une déception, parce qu’elle ne consacrait pas le vote des femmes ; puis elles ont compris qu’elle ne le refusait pas non plus, et Carolina Beatriz Ângelo a demandé à être inscrite sur les listes électorales.4 La loi a été modifiée par un décret du 5 avril et complétée par des décrets du 20 avril et des 11, 12 et 13 mai 1911.13
1er avril 1911 · femmes: Carolina Beatriz Ângelo demande à être inscrite sur les listes électorales
1er avril 1911

Veuve et chef de famille, avec une fille mineure à charge, Carolina Beatriz Ângelo sollicite de la commission de recensement électoral du 2e arrondissement (bairro) de Lisbonne son inscription sur les listes électorales, dans une demande datée du 1er avril 1911.41 La commission se déclare incompétente et transmet la demande au ministre de l’Intérieur, António José de Almeida, qui la rejette.43 Carolina forme alors un recours devant le tribunal.3
28 avril 1911 · femmes: Un jugement ordonne l’inscription de Carolina Beatriz Ângelo sur les listes électorales
28 avril 1911

Le 24 avril, Carolina Beatriz Ângelo dépose au tribunal de la Boa-Hora son recours contre son exclusion des listes électorales ; l’affaire échoit au juge de la 1re chambre civile, João Baptista de Castro, père d’Ana de Castro Osório.62 Dans son jugement du 28 avril, il décide que la loi, en parlant de « Portugais », englobe les femmes, et ordonne d’inscrire Carolina sur les listes : « là où la loi ne distingue pas, le juge ne peut distinguer » (onde a lei não distingue não pode o julgador distinguir).6 A Capital du 29 avril publie le jugement et y voit « une victoire pour le féminisme national ».1
Tribunal de la Boa-Hora · Carolina Beatriz Ângelo · Ana de Castro Osório
12 mai 1911 · femmes: Fondation de l’Association de propagande féministe
12 mai 1911

Les divergences au sein de la Ligue républicaine des femmes portugaises sur la question de savoir qui devait voter — seulement les femmes instruites et ayant une profession, ou toutes, sans restrictions — conduisent à la fondation de l’Association de propagande féministe, le 12 mai 1911.12 Ana de Castro Osório et Carolina Beatriz Ângelo étaient parmi les partisanes du vote restreint ; Maria Veleda, qui cette année-là a pris la présidence de la Ligue, défendait le vote sans restrictions.16 La nouvelle association est née dans le cabinet médical de Carolina Beatriz Ângelo, qui en a été la présidente, selon la Toponímia de Lisboa.74
Cabinet médical de Carolina Beatriz Ângelo (Rua Nova do Almada, 84) · Ana de Castro Osório · Carolina Beatriz Ângelo · Maria Veleda
- 1Assembleia da República: O sufrágio feminino no parlamento na 1.ª República
- 2Assembleia da República: O sufrágio feminino no Parlamento na 1.ª República (ComunicAR n.º 71, março de 2021)
- 3Wikipédia (pt)
- 4Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa): A rua lisboeta da primeira mulher que votou em Portugal
- 5Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa): A feminista e republicana Ana de Castro Osório
- 6Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa): Maria Veleda na urbanização das mulheres
- 7Historia Constitucional (revista eletrónica)
28 mai 1911 · femmes: Carolina Beatriz Ângelo, la première femme à voter au Portugal
28 mai 1911

Dimanche matin, la médecin Carolina Beatriz Ângelo vote aux élections à l’Assemblée nationale constituante, au bureau de vote de São Jorge de Arroios, installé au Clube Estefânia : c’est la première femme à voter au Portugal.87 Veuve et chef de famille, elle était inscrite comme électrice n° 2513 sur ordre d’un juge, parce que la loi électorale n’excluait pas expressément les femmes.4 Le président du bureau a encore consulté les assesseurs avant d’accepter son bulletin ; elle a voté sous les applaudissements, et Ana de Castro Osório l’a accompagnée.418 En 1911, rares étaient les pays européens où les femmes votaient — la Finlande, que l’Assemblée de la République présente comme le seul, et la Norvège, depuis 1907, seulement pour celles qui avaient certains revenus —, et la nouvelle a fait le tour du continent.19
Clube Estefânia — bureau de vote de São Jorge de Arroios (1911) · Carolina Beatriz Ângelo · Ana de Castro Osório
- 1Assembleia da República: O sufrágio feminino no parlamento na 1.ª República
- 2Assembleia da República: Exposição «Mulheres que mudaram a vida política em Portugal»
- 3Ordem dos Advogados
- 4Assembleia da República: Carolina Beatriz Ângelo
- 5Isabel Lousada / Universidade Católica Portuguesa
- 6Assembleia da República: O sufrágio feminino no Parlamento na 1.ª República (ComunicAR n.º 71, março de 2021)
- 7Mensagem de Lisboa
- 8Historia Constitucional (revista eletrónica)
- 9Stortinget (Parlamento da Noruega)
24–27 juillet 1911 · femmes: Pétition de l’Association de propagande féministe à la Constituante
24–27 juillet 1911

Une pétition de l’Association de propagande féministe demandant le suffrage féminin est déposée à l’Assemblée nationale constituante.1 Approuvée en assemblée générale le 10 juillet et signée en tête par Carolina Beatriz Ângelo, qui dirigeait l’association depuis le départ d’Ana de Castro Osório pour le Brésil, elle demandait le vote pour les diplômées, les femmes chefs de famille et les commerçantes qui savaient lire et écrire.3 Le 26 juillet, l’article sur les droits civils et politiques de la femme est supprimé du projet de Constitution ; le 27, Bernardino Machado déclare que la question « n’est pas constitutionnelle ».12
Palácio de São Bento · Ana de Castro Osório · Carolina Beatriz Ângelo
26 juillet 1911 · femmes: La Constituante supprime l’article sur les droits civils et politiques de la femme
26 juillet 1911
Lors de la séance du 26 juillet 1911, deux jours après le dépôt d’une pétition de l’Association de propagande féministe, l’Assemblée nationale constituante supprime du projet de Constitution l’article relatif aux droits civils et politiques de la femme.12 Le député António Macieira s’est opposé à ce que l’on promette à la femme une « éducation progressive » pour l’exercice de la capacité politique et civile — la République, a-t-il rappelé, lui avait déjà donné le divorce et la libre publication de ses écrits —, et Faustino da Fonseca a soutenu que la République « ne doit pas refuser à la femme le droit de vote ».23 Le lendemain, Bernardino Machado a déclaré que la matière n’était pas constitutionnelle et devait relever de la loi ordinaire.1
août 1911: Adoption de la première Constitution républicaine
août 1911
L’Assemblée nationale constituante, qui a siégé du 15 juin au 25 août 1911, adopte la Constitution du 21 août, la première de la République.12 Le texte n’a pas consacré le vote des femmes — l’article sur leurs droits avait été supprimé du projet — et a renvoyé l’organisation des élections à une loi spéciale.3 Le Congrès de la République, formé de la Chambre des députés et du Sénat, commence à siéger le 26 août.1
3 octobre 1911 · femmes: Mort de Carolina Beatriz Ângelo
3 octobre 1911

À 33 ans, Carolina Beatriz Ângelo se sent mal dans le tramway, en revenant d’une réunion de féministes qu’elle avait présidée, et meurt dans l’escalier de chez elle.1 Libre-penseuse, elle avait laissé par écrit qu’elle voulait un enterrement civil et que sa famille, surtout sa fille, ne porte pas le deuil.41 Adelaide Cabete appelle les femmes à venir aux obsèques.1
1912
juin 1912 · femmes: Parution de la revue « A Mulher Portuguesa », de l’Association de propagande féministe
juin 1912

L’Association de propagande féministe lance la revue A Mulher Portuguesa (La Femme portugaise), dont paraîtront cinq numéros, de juin 1912 à février 1913.1 Le n° 1 publie la lettre d’Ana de Castro Osório, écrite à São Paulo et lue lors de la séance du 12 mai 1912, pour le premier anniversaire de l’association : « Notre Association s’est formée dans la lutte ».2 Elle y accusait la Constituante d’avoir écarté la question du vote des femmes, « la jugeant inopportune ».4
- 1Revistas de Ideias e Cultura (RIC): A Mulher Portuguesa (índice dos números, 1912-1913)
- 2Revistas de Ideias e Cultura (RIC): A Mulher Portuguesa, n.º 1 (junho de 1912) — discurso de Ana de Castro Osório
- 3Wikipédia (pt)
- 4Historia Constitucional (revista eletrónica)
- 5Revistas de Ideias e Cultura (digitalização)
3–9 juillet 1912 · femmes: Des socialistes et des républicaines demandent le vote au Sénat
3–9 juillet 1912

Le 3 juillet 1912, en pleine discussion du Code électoral, le Sénat reçoit une requête de l’Union des femmes socialistes contre le refus du vote aux femmes, qui rappelle les promesses que les républicains avaient faites dans l’opposition.1 Le 9 arrive la pétition de la Ligue républicaine des femmes portugaises, alors présidée par Maria Veleda.12 Le sénateur João de Freitas répond que la Ligue réunit « seulement quelques centaines de femmes » et que la grande masse des Portugaises est indifférente au vote.1
9 juillet 1912 · femmes: La Ligue remet au Sénat une pétition pour le vote des femmes
9 juillet 1912
En pleine discussion du Code électoral, la Ligue républicaine des femmes portugaises remet une pétition pour que la loi consacre le vote des femmes, quelques jours après que le Sénat a reçu une requête de l’Union des femmes socialistes.1 Lors du débat, plusieurs sénateurs s’y sont opposés, en invoquant l’influence de l’Église sur les femmes ; d’autres n’acceptaient que le vote des diplômées.1 Le 2 juillet, le Sénat était allé jusqu’à approuver un amendement qui donnait le vote aux femmes de plus de 25 ans titulaires d’un diplôme supérieur, secondaire ou spécial — mais la Chambre des députés ne l’a pas suivi, et le Code électoral de 1913 a réservé le vote aux hommes.2
1913
3 juillet 1913 · femmes: Le Code électoral réserve le vote aux hommes
3 juillet 1913

La loi n° 3 du 3 juillet 1913 ne reconnaît comme électeurs que les citoyens « de sexe masculin » de plus de 21 ans sachant lire et écrire, refermant la brèche juridique par laquelle Carolina Beatriz Ângelo avait voté en 1911.17 Le Sénat était allé jusqu’à approuver le vote des diplômées, mais la Chambre des députés l’a refusé.8 Les femmes allaient attendre près de vingt ans un droit de vote, et encore restreint.1
Palácio de São Bento · Carolina Beatriz Ângelo
- 1Assembleia da República: O sufrágio feminino no parlamento na 1.ª República
- 2Ordem dos Advogados
- 3Assembleia da República: O sufrágio feminino no Parlamento na 1.ª República (ComunicAR n.º 71, março de 2021)
- 4Assembleia da República: Carolina Beatriz Ângelo
- 5Biblioteca Nacional de Portugal: Primeira República — Sinopse da Legislação Eleitoral (Materiais para a História Eleitoral e Parlamentar Portuguesa, 1820-1926)
- 6Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa)
- 7Biblioteca Nacional de Portugal: Materiais para a História Eleitoral e Parlamentar Portuguesa, 1820-1926 — Primeira República: roteiro de fontes
- 8Historia Constitucional (revista eletrónica)
14 novembre 1913 · femmes: Regina Quintanilha, la première femme à plaider au Portugal
14 novembre 1913

Avec une autorisation spéciale de la Cour suprême de justice, Regina Quintanilha fait ses débuts d’avocate au tribunal de la Boa-Hora, en défendant des accusées — la première femme à plaider au Portugal.31 Le journal A Luta (La Lutte) a écrit qu’elle avait pris la parole « avec beaucoup de brio ».1 La profession d’avocat ne s’ouvrirait légalement aux femmes qu’en 1918, avec le décret n° 4676.3
1914
24 avril 1914 · femmes: Fondation du Conseil national des femmes portugaises
24 avril 1914

À l’initiative de la médecin Adelaide Cabete, qui allait le présider pendant plus de vingt ans, naît le Conseil national des femmes portugaises.12 Pendant 32 ans, son siège a été le cabinet d’Adelaide Cabete, au 1er étage du n° 13 de la Praça dos Restauradores.1 En novembre paraît le n° 1 du Boletim Oficial (Bulletin officiel), dirigé par Maria Clara Correia Alves.3 Il allait devenir la plus importante et la plus durable association féministe portugaise de la première moitié du XXe siècle.15
Conseil national des femmes portugaises · Adelaide Cabete · Maria Clara Correia Alves
- 1FCSH+Lisboa – NOVA FCSH
- 2Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa)
- 3Biblioteca Nacional Digital
- 4Wikipédia (pt)
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 6CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
- 7Silêncios e Memórias (blogue)
- 8Arquivo de História Social (Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa)
- 9Conselho Nacional das Mulheres Portuguesas — Arquivo de História Social (ICS-ULisboa), Espólio Pinto Quartin: Primeiro Congresso Feminista e de Educação (brochura de divulgação, com a comissão organizadora, as teses e o regulamento)
- 10Conselho Nacional das Mulheres Portuguesas — Arquivo de História Social (ICS-ULisboa), Espólio Pinto Quartin: Segundo Congresso Feminista e de Educação: regulamento (Lisboa, C.N.M.P., 1928)
- 11Secretaria-Geral do Ministério da Administração Interna, arquivo do Governo Civil de Lisboa (Archeevo)
1915
août 1915 · femmes: Grève des couturières de Ramiro Leão & C.ª
août 1915

Convoquées par l’association de classe des couturières et des piqueuses, dont le siège était dans la Rua do Benformoso, plus de cent ouvrières de la fabrique de Ramiro Leão & C.ª, sur la colline de Santana, se rendent à une réunion du syndicat.1 Trois d’entre elles — Miquelina Furtado, Laurinda Pinheiro et Lúcia Martins — sont licenciées parce qu’elles font partie d’une commission pour la journée de huit heures, et leurs collègues se mettent en grève devant la fabrique, jusqu’à ce que la cavalerie et l’infanterie de la Garde nationale républicaine (GNR) les dispersent.1 Douze ouvrières démissionnent par solidarité avec les licenciées.1
Siège de l’association de classe des couturières et des piqueuses (Rua do Benformoso)
1916
27 mars 1916 · femmes: Création de la Croisade des femmes portugaises
27 mars 1916

Un groupe de femmes présidé par Elzira Dantas Machado, épouse du président Bernardino Machado, crée la Croisade des femmes portugaises, pour apporter une assistance morale et matérielle à quiconque en aurait besoin à cause de la guerre avec l’Allemagne.12 Elle est née de la Commission féminine « Pela Pátria » (Pour la patrie), dont Ana de Castro Osório avait été la fondatrice.32 En 1917, elle a organisé des cours d’infirmières pour les hôpitaux militaires du pays et du front européen, dirigés au début par la médecin Sofia Quintino.12 La journaliste Virgínia Quaresma a mis au service de la Croisade l’agence de presse qu’elle dirigeait à Lisbonne.4
Ana de Castro Osório · Virgínia Quaresma · Sofia Quintino
- 1Portugal 1914-1918 (Instituto de História Contemporânea, NOVA FCSH)
- 2Wikipédia (pt)
- 3Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa): A feminista e republicana Ana de Castro Osório
- 4Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa): A primeira jornalista de reportagem portuguesa numa rua de Caselas
- 5Silêncios e Memórias (blogue)
1917
janvier 1917 · femmes: Parution de la revue « Alma Feminina » du Conseil national des femmes portugaises
janvier 1917

Le Conseil national des femmes portugaises lance le bulletin Alma Feminina (Âme féminine), qui paraîtra jusqu’en mai 1946.1 Le premier numéro, de janvier 1917, est dirigé par Maria Clara Correia Alves, qui avait déjà dirigé le Boletim Oficial (Bulletin officiel) du Conseil.12 Parmi les directrices suivantes figurent Adelaide Cabete et, en 1929–1930, la juriste Elina Guimarães.32
Maria Clara Correia Alves · Adelaide Cabete · Elina Guimarães
1er août 1917 · femmes: Mort d’Angelina Vidal
1er août 1917

La propagandiste républicaine et socialiste Angelina Vidal meurt presque dans la misère au n° 41 de la Rua de São Gens, à Graça.1 La veille, on lui avait accordé la pension de réversion due à la mort de son mari, médecin de la Marine, que la monarchie lui avait refusée parce qu’elle était une « ennemie des institutions ».1 En 1924, Lisbonne allait donner son nom à une rue.1
Maison où est morte Angelina Vidal (Rua de São Gens, 41) · Angelina Vidal
1918
19 juillet 1918 · femmes: Un décret ouvre aux femmes la profession d’avocat et d’autres fonctions publiques
19 juillet 1918

Le décret n° 4676 du 19 juillet 1918, du gouvernement de Sidónio Pais, permet aux femmes diplômées en droit d’exercer la profession d’avocat et les fonctions d’adjoint de notaire et de conservateur des registres, et leur ouvre des postes dans les administrations publiques.21 Il précise toutefois que certaines « fonctions de direction et d’initiative » sont réservées à l’homme, et ne leur donne pas le droit de vote.23 Regina Quintanilha plaidait depuis 1913, avec une autorisation spéciale ; Aurora de Castro e Gouveia a profité du décret pour exercer comme avocate et devenir la première notaire du pays.23
1919
23 février 1919: Parution du premier numéro du journal ouvrier « A Batalha »
23 février 1919
Paraît le premier numéro d’A Batalha (La Bataille), « porte-parole de l’organisation ouvrière portugaise », propriété de l’Union ouvrière nationale ; à partir de septembre 1919, ce sera l’organe de la Confédération générale du travail.1 Sous la Dictature militaire, le siège est détruit et saccagé et la publication interrompue ; le journal reparaîtra après le 25 Avril, à l’initiative d’Emídio Santana.1
10 mai 1919 · femmes: Une loi abolit les restrictions civiles fondées sur le sexe
10 mai 1919
Selon la juriste féministe Elina Guimarães, les restrictions du Code civil qui empêchaient les femmes de se porter caution, d’être témoins instrumentaires, tutrices ou membres du conseil de famille ont été abolies par une loi de 1917, ratifiée en 1918, et supprimées du texte du Code en 1930.1 Les lois de la famille de 1910 les avaient laissées en place.1
septembre 1919: Fondation de la Confédération générale du travail
septembre 1919
À une époque de grande agitation sociale, sous l’effet de la révolution russe et de la fin de la Première Guerre mondiale, est fondée la Confédération générale du travail (CGT), centrale ouvrière anarcho-syndicaliste ; le journal A Batalha (La Bataille) devient son organe.1 Sous la République et la Dictature militaire, la CGT mènera de nombreuses luttes ouvrières et verra beaucoup de militants emprisonnés et déportés.1
1921
6 mars 1921: Fondation du Parti communiste portugais
6 mars 1921
Lors d’une réunion au siège de l’Association des employés de bureau, à Lisbonne, est fondé le Parti communiste portugais, sous l’effet de la révolution russe de 1917.1 Interdit après le coup d’État du 28 mai 1926, il vivra dans la clandestinité jusqu’au 25 avril 1974.1
15 octobre 1921: Parution du premier numéro de « Seara Nova »
15 octobre 1921
Paraît le premier numéro de Seara Nova (Nouvelle Moisson), revue d’intellectuels « détachés des partis politiques mais pas de la vie politique », qui se proposaient d’imposer les réformes nécessaires à la vie nationale, au-dessus des clientèles et des oligarchies.12 Parmi les « seareiros » (moissonneurs) figuraient Jaime Cortesão, Raul Proença, António Sérgio et Aquilino Ribeiro.1 Frappée par la censure, la revue a interrompu sa parution entre août 1926 et avril 1927 ; à son retour, une bonne partie de sa direction et de ses collaborateurs se trouvait en prison ou en exil.2
1924
4–9 mai 1924 · femmes: Ier Congrès féministe et d’éducation
4–9 mai 1924

Pour célébrer ses dix ans, le Conseil national des femmes portugaises, présidé par Adelaide Cabete, organise le premier congrès féministe du pays, dans le salon d’honneur de l’Association de secours mutuels des employés du commerce de Lisbonne ; il est inauguré par le président de la République, Manuel Teixeira Gomes.124 La notaire Aurora de Castro e Gouveia réclame la pleine égalité politique et le droit de vote ; parmi les oratrices figurent aussi Deolinda Lopes Vieira, Maria O’Neill, Angélica Viana Porto et Regina Quintanilha.34 Il en est sorti des propositions très avancées pour l’époque : un mois de repos avant l’accouchement pour les travailleuses, l’éducation sexuelle à l’école, un salaire égal pour un travail égal, l’égalité juridique au sein du couple et le vote des femmes.4
Paço de São Cristóvão / Palácio Vagos — Association de secours mutuels des employés du commerce de Lisbonne · Adelaide Cabete · Aurora de Castro e Gouveia · Maria O'Neill · Angélica Viana Porto · Deolinda Lopes Vieira · Regina Quintanilha
17 octobre 1924 · femmes: Lisbonne donne à une rue le nom d’Angelina Vidal
17 octobre 1924

Par un arrêté municipal du 17 octobre 1924, l’ancien Caminho do Forno do Tijolo prend le nom de Rua Angelina Vidal, avec la légende « Illustre conférencière et propagandiste de l’émancipation sociale » (Ilustre Conferencista e Propagandista da Emancipação Social).1 Ce fut l’un des 14 noms de rue féminins attribués par la Lisbonne républicaine, entre 1910 et 1926.2 Angelina Vidal était morte en 1917, presque dans la misère, à Graça.1
1926–1933La Dictature militaire
Le coup d’État du 28 mai 1926 met fin au parlement. Salazar devient ministre des Finances en 1928 et bâtit, à partir de là, le régime qui durera 48 ans.23 dates8 femmes
1926
28 mai 1926: Le coup d’État militaire du 28 mai met fin à la Première République
28 mai 1926

Le coup d’État militaire lancé à Braga le 28 mai 1926 renverse la République parlementaire et ouvre la Dictature militaire (1926–1933), au sein de laquelle émergeront Salazar et l’Estado Novo (« État nouveau »).12 À Lisbonne, une force militaire ferme le Parlement.2 Suivent des années de révoltes et de répression, avec des centaines de morts et des milliers de prisonniers politiques et de déportés.1
22 juin 1926: La censure de la presse s’installe à la caserne du Carmo
22 juin 1926

Moins d’un mois après le coup d’État du 28 mai, les services de censure de la presse commencent à fonctionner à la caserne de la Garde nationale républicaine (GNR) du Carmo, où ils restent jusqu’en 1934.1 Suivront six autres adresses, dans le Chiado, le Bairro Alto et aux Restauradores — entre 1947 et 1961, au Palácio Foz —, jusqu’à la Rua da Misericórdia, où se trouvait la censure le 25 avril 1974.1
Largo do Carmo et caserne du Carmo · Siège des services de la censure / de l’« examen préalable » (1969-1974) · Palácio Foz – Secrétariat de la propagande nationale / Secrétariat national de l’information (SPN/SNI)
1927
1927 · femmes: La maternité de la Compagnie nationale des tabacs, à Xabregas
1927

Après des décennies de dénonciations — Adelaide Cabete avait réclamé des crèches dans les usines dans sa thèse de médecine —, la Compagnie nationale des tabacs ouvre, à côté de la manufacture de Xabregas, une maternité pour les cigarières et les femmes des ouvriers.1 Il y avait des consultations pour les mères et les enfants, du lait pour les bébés, une hospitalisation gratuite un mois avant et un mois après l’accouchement, et une crèche.1 Les ouvrières de cette manufacture avaient fondé en 1894 une association mutualiste féminine.1
3–9 février 1927: La révolte de février 1927 contre la Dictature militaire
3–9 février 1927
La première grande révolte du « reviralho » (retournement) contre la Dictature militaire commence à Porto le 3 février, avec des militaires et des civils comme Sousa Dias, Jaime de Morais et Jaime Cortesão, et ne gagne Lisbonne que le 7.1 Les insurgés se rendent à Porto et, en fin d’après-midi le 9, à Lisbonne.1 Suivent des licenciements de fonctionnaires, la dissolution d’unités de l’armée et de la Garde nationale républicaine (GNR), des centaines de prisonniers et de déportés, des exécutions et l’exil de nombreux républicains, qui formeront en France la Ligue de défense de la République.1
7–9 février 1927: La révolte de février 1927 à Lisbonne
7–9 février 1927

Commencée à Porto le 3 février, la révolte ne s’étend à Lisbonne que le 7 : des marins, des compagnies de la Garde nationale républicaine (GNR) et des civils armés, commandés par des hommes comme Mendes dos Reis et Agatão Lança, dressent des barricades dans la Rua Alexandre Herculano, sur le Largo do Rato et dans la Rua de São Filipe Néri.1 Ils se rendent en fin d’après-midi le 9 février ; ce jour-là, près de la fontaine du Largo do Rato, plusieurs civils et marins ont été fusillés.12 La répression qui a suivi a créé, en mars, une Police spéciale d’informations, embryon de la police politique de l’Estado Novo (« État nouveau »).2
mars 1927: Des exilés créent la Ligue de défense de la République (« Ligue de Paris »)
mars 1927
Après la défaite de la révolte de février, des républicains exilés — parmi lesquels António Sérgio, Afonso Costa, José Domingues dos Santos, Álvaro de Castro et Jaime Cortesão — organisent, d’abord en Galice puis à Paris, la Ligue de défense de la République, connue sous le nom de Ligue de Paris.1 Son document fondateur, Ao País (Au pays), rédigé par António Sérgio, est rendu public en juillet 1927 : il demandait la réforme des institutions parlementaires, de la vie publique, de l’économie et de l’éducation.1
1928
1928: La prison de l’Aljube devient une prison politique
1928

Deux ans après le coup d’État, la prison de l’Aljube devient une prison politique pour les détenus de sexe masculin et sert de « plaque tournante » pour ceux qui partaient en déportation.21 En 1934, elle passe sous l’administration directe de la Police de vigilance et de défense de l’État (PVDE), comme prison des prévenus ; en 1935, les cellules collectives sont cloisonnées et le parloir est équipé d’un grillage entre les prisonniers et les visiteurs.23 À partir de 1943, elle compte treize cellules d’isolement, les « curros ».2
1928 · femmes: Maria Lamas prend la direction de « Modas e Bordados »
1928

À l’invitation de l’écrivain Ferreira de Castro, Maria Lamas prend la direction de Modas e Bordados (Modes et broderies), supplément d’O Século, et rend la revue rentable grâce à un discours « de femme à femme ».14 Elle la dirigera jusqu’en 1947, lorsqu’elle devra choisir entre la revue et le Conseil national des femmes portugaises.31
O Século — la rédaction de « Modas e Bordados » · Maria Lamas
mars 1928: Óscar Carmona élu président, sans candidat d’opposition
27 avril 1928: Salazar entre en fonctions comme ministre des Finances
27 avril 1928
Pour résoudre la crise des finances publiques, la Dictature militaire appelle au gouvernement António de Oliveira Salazar, professeur d’économie et de finances à Coimbra, figure en vue du Centre catholique, avec une réputation de « magicien des finances ».2 Il entre en fonctions le 27 avril 1928 et, dans son discours d’investiture, affirme qu’il sait très bien ce qu’il veut et où il va.12 Commençait alors la longue marche vers le pouvoir qui allait le mener, en 1932, à la présidence du Conseil.2
24 juin 1928 · femmes: IIe Congrès féministe et d’éducation
24 juin 1928

Déjà sous la dictature, le Conseil national des femmes portugaises tient le IIe Congrès féministe et d’éducation ; la séance inaugurale, avec Adelaide Cabete et Angélica Viana Porto à la tribune, est présidée par la médecin espagnole Elisa Soriano, sans aucun représentant du gouvernement.1 Il y a eu douze communications, présentées par dix femmes, et celles qui portaient sur les droits politiques et civils ont été plus nombreuses que celles sur l’éducation.1 Maria O’Neill a défendu « Le vote aux femmes » (O voto às mulheres), et Elina Guimarães, la protection de la travailleuse.471 Deolinda Lopes Vieira, membre du comité d’organisation, a défendu l’« École unique » (Escola Única) et la coéducation, que la dictature avait abolie dans les écoles primaires l’année précédente.6
Adelaide Cabete · Maria O'Neill · Elina Guimarães · Angélica Viana Porto · Deolinda Lopes Vieira
- 1Wikipédia (pt): Conselho Nacional das Mulheres Portuguesas
- 2Silêncios e Memórias (blogue)
- 3Conselho Nacional das Mulheres Portuguesas — Arquivo de História Social (ICS-ULisboa), Espólio Pinto Quartin
- 4Wikipédia (pt): Maria O'Neill
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 6Wikipédia (pt): Deolinda Lopes Vieira
- 7Historia Constitucional (revista eletrónica)
- 8Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
1930
17 mai 1930 · femmes: Maria Lamas organise l’exposition « Mulheres Portuguesas » (Femmes portugaises)
17 mai 1930

À l’initiative de Maria Lamas, l’exposition « Mulheres Portuguesas — Exposição da Obra Feminina, Antiga e Moderna » (Femmes portugaises — exposition de l’œuvre féminine, ancienne et moderne) ouvre le 17 mai dans onze salles du journal O Século, sous la devise « Soyons intelligemment femmes » (Sejamos inteligentemente mulheres).51 Elle montrait le travail des femmes de tout le pays, des artisanes aux intellectuelles, et reconstituait les salons de Maria Amália Vaz de Carvalho et de Carolina Michaëlis de Vasconcelos.54 Elle a été organisée avec le Conseil national des femmes portugaises.4
O Século — la rédaction de « Modas e Bordados » · Maria Lamas
8 juillet 1930: Salazar fait promulguer l’Acte colonial
8 juillet 1930
Ministre des Finances de la Dictature militaire et, par intérim, des Colonies, Salazar fait promulguer l’Acte colonial, qui centralise à Lisbonne l’administration de l’empire et subordonne les intérêts des colonies à ceux de la métropole.1 « Il est de l’essence organique de la Nation portugaise de remplir la fonction historique de posséder et de coloniser des domaines d’outre-mer », disait l’article 2.1 Le texte serait incorporé à la Constitution de 1933.1
1931
1931 · femmes: Premier vote féminin, restreint aux chefs de famille et aux femmes instruites
1931
La Dictature militaire reconnaît pour la première fois le droit de vote à certaines femmes : le décret n° 19 694 du 5 mai, aux femmes chefs de famille, pour les conseils de paroisse (freguesia), et le décret n° 20 073 du 15 juillet, à celles qui avaient fait des études secondaires ou supérieures, pour les conseils municipaux.127 Dans cette première phase, le vote des femmes ne valait que pour les conseils de paroisse et les conseils municipaux.5 Ainsi se refermait une parenthèse de près de vingt ans depuis le Code électoral de 1913.3
- 1Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto n.º 19 694, de 5 de maio de 1931 (Diário do Governo, I série, n.º 104): organiza o recenseamento eleitoral
- 2Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto n.º 20 073, de 15 de julho de 1931 (Diário do Governo, I série, n.º 162): altera a lei do recenseamento eleitoral
- 3Assembleia da República: O sufrágio feminino no parlamento na 1.ª República
- 4Assembleia da República: O Parlamento na história constitucional – O Estado Novo (1926-1974)
- 5Ordem dos Advogados
- 6Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa – Análise Social
- 7jugular (blogue, SAPO)
15 février 1931: Premier numéro d’« Avante! », journal clandestin du PCP
15 février 1931
Paraît le premier numéro d’Avante! (En avant !), organe central du Parti communiste portugais, adressé au « prolétariat du Portugal » et imprimé dans des imprimeries clandestines.1 La publication a été irrégulière et s’est même interrompue pendant deux ans ; reprise en août 1941, elle ne s’est plus arrêtée jusqu’au 25 Avril.1 Le premier Avante! légal est paru le 17 mai 1974.1
4 avril 1931: Premier numéro du « Diário da Manhã », journal de l’Union nationale
4 avril 1931
Paraît à Lisbonne le Diário da Manhã (Le Quotidien du matin), dirigé par Domingos Garcia Pulido, dans l’ancienne rédaction du journal républicain O Mundo (Le Monde), dans la Rua da Misericórdia. Dans son premier éditorial, il se dit « journal républicain », mais il sera l’organe officieux et d’endoctrinement de l’Union nationale, de plus en plus voué au culte de Salazar.1 Le dernier numéro paraît le 30 janvier 1971, alors que Marcelo Caetano est déjà au gouvernement ; lui succède Época.1
1er mai 1931: Des morts dans la répression du 1er Mai 1931 à Lisbonne
1er mai 1931

La Police de sécurité publique (PSP) et la Garde nationale républicaine (GNR) répriment à coups de feu les manifestations du 1er Mai à Lisbonne : des dizaines de blessés et au moins quatre morts — un aide-maçon de la mairie, un employé de la Shell, un commis de droguerie touché derrière son comptoir et le propriétaire d’un hôtel de la Rua do Comércio, touché à sa fenêtre.1 C’était le point culminant d’une année de grèves et de révoltes contre la Dictature militaire.2
5 mai 1931 · femmes: Décret n° 19 694 : les femmes chefs de famille aux élections des conseils de paroisse
5 mai 1931
Déjà sous la dictature, le décret n° 19 694, qui organise le recensement électoral, fait élire les membres des conseils de paroisse (freguesia) par les chefs de famille « de l’un et l’autre sexe ».1 Sont considérées comme chefs de famille les femmes veuves, divorcées ou séparées judiciairement, ayant leur propre famille, et les femmes mariées dont le mari est absent, aux colonies ou à l’étranger.13 C’est le premier vote des femmes, encore limité aux conseils de paroisse.3 En juillet, le décret n° 20 073 donnerait le vote pour les conseils municipaux aux femmes ayant fait des études secondaires ou supérieures.2
- 1Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto n.º 19 694, de 5 de maio de 1931 (Diário do Governo, I série, n.º 104): organiza o recenseamento eleitoral
- 2Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto n.º 20 073, de 15 de julho de 1931 (Diário do Governo, I série, n.º 162): altera a lei do recenseamento eleitoral
- 3jugular (blogue, SAPO)
- 4Assembleia da República: O sufrágio feminino no Parlamento na 1.ª República (ComunicAR n.º 71, março de 2021)
- 5Assembleia da República: O Parlamento na história constitucional – O Estado Novo (1926-1974)
15 juillet 1931 · femmes: Décret n° 20 073 : le vote pour les femmes ayant fait des études secondaires ou supérieures
15 juillet 1931
Le décret n° 20 073 étend le vote pour les conseils de paroisse (freguesia) aux célibataires majeures ou émancipées « ayant leur propre famille et d’une probité morale reconnue », et donne le vote pour les conseils municipaux aux Portugaises majeures ou émancipées ayant fait des études secondaires ou supérieures.1 Il arrivait près de vingt ans après que le Code électoral de 1913 avait réservé le vote aux hommes.23 C’était un vote très restreint, qui n’allait pas jusqu’au parlement : il valait pour les conseils de paroisse et les conseils municipaux.4
- 1Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico
- 2Assembleia da República: O sufrágio feminino no Parlamento na 1.ª República (ComunicAR n.º 71, março de 2021)
- 3Assembleia da República: O sufrágio feminino no parlamento na 1.ª República
- 4Ordem dos Advogados
- 5jugular (blogue, SAPO)
26 août 1931: Révolte du « reviralho » (retournement) du 26 août 1931 à Lisbonne
26 août 1931

Des militaires et des civils se soulèvent à Lisbonne contre la Dictature militaire, avec des aviateurs de la base aérienne d’Alverca ; ils occupent des positions du haut du Parque Eduardo VII au Largo do Rato et attaquent la caserne du 5e de chasseurs (Caçadores 5), à Campolide, qui reste fidèle au gouvernement.15 Les combats font une quarantaine de morts, et les insurgés arrêtés sont conduits au gouvernement civil, dans la Rua Capelo.1 Le 2 septembre, 358 déportés, parmi lesquels les chefs militaires de la révolte, embarquent sur le navire Pedro Gomes à destination du Timor.2
Largo do Rato (ancienne Praça do Brasil) · Parque Eduardo VII · Gouvernement civil de Lisbonne et 1er commissariat de la PSP
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Golpe de 26 de agosto de 1931
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Alberto de Almeida
- 3Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 4Wikipédia
- 5Secretaria-Geral do Ministério das Finanças – Arquivo
- 6Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
1932
5 juillet 1932: Salazar prend la présidence du Conseil des ministres
5 juillet 1932
Ministre des Finances depuis 1928, et doté d’une influence prépondérante dans le gouvernement du général Domingos de Oliveira depuis janvier 1930, Oliveira Salazar devient chef du gouvernement le 5 juillet 1932 et ouvre la voie à l’institutionnalisation de l’Estado Novo (« État nouveau »), que la Constitution de 1933 consacrerait.1
5 décembre 1932: Création des tribunaux militaires spéciaux
5 décembre 1932

Le décret n° 21 942 crée les tribunaux militaires spéciaux, à Lisbonne et à Porto, pour juger les crimes politiques, avec des peines de déportation à purger « dans une colonie pénale établie sur une île des colonies ».1 À Lisbonne, les prisonniers attendaient souvent leur procès dans les cachots du 1er commissariat, au gouvernement civil, où se tenaient aussi les procès.2 Ces tribunaux céderaient la place, en 1945, aux tribunaux pléniers.1
Gouvernement civil de Lisbonne et 1er commissariat de la PSP
1933
1933 · femmes: Le premier lycée de jeunes filles s’installe dans son propre bâtiment
1933

Héritier du lycée Maria Pia, le lycée Maria Amália Vaz de Carvalho s’installe dans le bâtiment de la Rua Rodrigo da Fonseca, conçu par Miguel Ventura Terra — le premier construit spécialement pour un lycée de jeunes filles.13 Maria Guardiola en était la proviseure depuis 1928, et Domitila de Carvalho, la première proviseure du Maria Pia, continuait d’y enseigner les mathématiques.24 L’année suivante, toutes deux seraient élues parmi les trois premières députées.2
Lycée Maria Amália Vaz de Carvalho (héritier du lycée Maria Pia, le premier lycée de jeunes filles) · Maria Guardiola · Domitila de Carvalho
1933–1958L’Estado Novo
La Constitution de 1933, la police politique, la censure, Tarrafal. Et une opposition qui ne se tait pas : les grèves, le MUD, les candidatures présidentielles.81 dates39 femmes
1933
11 avril 1933 · femmes: La Constitution de l’Estado Novo entre en vigueur
11 avril 1933
Approuvée par plébiscite le 19 mars — les abstentions étant comptées comme des votes favorables —, la Constitution de 1933 entre en vigueur le 11 avril et institue l’Estado Novo (« État nouveau »).12 L’article 5 déclare que tous sont égaux devant la loi, « sauf, quant à la femme, les différences résultant de sa nature et du bien de la famille », formule qui a justifié l’inégalité juridique des femmes.34 Le même jour est publié le décret de la censure préalable.5
- 1RTP Ensina
- 2Assembleia da República: O Parlamento na história constitucional – O Estado Novo (1926-1974)
- 3Assembleia da República: A revisão do Código Civil e os Direitos das Mulheres (1977)
- 4Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa – Análise Social
- 5Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
11 avril 1933: Le décret-loi n° 22 469 institue la censure préalable
11 avril 1933

Le jour où entre en vigueur la nouvelle Constitution, le décret-loi n° 22 469 réglemente la censure préalable des publications périodiques, pour empêcher la « perversion de l’opinion publique ».1 En juin est créée la Direction générale des services de censure, qui travaillait alors dans la caserne de la Garde nationale républicaine (GNR) du Carmo.13 La censure s’étendrait aux livres, aux spectacles, à la radio et au cinéma, et ne serait abolie qu’après le 25 Avril.12
29 août 1933: Création de la Police de vigilance et de défense de l’État (PVDE)
29 août 1933

Le décret-loi n° 22 992 du 29 août crée la Police de vigilance et de défense de l’État (PVDE), la police politique qui a porté ce nom jusqu’en 1945, quand elle a laissé place à la PIDE.13 Le régime mise sur l’aggravation de la répression pour briser la résistance.2 Le siège de la Rua António Maria Cardoso n’a fonctionné pleinement qu’à partir de 1938 ; jusque-là, une grande partie de la violence et de la torture passait par les commissariats de la Police de sécurité publique (PSP), presque toujours en lien avec l’Aljube.5
Siège de la PVDE / PIDE / DGS · Prison de l’Aljube
- 1Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 3Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Prisões da Ditadura
- 4Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Ditadura militar e ascensão do salazarismo
- 5Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
23 septembre 1933: Le Statut du travail national interdit la grève
23 septembre 1933
Inspiré de la « Carta del Lavoro » (Charte du travail) de Mussolini, le Statut du travail national impose le modèle corporatiste et la « fascisation » des syndicats ; avec la Constitution, il interdit la grève et le lock-out.21 La réponse ouvrière a été la grève générale du 18 janvier 1934.2 La grève ne redeviendrait légale qu’avec le décret-loi n° 392/74.1
25 septembre 1933: Création du Secrétariat de la propagande nationale
25 septembre 1933

Le décret-loi n° 23 054 crée, auprès de la présidence du Conseil, le Secrétariat de la propagande nationale, avec pour mission, entre autres, de « combattre par tous les moyens » la pénétration dans le pays de « toutes idées perturbatrices et dissolvantes de l’unité et de l’intérêt national » et d’utiliser la radio, le cinéma et le théâtre comme « moyens indispensables à son action ».1 Dirigé par António Ferro, il a été une pièce maîtresse de la machine de propagande du régime.24 En 1940, l’État achète le Palácio Foz, aux Restauradores, pour y installer son siège.3 En 1944, un décret-loi regroupe au sein du Secrétariat national de l’information, qui lui a succédé, les services de propagande, de tourisme, de presse et de censure.5
- 1Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico
- 2Wikipédia (ponto de partida): Secretariado de Propaganda Nacional
- 3Wikipédia (ponto de partida): Palácio Foz
- 4Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Ditadura militar e ascensão do salazarismo
- 5Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: A Censura no Salazarismo
19 novembre 1933: 150 prisonniers politiques déportés à Angra do Heroísmo
19 novembre 1933

Venus du fort de Peniche, 150 prisonniers — militaires et civils, partisans du « reviralho » (retournement), syndicalistes, anarchistes et communistes, jugés et condamnés par un tribunal militaire — sont déportés à la forteresse de São João Baptista, à Angra do Heroísmo.1 Ce fut le premier convoi depuis que la forteresse était devenue une prison de la police politique, trois mois après la création de la PVDE.1
1934
18 janvier 1934: Grève générale révolutionnaire du 18 janvier 1934
18 janvier 1934

Anarcho-syndicalistes, communistes et socialistes appellent à une grève générale contre la « fascisation » des syndicats imposée par le Statut du travail national.1 À Lisbonne, une bombe explose au Poço do Bispo et la voie ferrée est coupée à Xabregas ; à Marinha Grande, les ouvriers verriers occupent le poste de la Garde nationale républicaine (GNR) et la mairie.1 Des prisonniers comme António Gato Pinto passent par les cachots du gouvernement civil et par l’Aljube ; plusieurs participants mourront à Tarrafal, parmi lesquels Bento Gonçalves et Mário Castelhano.31 Cette année-là, la PVDE se met à administrer directement les prisons politiques — l’Aljube, Peniche et Angra —, et en janvier 1935 aussi la redoute Sud de Caxias.4
Gouvernement civil de Lisbonne et 1er commissariat de la PSP · Prison de l’Aljube · Camp de concentration de Tarrafal (Cap-Vert) · Fort de Caxias — la prison politique · Forteresse de Peniche — la prison politique
16 juin 1934: Inauguration à Porto de la Ire Exposition coloniale portugaise
16 juin 1934
S’ouvre à Porto la Ire Exposition coloniale portugaise, dont le commissaire est Henrique Galvão, un militaire qui allait devenir un opposant de premier plan au salazarisme.1 Moment d’exaltation impériale, l’exposition comprenait des « zoos humains », où des hommes, des femmes et des enfants des colonies étaient exhibés au public dans leurs prétendus « habitats ».1
6 novembre 1934 · femmes: Décret-loi n° 24 631 : certaines femmes peuvent voter et être élues à l’Assemblée nationale
6 novembre 1934
La nouvelle loi électorale de l’Estado Novo (« État nouveau ») définit qui peut être élu à l’Assemblée nationale — les citoyens portugais ayant la capacité électorale et sachant lire et écrire —, considère comme électeur quiconque est inscrit sur les listes électorales et fixe la première élection au 16 décembre 1934.1 Ne pouvaient pas être élus, entre autres, ceux qui étaient emprisonnés pour des délits politiques ou sociaux.1 Selon l’historienne Irene Flunser Pimentel, pouvaient voter et être élues les femmes célibataires de plus de 21 ans ayant un revenu propre ou qui travaillaient, les femmes chefs de famille et les femmes mariées titulaires d’un diplôme secondaire ou qui payaient une certaine contribution foncière.2 Aux élections de décembre seraient élues les trois premières députées.2
- 1Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto-Lei n.º 24 631, de 6 de novembro de 1934 (Diário do Governo, I série, n.º 261): requisitos de elegibilidade para a Assembleia Nacional e exercício do direito eleitoral
- 2jugular (blogue, SAPO)
- 3Assembleia da República
- 4Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto-Lei n.º 23 406, de 27 de dezembro de 1933 (Diário do Governo, I série, n.º 295): recenseamento eleitoral
16 décembre 1934 · femmes: Élection des trois premières députées portugaises
16 décembre 1934

Aux élections du 16 décembre 1934, la liste de l’Union nationale fait entrer à l’Assemblée nationale les trois premières députées portugaises : la professeure et médecin Domitila de Carvalho, l’avocate Maria Cândida Parreira et la professeure Maria Guardiola.12 Elles ont siégé surtout dans les commissions du travail et de l’assistance, et de l’éducation, parce qu’on considérait que c’étaient des sujets « plus liés aux intérêts de la femme ».1 Ce n’est pas la Première République qui a ouvert aux femmes les portes du parlement, mais le régime de Salazar, qui a vu en elles un moyen de propager l’idéologie de l’Estado Novo (« État nouveau »).1 L’Assemblée s’est ouverte le 11 janvier 1935.3
Palácio de São Bento · Domitila de Carvalho · Maria Cândida Parreira · Maria Guardiola
1935
janvier 1935: La redoute Sud de Caxias passe à la police politique
janvier 1935

La redoute Sud du fort de Caxias, prison depuis 1916, passe sous l’autorité de la PVDE, pour les prisonniers hommes.1 Caxias rejoint ainsi l’Aljube comme prison politique de la région de Lisbonne ; en 1938, la redoute Nord deviendrait la prison des femmes.1
11 janvier 1935 · femmes: L’Assemblée nationale s’ouvre, avec les trois premières députées
11 janvier 1935

Élue en décembre 1934, l’Assemblée nationale de l’Estado Novo (« État nouveau ») se réunit pour la première fois au Palácio de São Bento, avec l’arrivée du président de la République, Óscar Carmona, et de Salazar.12 Parmi les députés figurent les trois premières femmes élues à un parlement au Portugal : Domitila de Carvalho, Maria Cândida Parreira et Maria Guardiola.36 Selon l’Assemblée de la République, seules avaient pu voter les femmes ayant suivi un cursus spécial, secondaire ou supérieur.4
Palácio de São Bento · Domitila de Carvalho · Maria Guardiola · Maria Cândida Parreira · António de Oliveira Salazar
- 1Assembleia da República: Chegada de Óscar Carmona e Oliveira Salazar à abertura da Assembleia Nacional, 11 de janeiro de 1935 (legenda)
- 2Assembleia da República: Exterior do Palácio de S. Bento no dia da abertura da Assembleia Nacional, 11 de janeiro de 1935 (legenda)
- 3Assembleia da República: As três primeiras mulheres eleitas Deputadas (legenda)
- 4Assembleia da República: O Parlamento na história constitucional – O Estado Novo (1926-1974)
- 5Ordem dos Advogados
- 6Susana Fontes e Sónia Coelho / Faces de Eva (SciELO Portugal)
- 7Assembleia da República (Comunicar, n.º 87)
- 8Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico
13 juin 1935: Création de la FNAT, Fondation nationale pour la joie au travail
13 juin 1935

Le décret-loi n° 25 495 crée la Fondation nationale pour la joie au travail, pour promouvoir « la mise à profit du temps libre des travailleurs portugais » : tout ce qui pouvait « fortifier, éduquer et distraire le corps et l’esprit de ceux qui travaillent » devait être regardé avec un « soin particulier ».1 Elle suivait le modèle du Dopolavoro de Mussolini et de la « Force par la joie » de Hitler, et servait les adhérents des syndicats nationaux, des Casas do Povo (maisons du peuple) et des Casas de Pescadores (maisons des pêcheurs).2 En 1946, elle a installé son siège au Palácio Camarido, dans la Calçada de Santana, et en 1959 elle a inauguré à Alvalade son stade, aujourd’hui stade du 1er-Mai ; en 1975, elle a pris le nom d’INATEL.32
Palácio Camarido – siège de la FNAT · Stade de la FNAT (rebaptisé stade du 1er-Mai)
10 novembre 1935 · femmes: Constitution de l’Association féminine portugaise pour la paix
10 novembre 1935

L’Association féminine portugaise pour la paix est constituée, avec son siège à Lisbonne, d’abord dans la Rua do Loreto, puis dans la Rua Latino Coelho.1 Elle se présentait comme apolitique et non religieuse, mais a réuni des femmes antifascistes et antibellicistes, de Stella Piteira Santos et Maria Alda Nogueira à Isabel Aboim Inglez et Manuela Porto.43 Maria Lamas l’a présidée à partir de 1938.2 Elle a été dissoute en 1952, par décision du ministre de l’Intérieur.1
Siège de l’Association féminine portugaise pour la paix · Maria Lamas · Stella Piteira Santos · Isabel Aboim Inglez · Manuela Porto · Maria Alda Nogueira
1936
11 avril 1936 · femmes: La loi n° 1941 crée la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa)
11 avril 1936

La loi n° 1941 du 11 avril 1936 crée la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa), organisation d’encadrement de la jeunesse par le régime.1 La Jeunesse portugaise féminine (Mocidade Portuguesa Feminina) serait créée par le décret-loi n° 28 262 du 8 décembre 1937, selon l’historienne Irene Pimentel.3 La Jeunesse portugaise aurait son siège au Palácio da Independência, sur le Largo de São Domingos, jusqu’en 1974.2 Toutes deux ont été dissoutes par le décret-loi n° 171/74, dès le 25 avril 1974.1
Palácio da Independência – siège de la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa)
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Wikipédia (ponto de partida)
- 3Hemeroteca Municipal de Lisboa
- 4Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Lei n.º 1941, de 11 de abril de 1936 (Diário do Governo, I série, n.º 84): bases da organização do Ministério da Instrução Pública, que passa a Ministério da Educação Nacional
- 5Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto n.º 28 262, de 8 de dezembro de 1937 (Diário do Governo, I série, n.º 285): aprova o regulamento da Mocidade Portuguesa Feminina
23 avril 1936: Un décret crée le camp de concentration de Tarrafal
23 avril 1936

Le décret-loi n° 26 539 crée la « colonie pénale pour prisonniers politiques et sociaux » de Tarrafal, sur l’île de Santiago, au Cap-Vert — le « camp de la mort lente » (Campo da Morte Lenta).1 Le médecin du camp, Esmeraldo Pais, disait : « je ne suis pas ici pour soigner, mais pour signer des certificats de décès ».1 Le camp a reçu ses premiers prisonniers le 29 octobre 1936 ; jusqu’à sa fermeture, en 1954, 340 prisonniers y sont passés, et 34 y sont morts.1
18 juillet 1936: Soulèvement de Franco : la guerre civile d’Espagne commence
18 juillet 1936

Le soulèvement militaire de Franco contre la République espagnole marque le début de la guerre civile d’Espagne.1 Salazar soutient Franco, et entre 1936 et 1939 la dictature portugaise traverse l’une de ses périodes les plus violentes : 9 575 arrestations opérées par la police politique et 38 décès connus, la plupart dans les prisons et à Tarrafal.1
6 août 1936 · femmes: « Révolte du lait » à Madère ; dix prisonnières envoyées à Lisbonne
6 août 1936

Protestation populaire contre le monopole des produits laitiers, la révolte s’étend sur plus d’un mois et se solde par 557 arrestations et 7 morts.1 En juin 1937, dix femmes de Ribeira Brava — Ludovina de Jesus da Corte, Agostinha da Câmara, Francisca Andrade, Maria de Jesus Silva, Maria Rosa de Abreu, Maria de Jesus Andrade, Conceição da Câmara Rodrigues, Tereza da Corte, Virgínia de Jesus et Maria de Souza — sont envoyées à la prison des Mónicas, à Lisbonne.1 Les prisonniers emmenés sur le continent sont restés détenus entre deux et trois ans.1
15 août 1936 · femmes: Approbation des statuts de l’Œuvre des mères pour l’éducation nationale
15 août 1936
Le décret n° 26 893 approuve les statuts de l’Œuvre des mères pour l’éducation nationale (OMEN), instituée sous le patronage du ministère de l’Éducation nationale pour « stimuler l’action éducative de la famille ». Parmi ses buts figuraient « orienter les mères portugaises » dans l’éducation de leurs enfants, promouvoir « le confort du foyer », « défendre les bonnes mœurs, notamment en ce qui concerne l’habillement, la lecture et les divertissements » et organiser la section féminine de la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa).1 Elle diffusait le rôle que le régime destinait aux femmes : mères dévouées à la famille et aux tâches domestiques, épouses obéissant à leur mari, le « chef » de famille.2 Maria Guardiola en a été la vice-présidente de 1937 jusqu’à sa dissolution, en 1975.3
8 septembre 1936: Révolte des marins sur le Tage
8 septembre 1936
Des marins des navires Afonso de Albuquerque, Dão et Bartolomeu Dias, organisés par l’Organisation révolutionnaire de la marine, liée au Parti communiste portugais (PCP), se soulèvent sur le Tage contre la dictature.1 Salazar fait bombarder les navires : il y a 12 morts et 208 prisonniers, et 34 marins partent avec le premier contingent pour Tarrafal.1 La plupart n’en sont sortis qu’à la fermeture du camp, en 1954 ; cinq y sont morts.1
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 2Wikipédia
- 3Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): «Esta madrugada no Tejo: como se revoltaram marinheiros de duas unidades navais» (Diário de Lisboa, n.º 4961, 8 de setembro de 1936)
- 4Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): «Os mortos e os feridos» e nota oficiosa do Conselho de Ministros (Diário de Lisboa, n.º 4962, 9 de setembro de 1936)
30 septembre 1936: Création de la Légion portugaise
30 septembre 1936
Le décret-loi n° 27 058 du 30 septembre 1936 crée la Légion portugaise, milice du régime.1 Le 25 avril 1974, elle a été la première force paramilitaire à se rendre, et le décret-loi n° 171/74 l’a dissoute.21
17 octobre 1936: Les marins insurgés embarquent pour Tarrafal
17 octobre 1936

Livrés à la PVDE après la révolte du 8 septembre, les marins arrêtés sont passés par le poste de police de la « Mitra », dans la partie orientale de Lisbonne, puis, à partir du 18 septembre, par le Pénitencier.12 Condamnés par le Tribunal militaire spécial, ils ont embarqué le 17 octobre sur le navire qui est parti le lendemain pour le camp de Tarrafal, tout juste créé.23 Parmi eux se trouvaient l’artilleur Francisco José Pereira, qui, en septembre 1937, a été le premier déporté à mourir dans le camp, et le marin Jacinto de Melo Faria Vilaça, qui y est mort en 1941, à 26 ans.12
« Mitra » – asile de la Mitra et 3e poste du 14e commissariat de la PSP · Pénitencier de Lisbonne · Camp de concentration de Tarrafal (Cap-Vert)
29 octobre 1936: Les 152 premiers prisonniers arrivent à Tarrafal
29 octobre 1936

Partis de Lisbonne le 18 octobre dans les cales du navire Luanda, les 152 premiers déportés — parmi lesquels des participants à la grève générale du 18 janvier 1934 et à la révolte des marins — arrivent au camp de Tarrafal, après douze jours de voyage.1 Le camp a été conçu pour les isoler du monde, dans des conditions inhumaines de captivité, de mauvais traitements, de travail forcé et de torture.1
24 novembre 1936 · femmes: Les institutrices ne peuvent se marier qu’avec l’autorisation du ministre
24 novembre 1936
Le décret-loi n° 27 279, qui fixe les bases de l’enseignement primaire, dispose en son article 9 que « le mariage des institutrices ne pourra avoir lieu sans l’autorisation du ministre de l’Éducation nationale », qui ne la donnera que si le fiancé a une « bonne conduite morale et civile » et des « traitements ou revenus, attestés par des documents, en rapport avec le traitement de l’institutrice ».1 Le même texte exige une « conduite morale irréprochable » de ceux qui enseignent et rend obligatoire l’inscription des élèves de l’école primaire à la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa).1 L’autorisation n’a cessé d’être exigée qu’en décembre 1969.2
- 1Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto-Lei n.º 27 279, de 24 de novembro de 1936 (Diário do Governo, I série, n.º 276): bases do ensino primário
- 2Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto-Lei n.º 49 473, de 27 de dezembro de 1969 (Diário do Governo, I série, n.º 301): revoga a autorização para o casamento das professoras primárias
1937
20 janvier 1937: « Bombes des ministères » : des anarchistes attaquent les soutiens de Franco à Lisbonne
20 janvier 1937
En solidarité avec l’Espagne républicaine, des anarchistes font exploser des bombes au ministère de l’Éducation nationale, à l’Emissora Nacional, au Rádio Clube Português et à la Maison d’Espagne, entre autres cibles ; le lendemain, des engins explosent au ministère de la Guerre.1 Les cibles ont été choisies grâce à des contacts de l’anarchiste Emídio Santana.1 L’enthousiasme conduirait les anarchistes à l’attentat contre Salazar, en juillet.1
4 juillet 1937: Attentat à la bombe contre Salazar sur l’Avenida Barbosa du Bocage
4 juillet 1937
Le dimanche matin, une bombe cachée dans un collecteur d’égout de l’Avenida Barbosa du Bocage explose à l’arrivée de la voiture de Salazar, qui se rendait à la messe dans la chapelle privée de Josué Trocado ; à cause d’une erreur de quelques centimètres, elle explose dans la mauvaise direction, et le dictateur en sort indemne.12 L’action est attribuée à des anarchistes comme Emídio Santana, liés à d’autres membres du Front populaire.14 La PVDE arrête et torture des innocents ; deux d’entre eux, José Lopes da Silva et Jacinto Estêvão de Carvalho, meurent.1
Avenida Barbosa du Bocage, n° 96 (chapelle privée de Josué Trocado) · Emídio Santana · António de Oliveira Salazar
1938
mai 1938: Francisco de Paula Oliveira Júnior (« Pavel ») s’évade de l’Aljube
mai 1938

Francisco de Paula Oliveira Júnior, dit « Pavel », secrétaire général du Parti communiste portugais (PCP), arrêté le 10 janvier 1938 dans sa maison clandestine, s’évade de l’Aljube avec l’aide de l’infirmier Augusto Rodrigues, qui se joint à l’évasion avec un autre prisonnier très malade, « Casanova ».1 Cachés sur un bateau norvégien, ils gagnent Paris ; Pavel finirait exilé au Mexique, où il a été journaliste, écrivain et critique d’art, ami de Frida Kahlo et de Diego Rivera.1
mai 1938 · femmes: La redoute Nord de Caxias devient la prison politique des femmes
mai 1938

La redoute Nord du fort de Caxias passe sous l’autorité de la police politique, pour les femmes.1 Les prisonnières y accomplissaient toute leur détention préventive et leurs peines, deux par deux dans des salles, et ne sortaient en promenade qu’avec la même compagne.2 Certaines avaient avec elles leurs enfants en bas âge ou nés en prison ; lors des visites, à travers une vitre, elles ne pouvaient pas les serrer dans leurs bras.2
1er juillet 1938 · femmes: Un décret impose que les infirmières soient célibataires ou veuves
1er juillet 1938
Le décret n° 28 794 dispose que, dans les postes d’infirmière et de service domestique occupés par des femmes, ne peuvent entrer que des célibataires ou des veuves sans enfants, « lesquelles seront remplacées dès que ces conditions cesseront d’être remplies ».12 Commence alors une lutte de 25 ans des infirmières, qui n’a pris fin qu’avec le décret-loi n° 44 923 de mars 1963.1
1939
17 mars 1939: Salazar et Franco signent le Pacte ibérique
17 mars 1939
À quelques jours de la prise de Madrid par les franquistes, Salazar et Franco signent le Pacte ibérique, qui scelle l’alliance des deux dictatures.1 Pendant la guerre civile, les « Viriatos », des milices portugaises organisées par Jorge Botelho Moniz, ont combattu aux côtés de Franco, la police politique portugaise a livré des réfugiés républicains, et le Rádio Clube Português, fondé par Botelho Moniz, a émis pour encourager les franquistes.1
décembre 1939: Miguel Torga emprisonné à l’Aljube
décembre 1939

Arrêté à Leiria à cause d’O Quarto Dia (Le Quatrième Jour), l’un des volumes d’A Criação do Mundo (La Création du monde), saisi cette année-là, l’écrivain Miguel Torga passe trois mois dans les cellules de l’Aljube.12 Il y écrit le poème « Canção » (Chanson), daté du 30 décembre 1939 : « La liberté lui manque. Seule cette douleur lui fait mal. » (Falta-lhe a liberdade. Só essa dor lhe dói.)1
1940
7 mai 1940 · femmes: Le Concordat avec le Saint-Siège interdit le divorce des mariages catholiques
7 mai 1940
Le Concordat signé le 7 mai 1940 entre le Portugal et le Saint-Siège rend ses effets civils au mariage catholique et interdit le divorce à ceux qui se marieront désormais à l’Église ; ceux qui s’étaient mariés auparavant, même à l’Église, et ceux qui ne se mariaient que civilement pouvaient toujours divorcer.134 Trente ans après la loi sur le divorce de 1910, qui avait permis le divorce contentieux et par consentement mutuel, les mariages catholiques redevenaient indissolubles.3 L’interdiction valait pour les deux époux, mais pesait beaucoup plus lourdement sur la femme, la partie la plus faible socialement, économiquement et juridiquement.2 Seul le Protocole additionnel de 1975 a rendu le divorce aux personnes mariées à l’Église.14
du 23 juin au 2 décembre 1940: L’Exposition du monde portugais ouvre à Belém
du 23 juin au 2 décembre 1940

Pour célébrer le « double centenaire » — la fondation du royaume, en 1140, et la Restauration, en 1640 —, l’Estado Novo (« État nouveau ») inaugure à Belém, au lendemain de l’armistice entre la France et l’Allemagne, le grand événement de propagande du régime, autour de la nouvelle Praça do Império et du premier Padrão dos Descobrimentos.12 L’exposition comprend une section historique, une section d’ethnographie métropolitaine, avec des répliques de villages portugais, et une Section coloniale, dans le Jardim Colonial ; on estime à trois millions le nombre de visites jusqu’à la fermeture, le 2 décembre.1
Praça do Império · Padrão dos Descobrimentos · Jardim Botânico Tropical (ancien Jardim Colonial)
27 juin 1940 · femmes: La Section coloniale ouvre, avec 138 personnes des colonies exposées au public
27 juin 1940

Dans le Jardim Colonial ouvre la Section coloniale de l’Exposition du monde portugais, dirigée par Henrique Galvão : entre pavillons et répliques de villages, 138 hommes, femmes et enfants recrutés dans les colonies vivent sous les yeux des visiteurs, dans un « zoo humain », comme l’appelle l’historienne Cláudia Castelo.1 Parmi eux se trouvent le roi du Congo, D. Pedro VII, avec la reine et la princesse, Verónica, épouse d’un chef timorais, et des femmes chopi du Mozambique, photographiées pendant un cours de couture donné par une religieuse missionnaire.1 Les Bijagos de Guinée sont installés sur l’île de l’un des lacs.2 En octobre, la commission exécutive décide de les renvoyer chez eux avant l’hiver, en invoquant des raisons de santé.1
1941
5 novembre 1941: Grève des ouvriers de l’industrie lainière de Covilhã
5 novembre 1941

En un temps de faim et de rationnement, alors que la Seconde Guerre mondiale ouvre la première grande crise de l’Estado Novo (« État nouveau »), les ouvriers de l’industrie lainière de Covilhã se mettent en grève — l’un des premiers signes des luttes ouvrières à venir.1 Felisberto Fernandes Berto, qui s’est distingué dans la lutte, a été arrêté et conduit dans les prisons de l’Aljube et de Caxias, et il est mort à l’hôpital do Desterro, à Lisbonne, le 20 décembre 1941.1 Ferreira de Castro a évoqué la grève dans le roman A Lã e a Neve (La Laine et la Neige), publié en 1947.1
1943
1943: Construction des « curros » (cellules d’isolement) de l’Aljube
1943

Au deuxième étage de l’Aljube sont construites treize cellules d’isolement, les « curros » ou « gavetas » (tiroirs) : d’environ un mètre de large sur deux de long, fermées par deux portes et presque toutes plongées dans la pénombre 24 heures sur 24.12 Pendant la première période de mise au secret, qui pouvait durer jusqu’à six mois, le prisonnier n’avait ni stylo, ni crayon, ni papier, ni journaux, ni livres, ni montre.1 À côté des sanitaires se trouvait la cellule disciplinaire, la n° 14, où le prisonnier restait dans le noir, sans paillasse et souvent au pain et à l’eau.1 La prison politique de l’Aljube a fermé à l’été 1965.2
26 juillet 1943: La vague de grèves de 1943 commence dans la région de Lisbonne
26 juillet 1943
Le 26 juillet commence le mouvement de grève qui, à Lisbonne, Almada, Barreiro, Seixal, Amora et en d’autres points du pays, touchera quelque 50 000 travailleurs, selon le Parti communiste portugais (PCP), qui l’a organisé.1 Ils réclamaient des augmentations de salaire, davantage de denrées de première nécessité et « Paix, pain, liberté et travail » (Paz, pão, liberdade e trabalho).1 Le gouvernement a menacé de licencier ceux qui ne reprendraient pas le travail ; il y a eu de violents affrontements avec la police, des usines fermées et de nombreuses arrestations.1
10–13 novembre 1943: IIIe Congrès (Ier illégal) du PCP au Monte Estoril
10–13 novembre 1943

À la Vila Arriaga, un petit hôtel particulier de la Rua do Pinheiro, au Monte Estoril, le Parti communiste portugais (PCP) réunit son IIIe Congrès, le premier dans la clandestinité.1 Il élit au Comité central, entre autres, Álvaro Cunhal, José Gregório, Manuel Guedes, Pires Jorge, Sérgio Vilarigues, Alfredo Dinis et Dias Lourenço, et propose un front commun des différents secteurs démocratiques contre le régime — la « ligne frontiste d’unité antifasciste », dans le cadre de laquelle naîtrait, en décembre, le Mouvement d’unité nationale antifasciste (MUNAF).12 La maison a été occupée par 17 permanents clandestins qui, lorsqu’ils étaient convoqués, ne savaient pas ce qui les attendait ; on a renforcé la sécurité et tracé une voie de fuite au cas où la police politique donnerait l’assaut.1
décembre 1943: Fondation du Mouvement d’unité nationale antifasciste (MUNAF)
décembre 1943

En décembre 1943 est fondé le Mouvement d’unité nationale antifasciste (MUNAF), présidé par le général Norton de Matos.1 Alors que la guerre tournait en faveur des Alliés, avec la faim, la pénurie de denrées et les grèves, l’opposition misait sur un front d’unité antifasciste ; le Parti communiste portugais (PCP) avait approuvé lors de son congrès la « ligne frontiste ».1 Le MUNAF réunissait le Parti républicain portugais, le Parti socialiste (SPIO), l’Union socialiste et le PCP, et avec eux des républicains, des socialistes, des communistes, des catholiques, des libéraux, des monarchistes, des « seareiros » (le groupe de Seara Nova), des francs-maçons, des anarcho-syndicalistes et des indépendants.1
1944
3 juillet 1944: Officialisation de la Maison des étudiants de l’Empire
3 juillet 1944

Lors d’une visite à la Maison des étudiants d’Angola, le ministre des Colonies, Francisco Vieira Machado, officialise la fusion des « maisons » d’étudiants des colonies en une seule, la Maison des étudiants de l’Empire.2 Le régime craignait que les « maisons » ne deviennent des pépinières de nationalismes et a placé la nouvelle Maison sous la tutelle du ministère des Colonies et le patronage de la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa), pour cultiver l’« unité impériale » ; l’année suivante, la délégation de Coimbra a ouvert.31 La Maison est vite devenue un centre de formation politique et d’agitation antifasciste et anticoloniale, et beaucoup de ses membres ont adhéré au Mouvement d’unité démocratique juvénile (MUD Juvenil) dès 1946.31
1945
1945 · femmes: Des femmes dans le Mouvement d’unité démocratique
1945

En 1945, plusieurs femmes signent les listes du Mouvement d’unité démocratique (MUD) : la médecin Cesina Bermudes plaide pour qu’une Commission des femmes y soit créée, et Isabel Aboim Inglez devient la première femme à la Commission centrale et rejoint la Commission des femmes.143 Cette année-là, le Diário de Lisboa publie « As mulheres e o movimento de oposição » (Les femmes et le mouvement d’opposition), un document signé par Beatriz Cal Brandão, Maria Lamas, Clementina Carneiro de Moura, Cesina Bermudes, Maria Alda Nogueira, Natália Correia, Francine Benoît et Maria Estanco Louro.1 Maria Lamas dirait que signer les listes pour la fondation du MUD avait été son premier acte politique : « En le faisant, je suis sortie de l’anonymat ».52 Manuela Porto a aussi adhéré au MUD et, à Porto, Virgínia Moura est entrée à la fin de l’année à la Commission de district.1
Isabel Aboim Inglez · Cesina Bermudes · Maria Lamas · Elina Guimarães · Maria Alda Nogueira · Natália Correia · Manuela Porto · Virgínia Moura
- 1CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
- 2RUN – Repositório da Universidade Nova de Lisboa
- 3Wikipédia (português): Maria Isabel Aboim Inglês
- 4Wikipédia (português): Cesina Bermudes
- 5A Voz do Operário
- 6MDM – Movimento Democrático de Mulheres
- 7Gerador
- 8Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 9Silêncios e Memórias (blogue)
- 10Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
juillet 1945 · femmes: Maria Lamas prend la présidence du CNMP
juillet 1945

En juillet 1945, Maria Lamas prend la présidence de la direction du Conseil national des femmes portugaises, qui avait alors son siège sur la Praça dos Restauradores.14 Elle relance le Conseil à l’échelle nationale, en faisant appel à des femmes et à des jeunes de divers milieux sociaux, et des délégations se forment dans tout le pays.34 Cette année-là, Maria Alda Nogueira entre au Conseil.2 Sous la présidence de Maria Lamas, le Conseil forme la Commission d’organisation du Mouvement abolitionniste portugais (COMAP), pour combattre la prostitution et le système qui la réglementait.5
Conseil national des femmes portugaises · Maria Lamas · Maria Alda Nogueira
- 1RUN – Repositório da Universidade Nova de Lisboa
- 2CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
- 3MDM – Movimento Democrático de Mulheres
- 4FCSH+Lisboa – NOVA FCSH
- 5Plataforma Portuguesa para os Direitos das Mulheres
- 6Gerador
- 7Silêncios e Memórias (blogue)
- 8Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
8 octobre 1945 · femmes: Fondation du Mouvement d’unité démocratique (MUD)
8 octobre 1945
Après la victoire alliée, l’opposition s’organise légalement au sein du Mouvement d’unité démocratique (MUD), héritier du Mouvement d’unité nationale antifasciste (MUNAF), constitué lors d’une réunion au Centre scolaire républicain Almirante Reis, à Lisbonne.412 Réunissant des personnalités de divers horizons, ce fut la plus importante et la plus large organisation légale d’unité antifasciste.2 À la réunion se trouvaient, entre autres, Maria Palmira Tito de Morais et Isabel Aboim Inglez, qui serait la première femme à la Commission centrale du mouvement.13 La persécution a commencé dès 1946 et a abouti à l’interdiction du MUD.2
20 octobre 1945: Les tribunaux pléniers remplacent les tribunaux militaires spéciaux
20 octobre 1945

Avec la victoire alliée, le décret-loi n° 35 044 du 20 octobre 1945 supprime le Tribunal militaire spécial, héritier des tribunaux de 1932, et confie le jugement des crimes contre la sûreté de l’État — ainsi que des délits de presse — à la formation plénière des tribunaux criminels de Lisbonne et de Porto.12 Chaque tribunal plénier était présidé par un juge de cour d’appel nommé par le ministre de la Justice et avait pour assesseurs les deux juges les plus anciens des chambres criminelles : un changement que la Commission commémorative des 50 ans qualifie de « simple manœuvre cosmétique ».13 Le tribunal plénier de Lisbonne siégeait au tribunal de la Boa-Hora, où ont été jugés, parmi beaucoup d’autres, Mário Soares et Álvaro Cunhal.4 Les juges laissaient les agents de la PIDE occuper la salle d’audience et empêchaient les accusés de dénoncer les conditions dans lesquelles les dossiers avaient été préparés.2
22 octobre 1945: La police politique prend le nom de PIDE
22 octobre 1945

Le décret-loi n° 35 046 du 22 octobre 1945 crée la Police internationale et de défense de l’État (PIDE), « organisme de police judiciaire dépendant du ministère de l’Intérieur », et abroge le texte de 1933 qui avait créé la PVDE.12 La police politique a porté ce nom jusqu’à devenir la Direction générale de la sécurité.3 Au siège de la Rua António Maria Cardoso, les services d’enquête occupaient le troisième étage, où les prisonniers étaient interrogés et soumis à une grande violence et à diverses tortures.4 Dans une salle de cet étage est mort en 1949, après avoir été violemment battu et torturé, le prisonnier politique António Almeida, de Marinha Grande.4
- 1Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto-Lei n.º 35 046, de 22 de outubro de 1945 (Diário do Governo, I série, n.º 234): cria a Polícia Internacional e de Defesa do Estado
- 2Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico: Decreto-Lei n.º 22 992, de 29 de agosto de 1933 (Diário do Governo, I série, n.º 195): cria a Polícia de Vigilância e Defesa do Estado
- 3Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Prisões da Ditadura
- 4Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: A sede e as delegações da PIDE
31 décembre 1945 · femmes: La loi électorale exclut du vote les femmes mariées
31 décembre 1945
Le décret-loi n° 35 426, sur le recensement électoral pour les élections du président de la République et de l’Assemblée nationale, laisse voter les femmes majeures et émancipées titulaires de diplômes et les « chefs de famille » — veuves, divorcées, séparées ou célibataires « d’une probité morale reconnue » — qui payaient au moins 100 escudos d’impôts.1 Il exclut expressément « la femme mariée qui n’est pas séparée judiciairement de corps et de biens, et dont le mari a la capacité électorale ».1 Le Conseil national des femmes portugaises a protesté contre le décret, parce qu’il retirait le vote aux femmes mariées.2 En 1946, la loi n° 2015 a étendu le vote à une partie des femmes mariées.1
1946
28 mai 1946 · femmes: La loi n° 2015 étend le vote à certaines femmes mariées
28 mai 1946

La loi n° 2015 donne le vote aux femmes mariées qui savent lire et écrire et dont la contribution foncière, propre ou du couple, dépasse 200 escudos.1 Elle est née d’une demande du député Pinto Coelho pour que l’Assemblée nationale examine le décret-loi de décembre, qui avait laissé les femmes mariées sans droit de vote ; les commissions ont rejeté l’avis de la Chambre corporative, qui voulait leur refuser le vote pour « éviter la désunion de la famille ».1 La députée Maria Luísa van Zeller a soutenu cet élargissement, mais sans vouloir pour la femme une « égalité absolue » avec l’homme, ce qui irait à l’encontre, disait-elle, de « l’esprit de la politique de retour de la femme au foyer ».1
28 juillet 1946: Constitution officielle du MUD Juvenil
28 juillet 1946

Au Centre républicain José Estêvão est formellement constitué le Mouvement d’unité démocratique juvénile (MUD Juvenil), né en avril du Mouvement universitaire d’unité démocratique (MAUD) et lié au Mouvement d’unité démocratique (MUD), créé en octobre 1945.1 Selon Octávio Pato, qui y était, la réunion a eu lieu au Lumiar, et la Commission centrale y a été constituée : Salgado Zenha, João Sá da Costa, José Borrego, Júlio Pomar, Maria Fernanda Silva, Mário Sacramento, Mário Soares, Nuno Fidelino Figueiredo, Octávio Pato lui-même, Rui Grácio et Óscar dos Reis.2 Dans les années suivantes, le MUD Juvenil anime des grèves et des protestations étudiantes, organise la Semaine de la jeunesse et le rassemblement de Bela Mandil et soutient la candidature de Norton de Matos ; beaucoup de ses membres sont passés par les prisons du régime, notamment par l’Aljube.1 De nombreux membres de la Maison des étudiants de l’Empire y ont adhéré dès 1946.3
Prison de l’Aljube · Maison des étudiants de l’Empire (CEI) · Mário Soares · Norton de Matos
13 décembre 1946 · femmes: Isabel Aboim Inglez arrêtée pour la première fois par la PIDE
13 décembre 1946
Isabel Aboim Inglez, dirigeante du Conseil national des femmes portugaises et de l’Association féminine portugaise pour la paix et première femme à la Commission centrale du Mouvement d’unité démocratique (MUD), est arrêtée pour la première fois par la PIDE, accusée d’être « un élément communiste », et libérée sous caution le lendemain.12 L’année précédente, elle avait été renvoyée de la faculté des lettres pour des raisons politiques.2 Elle serait de nouveau arrêtée en janvier 1948, pour avoir distribué 1 500 exemplaires de propagande du MUD, et resterait deux mois en détention ; en février 1949, l’établissement qu’elle dirigeait, le Colégio Fernão de Magalhães, a été fermé.1
1947
4–12 janvier 1947 · femmes: Exposition de livres écrits par des femmes
4–12 janvier 1947

Le Conseil national des femmes portugaises, présidé par Maria Lamas, présente à la Société nationale des beaux-arts quelque trois mille livres de quatre cents autrices de trente pays, avec des photographies de femmes qui s’étaient distinguées comme intellectuelles et comme résistantes contre le nazisme et le fascisme.13 Manuela Porto parle de « Virginia Woolf : le problème des femmes de lettres » (Virginia Woolf: o problema das mulheres das letras).3 Des journaux liés au régime, comme A Defesa (La Défense) et Novidades (Nouvelles), accusent le Conseil d’être contre l’Estado Novo (« État nouveau ») et de lier le féminisme au communisme.4 L’exposition a précipité la fin du Conseil, fermé par la police en juin.24
Société nationale des beaux-arts · Maria Lamas · Manuela Porto
- 1RUN – Repositório da Universidade Nova de Lisboa
- 2Repositório Aberto da Universidade Aberta
- 3CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
- 4FCSH+Lisboa – NOVA FCSH
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Maria Lamas
- 6Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Dia Internacional da Mulher
- 7Wikipédia (pt)
- 8Wikipédia
- 9Arquivo de História Social (Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa)
- 10Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
21–28 mars 1947: Semaine de la jeunesse du MUD Juvenil et encerclement de Bela Mandil
21–28 mars 1947
Du 21 au 28 mars, le Mouvement d’unité démocratique juvénile (MUD Juvenil) organise dans tout le pays la Semaine de la jeunesse : festivals, séances culturelles et sportives, excursions et camps où l’on discutait des problèmes de la jeunesse et des manières de résister à la dictature.1 À Bela Mandil, dans la commune d’Olhão, le Festival de la jeunesse a réuni des centaines de jeunes dans un camp ; bien que légal, il a été encerclé par la PIDE, la Police de sécurité publique (PSP) et la Garde nationale républicaine (GNR), en armes, qui ont obligé à suspendre les activités et à quitter les lieux.1 Beaucoup de jeunes ont résisté et ont fini frappés ou arrêtés, et en signe de protestation l’hymne national a retenti dans le bois ; le 28 mars est devenu la Journée nationale de la jeunesse.1
28 juin 1947 · femmes: La police ferme le Conseil national des femmes portugaises
28 juin 1947

La police ferme « sans préavis » le siège du Conseil national des femmes portugaises, dans la Travessa da Fábrica das Sedas, aux Amoreiras, où il s’était installé en 1946, et met fin à 33 ans d’existence de l’association.1 C’est l’Exposition de livres écrits par des femmes, en janvier, qui a précipité la fermeture : les journaux liés au régime avaient accusé le Conseil d’être contre l’Estado Novo (« État nouveau ») et de lier le féminisme au communisme.21 Après l’exposition, la présidente, Maria Lamas, avait été contrainte de choisir entre la direction de Modas e Bordados (Modes et broderies), à O Século, et le Conseil, et elle avait choisi le Conseil.4 Parmi les dirigeantes figuraient aussi Manuela Porto, vice-présidente depuis 1946, Elina Guimarães, qui présidait la Commission juridique, et Isabel Aboim Inglez.468
Dernier siège du CNMP, fermé par la police en 1947 · O Século — la rédaction de « Modas e Bordados » · Maria Lamas · Elina Guimarães · Manuela Porto · Isabel Aboim Inglez
- 1FCSH+Lisboa – NOVA FCSH
- 2Repositório Aberto da Universidade Aberta
- 3RUN – Repositório da Universidade Nova de Lisboa
- 4CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Dia Internacional da Mulher
- 6Wikipédia (pt)
- 7Wikipédia
- 8Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Isabel Aboim Inglez
- 9Gerador
- 10Silêncios e Memórias (blogue)
1948
1948 · femmes: Maria Barroso écartée du Théâtre national D. Maria II
1948

Actrice de la compagnie d’Amélia Rey Colaço et Robles Monteiro, qui avait tenu le rôle-titre de Benilde, de José Régio, et celui d’Adela dans La Maison de Bernarda Alba, Maria Barroso ne peut plus travailler au Théâtre national D. Maria II, sur un ordre « venu de la police et du ministère de l’Éducation » ; la décision tombe au moment de la troisième arrestation de Mário Soares.12 Elle donnait des récitals avec les poètes de l’opposition, et la police politique l’avait déjà convoquée pour des interrogatoires.3 « Ce fut un crève-cœur. J’ai senti que c’était une injustice », a-t-elle raconté à sa biographe Leonor Xavier.1
1er mars 1948: Le MUD est déclaré illégal
1er mars 1948

Le 1er mars 1948, le Mouvement d’unité démocratique (MUD) répond à la notification, faite à la PIDE, d’une décision d’avril 1947 qui le considérait comme illégal parce que « le soi-disant Parti communiste » y collaborait.1 Dans la requête qu’il a adressée au gouvernement, signée par António Sérgio, Isabel Aboim Inglez, Manuel Mendes, Gustavo Soromenho et d’autres, il réclamait la libération de ses membres emprisonnés, parmi lesquels Tito de Morais, détenu à l’Aljube.1 L’interdiction a été l’aboutissement de la persécution commencée en 1946, qui avait conduit à l’arrestation de plusieurs membres et au renvoi de figures comme Bento de Jesus Caraça, mais n’a pas empêché le soutien à la candidature de Norton de Matos en 1949.1
du mai 1948 au avril 1950 · femmes: Publication de « As Mulheres do Meu País » (Les Femmes de mon pays), de Maria Lamas
du mai 1948 au avril 1950
Après la fermeture du Conseil national des femmes portugaises, qu’elle présidait, Maria Lamas parcourt le pays pendant deux ans, se rend à Madère et aux Açores, et publie As Mulheres do Meu País (Les Femmes de mon pays), un grand reportage sur la vie et le travail des femmes portugaises.136 L’ouvrage est paru en fascicules, de mai 1948 à avril 1950, pour contourner la censure.13 Elle l’a organisé en cinq grands groupes — la paysanne, la femme de la mer, l’ouvrière, la doméstica et l’employée, qui comprenait les professions libérales, les intellectuelles et les artistes — et beaucoup des photographies sont d’elle, complétées par des images d’autres auteurs.1
- 1Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 2Repositório Aberto da Universidade Aberta
- 3RUN – Repositório da Universidade Nova de Lisboa
- 4CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Maria Lamas
- 6Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Maria Lamas
- 7MDM – Movimento Democrático de Mulheres
- 8Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): Anúncio de «As Mulheres do Meu País», de Maria Lamas (Diário de Lisboa, n.º 9129, 28 de abril de 1948)
- 9Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): «“As Mulheres do Meu País”: terminou esta obra de Maria Lamas» (Diário de Lisboa, n.º 9891, 14 de junho de 1950)
27 juin 1948: Les obsèques de Bento de Jesus Caraça deviennent une protestation contre le régime
27 juin 1948
Le mathématicien et pédagogue Bento de Jesus Caraça, résistant antifasciste et militant du Parti communiste portugais (PCP), meurt à Lisbonne le 25 juin, d’une maladie cardiaque.1 Arrêté par la PIDE en 1946, il avait été démis de sa chaire de professeur titulaire à l’Institut supérieur des sciences économiques et financières, l’un des cas de la persécution qui s’est abattue sur le Mouvement d’unité démocratique (MUD).12 Les obsèques, le 27 juin, sont un moment symbolique de protestation contre le régime.1
1949
28 janvier 1949 · femmes: Séance de la Commission féminine de la candidature de Norton de Matos
28 janvier 1949

Pendant la campagne de Norton de Matos pour la présidence, Maria Lamas parle au nom des femmes démocrates lors d’une séance de soutien organisée par la Commission féminine de la candidature.1 Elle dénonce la loi électorale, qui « exclut du suffrage la grande masse des travailleuses et des domésticas, en particulier les femmes mariées », et demande : « L’Estado Novo aurait-il peur de la conscience éclairée de la femme ? »1 La Commission centrale du Mouvement national démocratique féminin, qui soutenait la candidature, réunissait Maria Lamas, Cesina Bermudes, Isabel Aboim Inglez, Ema Quintas Alves et Manuela Porto.34 Dans un discours à Santarém, Cesina Bermudes a présenté les revendications d’une « Commission féministe », comme l’appelle la CIG : « abolition du règlement de la prostitution, salaire égal pour un travail égal, égalité juridique des deux sexes […] et suffrage universel ».2
A Voz do Operário · Maria Lamas · Norton de Matos · Cesina Bermudes · Isabel Aboim Inglez · Manuela Porto
28 janvier 1949 · femmes: Meeting de Norton de Matos à la Voz do Operário
28 janvier 1949

Meeting de la candidature présidentielle de Norton de Matos au siège d’A Voz do Operário, à Lisbonne.1 Une photographie du fonds Manuel Mendes montre Isabel Aboim Inglez, Norton de Matos, Carvalhão Duarte, Câmara Reys et Mário de Azevedo Gomes, entre autres.12 En raison du rôle qu’elle jouait dans l’opposition, Isabel Aboim Inglez a vu fermer en février l’établissement qu’elle dirigeait, le Colégio Fernão de Magalhães.23
10 février 1949 · femmes: Meeting de la candidature de Norton de Matos à la Voz do Operário, avec Maria Lamas et Cesina Bermudes
10 février 1949

À un meeting de la candidature de Norton de Matos à la Voz do Operário, à Lisbonne, se trouvent Maria Lamas, Manuel João da Palma Carlos et la médecin Cesina Bermudes, entre autres.123 Maria Lamas et Cesina Bermudes faisaient partie de la Commission centrale du Mouvement national démocratique féminin, qui soutenait la candidature ; Cesina était l’une des dirigeantes de la Commission électorale féminine à Lisbonne et a pris la parole dans plusieurs meetings.4
A Voz do Operário · Maria Lamas · Cesina Bermudes · Norton de Matos
- 1Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso: Candidatura de Norton de Matos [...] comício de Lisboa (Voz do Operário). Maria Lamas, Manuel João da Palma Carlos e Cesina Bermudes – fotografia (cota 04654.000.026)
- 2Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso: Candidatura de Norton de Matos [...] comício de Lisboa (Voz do Operário) (cota 04959.014.004)
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 4Wikipédia (português)
- 5Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
- 6Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (Fundo Alberto Pedroso, pasta 09768.024)
12 février 1949: Retrait de Norton de Matos de l’élection présidentielle
12 février 1949

En juillet 1948, le général Norton de Matos a présenté sa candidature à la présidence de la République, qui a réuni républicains, francs-maçons, socialistes, libéraux, communistes, anarcho-syndicalistes, catholiques et même quelques monarchistes.1 La campagne, commencée en janvier sous surveillance et sous censure, a été très suivie à Beja, à Évora et surtout à Porto, et aux meetings de Lisbonne étaient présentes des femmes comme Maria Lamas et Cesina Bermudes.1 Le 7 février, une assemblée de délégués au Centre républicain António José de Almeida, où se trouvait Cesina Bermudes, a décidé que le candidat n’irait pas aux urnes. Norton de Matos s’est retiré faute de garanties d’une élection impartiale, et Óscar Carmona a été réélu sans adversaire le 13 février.21
22 février 1949 · femmes: Mário Soares et Maria Barroso se marient par procuration à la prison de l’Aljube
22 février 1949

Arrêté le 15 février alors qu’il se rendait au tribunal de la Boa-Hora, où devait être jugée la commission centrale du Mouvement d’unité démocratique juvénile (MUD Juvenil), Mário Soares épouse une semaine plus tard Maria Barroso, par procuration, à la prison de l’Aljube. L’un des témoins, Manuel Mendes, était lui aussi emprisonné.12
Prison de l’Aljube · Tribunal de la Boa-Hora · Mário Soares · Maria Barroso
25 mars 1949 · femmes: La PIDE arrête Álvaro Cunhal, Militão Ribeiro et Sofia Ferreira
25 mars 1949, 5 h 00

À 5 heures du matin, six agents de la PIDE et plusieurs membres de la Garde nationale républicaine (GNR), armés, prennent d’assaut une maison clandestine au Casal de Santo António, à Luso, et arrêtent trois permanents du Parti communiste portugais (PCP) : Álvaro Cunhal, Militão Ribeiro et Sofia Ferreira.1 Sofia Ferreira, alias « Elvira », et Cunhal, alias « Manuel », avaient loué la maison en novembre 1948 en se faisant passer pour un couple ; Militão les avait rejoints quelques mois plus tard, alors qu’il fuyait la PIDE.1 Militão a été transféré en mai au pénitencier de Lisbonne, où il est mort en janvier 1950, en grève de la faim ; Cunhal est resté emprisonné onze ans, jusqu’à son évasion de Peniche.21 Sofia Ferreira est restée emprisonnée trois ans, a de nouveau été arrêtée en 1959 et a passé, en tout, plus de treize ans dans les prisons du régime.13
Pénitencier de Lisbonne · Sofia Ferreira · Militão Ribeiro · Álvaro Cunhal
du 14 octobre 1949 au 14 janvier 1950 · femmes: Arrestation de Cesina Bermudes, dirigeante du Mouvement national démocratique féminin
du 14 octobre 1949 au 14 janvier 1950

La médecin Cesina Bermudes, qui, pendant la campagne de Norton de Matos, avait été aux côtés de Maria Lamas et d’Isabel Aboim Inglez, est arrêtée parce qu’elle fait partie de la Commission centrale du Mouvement national démocratique féminin, et conduite au fort de Caxias.12 Libérée trois mois plus tard, le 14 janvier 1950, elle n’a plus pu enseigner à la faculté de médecine de Lisbonne et s’est mise à enseigner la puériculture dans des écoles industrielles.12
Fort de Caxias — la prison politique · Cesina Bermudes · Maria Lamas · Isabel Aboim Inglez · Norton de Matos
7–24 décembre 1949 · femmes: Arrestation de Maria Lamas et de membres du Mouvement national démocratique
7–24 décembre 1949

Maria Lamas, de la Commission centrale du Mouvement national démocratique — qui, en octobre, avait signé, avec Ruy Luís Gomes, Virgínia Moura, José Morgado et d’autres, un communiqué sur les élections législatives —, est arrêtée avec d’autres membres du mouvement et conduite à Caxias.41 Selon le Mouvement démocratique des femmes (MDM), Virgínia Moura et Ruy Luís Gomes, entre autres, ont été emprisonnés avec elle.5 Ils ont été libérés sous caution le 24 décembre.1 Ce fut la première de plusieurs arrestations de Maria Lamas, toujours incarcérée à Caxias : elle serait de nouveau arrêtée le 18 juillet 1950 et en décembre 1953, à l’aéroport.235
Fort de Caxias — la prison politique · Maria Lamas · Virgínia Moura
- 1Wikipédia
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Maria Lamas
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Maria Lamas
- 4Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso
- 5MDM – Movimento Democrático de Mulheres
- 6Wikipédia (inglês)
- 7RUN – Repositório da Universidade Nova de Lisboa
- 8Silêncios e Memórias (blogue)
1950
2 janvier 1950: Mort de Militão Ribeiro au pénitencier de Lisbonne
2 janvier 1950

Malade, dans un isolement rigoureux et en grève de la faim pour protester contre le régime carcéral, le dirigeant communiste Militão Ribeiro meurt au pénitencier de Lisbonne, à 53 ans.12 Dans des lettres écrites deux mois plus tôt, il accusait la PIDE d’« empoisonnement ».1
2–9 mai 1950 · femmes: Álvaro Cunhal et Sofia Ferreira jugés par le tribunal plénier
2–9 mai 1950

Treize mois après avoir été arrêtés ensemble à Luso, Álvaro Cunhal et Sofia Ferreira sont jugés par le tribunal plénier, à la Boa-Hora ; le troisième prisonnier, Militão Ribeiro, était mort en janvier.1 Cunhal, qui était au secret depuis son arrestation et avait préparé sa défense dans cet isolement, qualifie le procès, le 2 mai, de « nouvelle forme de torture » et finit en accusant : « alors, que ce soient les fascistes qui s’assoient au banc des accusés ».21 Le 9 mai, Sofia Ferreira est condamnée à trois ans de prison.3 Cunhal reste emprisonné onze ans d’affilée, dont huit à l’isolement, au pénitencier de Lisbonne puis à Peniche.24
Tribunal de la Boa-Hora · Pénitencier de Lisbonne · Álvaro Cunhal · Sofia Ferreira · Militão Ribeiro
- 1Partido Comunista Português: Julgamento de Álvaro Cunhal (70 anos do julgamento e intervenção no tribunal a 2 de maio de 1950)
- 2Câmara Municipal de Lisboa — Comissão Municipal de Toponímia
- 3Partido Comunista Português: «Sofia foi uma combatente com uma enorme consciência de classe, generosa, inteligente e sagaz» (Centenário de Sofia Ferreira)
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
19 juin 1950 · femmes: Requête à Salazar contre les mauvais traitements infligés aux prisonniers
19 juin 1950
Maria Lamas signe, avec José Morgado, Albertina Macedo et Areosa Feio, une requête adressée à Salazar, président du Conseil, sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques : le texte rappelle la mort de Militão Bessa Ribeiro, de José Moreira et de Wenceslau Ramos, et la folie dans laquelle a sombré José Augusto da Silva Martins.1 Un mois plus tard, le 18 juillet, elle est arrêtée pour la deuxième fois.23
18 juillet 1950 · femmes: Maria Lamas arrêtée pour la deuxième fois
18 juillet 1950

L’écrivaine et militante Maria Lamas est arrêtée pour la deuxième fois et n’est libérée que six mois plus tard, après un jugement du tribunal ; en prison, elle écrit ses Cartas Políticas (Lettres politiques), qu’elle pensait publier sous le titre Cartas Humanas (Lettres humaines).1 Elle a été arrêtée trois fois par la PIDE entre 1949 et 1962, et toujours conduite à Caxias.12
1951
1951 · femmes: Le Centre d’études africaines s’installe au 37, Rua Actor Vale
1951

Des étudiants africains liés à la Maison des étudiants de l’Empire — Amílcar Cabral, Mário Pinto de Andrade, Francisco José Tenreiro, Agostinho Neto, entre autres — ont commencé à se réunir dans la maison de la famille Espírito Santo, au 37, Rua Actor Vale, où vivait Alda do Espírito Santo : c’est là que s’est installé le Centre d’études africaines.14 Ils y étudiaient l’Afrique et le colonialisme, dans une structure fermée à cause de la PIDE.23 Noémia de Sousa faisait partie des « aînés » du groupe, qui s’est défait quand ceux-ci, par peur de la PIDE, se sont dispersés.1
Maison de la famille Espírito Santo — siège du Centre d’études africaines · Maison des étudiants de l’Empire (CEI) · Alda do Espírito Santo · Amílcar Cabral · Agostinho Neto · Noémia de Sousa
1952
21 mars 1952 · femmes: Dissolution de l’Association féminine portugaise pour la paix
21 mars 1952
Par arrêté du ministre de l’Intérieur, l’Association féminine portugaise pour la paix est dissoute, cinq ans après la fermeture du Conseil national des femmes portugaises par le régime.12 Maria Lamas avait accepté de la présider en 1938 ; pour l’historienne Virgínia Baptista, l’association a poursuivi ses activités malgré sa dissolution.2
Siège de l’Association féminine portugaise pour la paix · Maria Lamas
1953
3 février 1953: Massacre de Batepá à Sao Tomé
3 février 1953
À Sao Tomé, les protestations des « forros » (affranchis) contre l’imposition du travail forcé dans les plantations (roças) sont réprimées par le gouverneur Carlos Gorgulho à coups de rafles, de tortures, d’assassinats et de déportations, qui causent la mort de centaines de Santoméens.1 L’avocat Manuel João da Palma Carlos, opposant au régime, a dénoncé l’affaire et défendu les prisonniers.1
8 mars 1953 · femmes: Réunion clandestine de femmes à Lisbonne lors de la Journée internationale des droits des femmes
8 mars 1953
Six ans après la suppression du Conseil national des femmes portugaises par le régime, et malgré l’interdiction, quelques dizaines de femmes se réunissent à Lisbonne pour discuter de la lutte pour la paix et de l’amnistie, raconte Avante! ; on y lit le communiqué de la Fédération démocratique internationale des femmes pour le Congrès international des femmes.1
20 décembre 1953 · femmes: Maria Lamas arrêtée à l’aéroport
20 décembre 1953

À son retour d’une réunion du Conseil mondial de la paix, Maria Lamas est arrêtée par la PIDE à l’aéroport, et avec elle une cinquantaine de personnes qui l’attendaient, parmi lesquelles la peintre Maria Keil, Sofia Dias Coelho, Antónia Lapa et Maria Machado.1 Elle revenait de trois mois de voyage, de congrès en congrès pour la paix ; à l’arrivée de l’avion, un agent de la PIDE l’attendait avec un nouveau mandat d’arrêt.2 Conduite à Caxias, elle est libérée le 8 janvier 1954.4
Aéroport de Lisbonne (Portela) · Fort de Caxias — la prison politique · Maria Lamas
1954
26 janvier 1954: Fermeture (pour la première fois) du camp de Tarrafal
26 janvier 1954

Le camp de concentration de Tarrafal, au Cap-Vert, ouvert en 1936, ferme pour la première fois.12 Entre 340 et 375 prisonniers y sont passés — républicains, socialistes, anarchistes, communistes, combattants de la guerre d’Espagne — et 32 à 34 y sont morts ; Francisco Miguel a été le dernier à en sortir pendant cette période.12 Le camp allait rouvrir en 1961, pour les prisonniers des mouvements de libération.1
19 mai 1954 · femmes: Catarina Eufémia tuée par la GNR à Baleizão
19 mai 1954

Ouvrière agricole, Catarina Eufémia est abattue par le lieutenant Carrajola, de la Garde nationale républicaine (GNR), pendant une grève de travailleurs de l’Alentejo pour de meilleurs salaires.1 Margarida Tengarrinha a fait cette année-là une gravure de sa mort, et José Afonso l’a immortalisée dans « Cantar Alentejano » (Chant de l’Alentejo).1
Margarida Tengarrinha · José Afonso (Zeca Afonso)
17 décembre 1954: António Dias Lourenço s’évade de la forteresse de Peniche par la mer
17 décembre 1954

Dirigeant du Parti communiste portugais (PCP), détenu à la forteresse de Peniche depuis 1953, António Dias Lourenço découpe au couteau la porte du « Segredo » (secret), la cellule de punition près de la muraille, descend le long d’une corde faite de couvertures, se laisse tomber dans la mer et nage jusqu’au rivage.1 Des travailleurs d’une camionnette de transport de poisson le cachent et le conduisent à Bombarral.1
1956
4 juillet 1956: Homologation des statuts de la Société portugaise des écrivains
4 juillet 1956

Après des réunions à la Casa do Alentejo depuis mai 1954, convoquées par Aquilino Ribeiro et Ferreira de Castro, les statuts de la Société portugaise des écrivains (SPE) ont enfin été homologués par arrêté ministériel.1 Aux élections du lendemain, Aquilino Ribeiro a pris la tête de la direction.1 Installée d’abord dans la Rua das Taipas, la SPE a ensuite établi son siège dans la Rua da Escola Politécnica, où elle a fonctionné jusqu’à sa dissolution en 1965.1
1957
1957 · femmes: Arrestation d’Aida Magro, responsable clandestine de la zone orientale de Lisbonne
1957

L’ingénieure chimiste Aida Magro, dans la clandestinité depuis 1945 et responsable de la zone orientale du comité local de Lisbonne du Parti communiste portugais (PCP), est arrêtée et condamnée à deux ans et demi de prison ferme, avec des mesures de sûreté.1 Elle passe six ans à Caxias, où elle est l’une des autrices des treize lettres du Manifeste de Caxias.12
1957–1962: Les réunions du « Groupe du Café Gelo »
1957–1962

Entre 1957 et 1962, près de trente poètes et peintres dissidents — Herberto Helder, Mário Cesariny, Luiz Pacheco, António José Forte, Natália Correia, entre autres — se sont réunis au Café Gelo, sur le Rossio.21 Le 1er Mai 1962, la police est entrée dans le café et a frappé ceux qui s’y trouvaient ; quelques jours plus tard, le gérant, convoqué au commissariat, leur a dit qu’ils ne pouvaient plus rester.2
octobre 1957: Ier Congrès républicain d’Aveiro
octobre 1957
Le Ier Congrès républicain se tient à Aveiro, sous l’impulsion de Mário Sacramento, et prépare l’opposition à l’élection présidentielle de l’année suivante ; le IIe Congrès ne se réunirait qu’en 1969.1
décembre 1957: Des nationalistes des colonies fondent à Paris le Mouvement anticolonialiste
décembre 1957

Réunis à Paris, des nationalistes des colonies portugaises qui faisaient leurs études en Europe, liés surtout à la Maison des étudiants de l’Empire — comme Mário de Andrade, Marcelino dos Santos, Amílcar Cabral, Agostinho Neto et Lúcio Lara —, fondent le Mouvement anticolonialiste (MAC).1 Son manifeste a été, pour Cabral, « la préface de notre lutte ».1
Maison des étudiants de l’Empire (CEI) · Amílcar Cabral · Agostinho Neto
1958–1968De Delgado à la guerre
La candidature de Humberto Delgado ébranle le régime. Suivent les révoltes, les évasions, la guerre coloniale et la crise universitaire de 1962.70 dates21 femmes
1958
10 mai 1958: Humberto Delgado : « Évidemment, je le limoge ! » (Obviamente, demito-o!)
10 mai 1958

Lors de la conférence de presse au Café Chave d’Ouro, à Lisbonne, le général Humberto Delgado, candidat de l’opposition à la présidence, répond ainsi au correspondant de l’Agence France-Presse, qui lui demande ce qu’il fera de Salazar s’il est élu.123 La phrase embrase le pays.54
16 mai 1958: Arrivée d’Humberto Delgado à Santa Apolónia
16 mai 1958

Après avoir été accueilli par une foule à Porto, le 14 mai — les photographies du meeting ont été interdites dans les journaux —, Humberto Delgado rentre à Lisbonne.5 Des gens l’attendent de Santa Apolónia jusqu’au Terreiro do Paço ; la PIDE détourne le cortège du général vers la zone orientale de la ville, et la Garde nationale républicaine (GNR) charge ses partisans sur le Terreiro do Paço, sur le Rossio, aux Restauradores et dans les rues de la Baixa.14 Depuis 2008, une plaque dans la gare rappelle l’arrivée du général.32
Gare de Santa Apolónia · Rossio (Praça de D. Pedro IV) · Terreiro do Paço (Praça do Comércio) · Humberto Delgado
18 mai 1958: Meeting d’Humberto Delgado au lycée Camões
18 mai 1958

Humberto Delgado a pris la parole lors d’un meeting dans le gymnase du lycée Camões ; le texte du discours est conservé dans le fonds Manuel Mendes.1 Après ce meeting, les charges de police de l’arrivée à Santa Apolónia se sont répétées.2
juin 1958 · femmes: La grande grève de Couço et la lutte des Femmes de Couço
juin 1958
Juin 1958 est marqué par la « grande grève de Couço », une localité durement frappée par la répression, où l’on a compté plus de 200 arrestations entre 1933 et le 25 Avril.1 Les Femmes de Couço, comme Maria Carmina et Rosa Viseu, étaient présentes sur les places où l’on embauchait les journaliers, dans les luttes pour la journée de huit heures et aux côtés des prisonniers.1
8 juin 1958: L’élection présidentielle de 1958 et la fraude contre Humberto Delgado
8 juin 1958

La candidature d’Humberto Delgado, soutenue par toute l’opposition après le retrait d’Arlindo Vicente, ébranle le régime.25 Par l’intimidation, l’interdiction du contrôle du scrutin et la falsification des résultats, le régime a proclamé l’élection d’Américo Tomás.21 Officiellement, Delgado a obtenu 23 % des voix, un résultat jamais publié au Diário do Governo (Journal du gouvernement) ; peu après, le régime a supprimé l’élection du président de la République au suffrage direct.3 Ont suivi des grèves et des arrestations : l’un des prisonniers, l’ouvrier Raul Alves, allait mourir au siège de la PIDE.4
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Humberto da Silva Delgado (biografia)
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 3Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Raul Alves (biografia)
- 5Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 6Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
- 7Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
31 juillet 1958: Raul Alves tombe du 3e étage du siège de la PIDE
31 juillet 1958

Arrêté le 16 juillet, après les grèves de la Companhia Industrial Portuguesa contre la fraude électorale de juin, l’ouvrier Raul Alves passe par Caxias et par l’Aljube ; le 31, après avoir été torturé, il tombe d’une fenêtre du 3e étage du siège de la PIDE — « jeté », écrit Memória Comum —, et plusieurs personnes auraient vu la chute.31 La PIDE parle de suicide.3 L’épouse de l’ambassadeur du Brésil, qui a vu la chute, le raconte au cardinal Cerejeira, qui écrit au ministre de l’Intérieur ; du ministère arrive la réponse : « Il s’agit seulement d’un communiste sans importance ».13 Au même étage étaient morts António Almeida, en 1949, et José Moreira, en 1950.24
Siège de la PVDE / PIDE / DGS · Prison de l’Aljube · Fort de Caxias — la prison politique · Raul Alves
- 1Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos: Raul Alves
- 2Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Raul Alves (biografia)
- 4Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos: José Moreira
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade: José Moreira
26 septembre 1958: Le guitariste Carlos Paredes arrêté sur son lieu de travail
26 septembre 1958

Employé administratif de l’hôpital de São José depuis 1949, le guitariste Carlos Paredes est arrêté sur son lieu de travail, accusé d’appartenir au Parti communiste portugais (PCP).1 Il passe un mois à l’Aljube puis est transféré à Caxias : en tout, 15 mois de prison jusqu’à son procès devant le tribunal plénier, en 1959, suivi de son exclusion de la fonction publique.1
Hôpital de São José · Prison de l’Aljube · Fort de Caxias — la prison politique
1959
16 janvier 1959: Henrique Galvão s’évade de l’hôpital de Santa Maria
16 janvier 1959
Condamné à 19 ans de prison et hospitalisé sous la surveillance de la PIDE, l’opposant Henrique Galvão s’évade au petit matin de l’hôpital de Santa Maria ; quelques jours plus tard, il se réfugie à l’ambassade d’Argentine, d’où il part en mai pour l’exil.1 Deux ans plus tard, il allait commander l’assaut contre le paquebot « Santa Maria ».1
11 mars 1959: Révolte de la Sé (Mouvement militaire indépendant)
11 mars 1959, 23 h 00

Coup d’État civil et militaire d’inspiration surtout catholique, préparé après la fraude électorale de 1958 par une junte dont faisaient partie les commandants Luís Cesariny Calafate et Pastor Fernandes.13 Dans la nuit du 11 mars, les chefs des groupes civils se sont rassemblés dans les cloîtres de la cathédrale de Lisbonne (Sé) ; à 23 h, Pastor Fernandes a donné l’ordre de se disperser — le gouvernement savait tout.3 La PIDE a arrêté 44 personnes, à commencer par Manuel Serra, l’« âme civile » de la conspiration ; certains, comme le jeune Jaime Conde, se sont retrouvés à la prison de l’Aljube, toute proche.32
Cathédrale patriarcale de Lisbonne (Sé) · Prison de l’Aljube · Manuel Serra
3 août 1959: Massacre de Pidjiguiti, dans le port de Bissau
3 août 1959

Des marins et des dockers du port de Pidjiguiti, à Bissau, en grève pour de meilleurs salaires, sont violemment réprimés par les autorités coloniales : environ 50 morts et une centaine de blessés.1 Le massacre a été décisif pour l’organisation du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), d’Amílcar Cabral, qui allait passer à la lutte armée en 1963.12
15 octobre 1959 · femmes: Arrestation de Maria Alda Nogueira sur l’Avenida da Liberdade
15 octobre 1959

Dans la clandestinité depuis 1949, Maria Alda Nogueira est arrêtée par la PIDE dans un taxi, sur l’Avenida da Liberdade.31 Jugée par le tribunal plénier le 22 octobre 1960, avec Maria Lamas et Isabel Aboim Inglez parmi les témoins de moralité, elle est condamnée à huit ans de prison et à des mesures de sûreté, qu’elle purge à Caxias.13 La Commission pour la citoyenneté et l’égalité de genre (CIG) la présente comme la première femme au Portugal condamnée à la prison pour des motifs politiques.2
Tribunal de la Boa-Hora · Fort de Caxias — la prison politique · Maria Alda Nogueira · Maria Lamas · Isabel Aboim Inglez
1960
janvier 1960: Fondation à Caracas du Directoire révolutionnaire ibérique de libération
janvier 1960

Des opposants portugais et espagnols en exil créent à Caracas le Directoire révolutionnaire ibérique de libération (DRIL), pour renverser les dictatures ibériques par l’action armée.1 Henrique Galvão, qui s’était enfui de Lisbonne un an plus tôt, signe pour la partie portugaise, au nom d’Humberto Delgado.1 L’action la plus spectaculaire du DRIL allait être l’assaut contre le paquebot Santa Maria.1
3 janvier 1960: L’évasion de Peniche : Álvaro Cunhal et neuf autres dirigeants s’échappent
3 janvier 1960, 16 h 00

À 16 h, une voiture conduite par l’acteur Rogério Paulo donne le signal et dix prisonniers du Parti communiste portugais (PCP) — parmi lesquels Álvaro Cunhal, Jaime Serra et Francisco Miguel — s’évadent de la forteresse de Peniche, accompagnés d’un garde de la Garde nationale républicaine (GNR).123 L’évasion a été préparée à l’extérieur par Pires Jorge et par António Dias Lourenço, lui-même évadé de Peniche en 1954, avec l’aide d’Octávio Pato et de Rui Perdigão ; Margarida Tengarrinha l’a illustrée.15 Après elle, la surveillance s’est resserrée : il y a eu dès lors deux gardes à chaque poste.4
Forteresse de Peniche — la prison politique · Álvaro Cunhal · Margarida Tengarrinha
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Fuga de Peniche
- 2Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 3Museu Nacional Resistência e Liberdade (Peniche)
- 4Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): António Dias Lourenço – Fuga de Peniche
16 juin 1960: Massacre de Mueda, dans le nord du Mozambique
16 juin 1960
Lors d’une rencontre convoquée par le gouverneur de Cabo Delgado avec des représentants makondés, l’ordre d’arrêter ces derniers provoque des protestations et les autorités ouvrent le feu.1 Le nombre de morts est incertain : 14 selon des rapports portugais, 16 selon des témoins directs, 150 selon le Front de libération du Mozambique (FRELIMO) et jusqu’à 600 selon certains ouvrages.1 Ce fut l’un des derniers épisodes de résistance avant la guerre au Mozambique.1
1961
4 janvier 1961: Révolte de la Baixa do Cassanje, en Angola
4 janvier 1961
Dans les champs de coton de la Cotonang, à Malanje, les paysans refusent de travailler et brûlent les semences, contre la culture obligatoire et le travail forcé.1 La répression, avec des villages bombardés au napalm, a fait entre de nombreuses centaines et dix mille morts ; la révolte reste dans les mémoires comme la genèse de la lutte de libération de l’Angola.12
du 22 janvier au 2 février 1961: Opération Dulcinée : Henrique Galvão s’empare du paquebot Santa Maria
du 22 janvier au 2 février 1961

En collaboration avec Humberto Delgado et le Directoire révolutionnaire ibérique de libération (DRIL), Henrique Galvão — évadé de l’hôpital de Santa Maria deux ans plus tôt — prend d’assaut le paquebot Santa Maria, au large des Caraïbes, avec plus de 600 passagers à bord, et le rebaptise « Santa Liberdade » (Sainte Liberté) : l’« opération Dulcinée » (Operação Dulcineia) attire l’attention du monde sur la dictature portugaise.123 Le détournement prend fin le 2 février, à Recife, après que le nouveau président du Brésil, Jânio Quadros, a garanti l’asile à Galvão.2
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): O Assalto ao Santa Maria
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Diretório Revolucionário Ibérico de Libertação (DRIL)
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Operação Vagô
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade
- 6Wikipédia: Oposição à ditadura portuguesa
- 7Wikipédia: Eleições presidenciais portuguesas de 1958
31 janvier 1961: L’opposition diffuse le « Programa para a Democratização da República »
31 janvier 1961
Un groupe de citoyens de l’Opposition démocratique rend public le Programa para a Democratização da República (Programme pour la démocratisation de la République).1
4 février 1961: L’attaque des prisons de Luanda déclenche la lutte armée en Angola
4 février 1961
Au petit matin du 4 février, quelque 200 hommes armés de machettes, de couteaux et de quelques pistolets attaquent la prison militaire, la compagnie mobile de la Police de sécurité publique (PSP) et d’autres prisons de Luanda pour libérer des prisonniers nationalistes.12 Dans les jours qui suivent, la répression dans les bidonvilles (musseques) fait des centaines de morts et de blessés ; cette date marque le début de la lutte armée pour l’indépendance de l’Angola.1
15 mars 1961: Attaques de l’UPA dans le nord de l’Angola : la guerre coloniale commence
15 mars 1961
L’Union des peuples de l’Angola attaque des villages et des plantations dans le nord de l’Angola, tuant des colons blancs et des travailleurs noirs.1 Salazar envoie des troupes — il fallait « avancer rapidement et en force » (andar rapidamente e em força), dira-t-il en avril, après avoir survécu au coup d’État de Botelho Moniz — et une guerre commence, qui se prolongera jusqu’en 1974.213
11–13 avril 1961: Coup d’État de Botelho Moniz (« Abrilada » de 1961)
11–13 avril 1961

Le ministre de la Défense, le général Júlio Botelho Moniz, avec d’autres hauts gradés, a tenté d’écarter Salazar par la voie institutionnelle, face à la guerre qui commençait en Angola.1 Américo Tomás a refusé de démettre le chef du gouvernement, les préparatifs ont été dénoncés et le coup a échoué ; plusieurs chefs militaires ont été relevés de leurs fonctions.1 Parmi les personnes impliquées figurait Francisco da Costa Gomes, alors colonel, qui a pu poursuivre sa carrière.1 Salazar survit et annonce qu’il faut « avancer rapidement et en force » (andar rapidamente e em força) vers l’Angola.45
21 avril 1961: Le premier contingent de troupes part pour l’Angola à bord du « Niassa »
21 avril 1961
Huit jours après que Salazar a pris le portefeuille de la Défense et annoncé qu’il fallait « avancer rapidement et en force » (andar rapidamente e em força) vers l’Angola,3 le premier contingent envoyé par mer à la guerre en Angola embarque sur le paquebot « Niassa », au quai de la Rocha do Conde de Óbidos ; il arrive à Luanda le 1er mai. Deux jours plus tôt, le premier contingent était parti par avion.1 À partir de ce jour, le quai de la Rocha do Conde de Óbidos a été avant tout le lieu de départ de centaines de milliers d’hommes pour la guerre coloniale.2
28 avril 1961 · femmes: Fondation du Mouvement national féminin (favorable au régime)
28 avril 1961
Cecília Supico Pinto, épouse d’un ancien ministre de Salazar, fonde le Mouvement national féminin, qui jusqu’en 1974 mobilise des femmes en soutien au régime et à la guerre coloniale : les « marraines de guerre » écrivaient aux soldats, et le mouvement a édité plus de 300 millions d’aérogrammes.21 Directement impulsé par la dictature, il faisait partie d’une stratégie visant à amener le pays à accepter la guerre — le contrepoint officiel aux organisations de femmes de l’opposition.2
17 juin 1961: Tarrafal rouvre pour des prisonniers des mouvements de libération
17 juin 1961

Avec le début de la guerre coloniale, le camp de Tarrafal rouvre pour les nationalistes de l’Angola, de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert ; les premiers prisonniers, venus d’Angola, arrivent en février 1962.123 Sont passés par là 227 hommes, dont quatre y sont morts ; les derniers ne seraient libérés que le 1er mai 1974.1
Camp de concentration de Tarrafal (Cap-Vert)
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Encerramento do Campo de Concentração do Tarrafal
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Campo de Concentração do Tarrafal
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Chegam ao Tarrafal os primeiros presos deportados
- 4Diário do Governo (Imprensa Nacional), no Diário da República Eletrónico
- 5Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
8 août 1961 · femmes: Les « Six Maria », premières infirmières parachutistes
8 août 1961
Sur le terrain d’Arrepiado, près de Tancos, Maria Arminda dos Santos, Maria de Lourdes Rodrigues, Maria da Nazaré Andrade, Maria do Céu Policarpo, Maria Ivone Reis et Maria Zulmira André font le dernier saut de leur formation et reçoivent le béret vert : ce sont les premières infirmières parachutistes de l’armée de l’air, et la presse, qui les met à la une, les appelle les « Six Maria » (Seis Marias).1 Tout au long de la guerre coloniale, les infirmières parachutistes ont évacué des blessés sur le front et à bord des vols vers Lisbonne.1
10 novembre 1961 · femmes: Opération Vagô : un avion détourné et des tracts sur Lisbonne
10 novembre 1961
Palma Inácio, Maria Helena Vidal et quatre autres opposants prennent le contrôle d’un vol de la TAP reliant Casablanca à Lisbonne et lâchent sur Lisbonne, Barreiro, Setúbal, Beja et Faro des milliers de tracts contre la farce des élections à l’Assemblée nationale, prévues quelques jours plus tard ; l’avion atterrit à Tanger.12 L’opération avait été conçue par Henrique Galvão, qui en janvier avait dirigé l’assaut contre le Santa Maria ; ce fut le premier détournement d’avion pour des raisons politiques au Portugal.2
11 novembre 1961: Cândido Capilé tué par balle lors d’une manifestation à Almada
11 novembre 1961
Une manifestation contre la fraude électorale, qui exigeait « Liberté, paix et amnistie pour les prisonniers politiques » (Liberdade, Paz e Amnistia para os presos políticos), part de Cova da Piedade vers Almada et est attaquée à coups de feu ; l’ouvrier du liège Cândido Martins Capilé, âgé de 28 ans, est tué.12 José Dias Coelho a dessiné la scène pour Avante!.1
4 décembre 1961: L’évasion de Caxias dans la voiture blindée de Salazar
4 décembre 1961, 9 h 35

Huit prisonniers du Parti communiste portugais (PCP) — parmi lesquels Domingos Abrantes — s’évadent du fort de Caxias à bord de la Chrysler Imperial blindée qui avait été au service de Salazar.12 Au volant se trouve António Tereso, un mécanicien en qui les gardiens avaient confiance parce qu’ils le croyaient « rachado » (un prisonnier qui a craqué) ; au cri de « But ! » (Golo!), les prisonniers montent dans la voiture, qui s’élance par le tunnel et enfonce le portail extérieur.12
Fort de Caxias — la prison politique · António Tereso · Domingos Abrantes
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Conceição Matos et Domingos Abrantes racontent ensemble, dans un témoignage recueilli par le musée le 7 octobre 2015, la clandestinité, les emprisonnements et la torture. Les mots-clés du musée incluent la prison de l’Aljube, Caxias, les interrogatoires de la PIDE et l’évasion de Caxias.
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15 décembre 1961 · femmes: Albina Fernandes arrêtée avec ses jeunes enfants
15 décembre 1961

Dans la clandestinité avec Octávio Pato, Albina Fernandes est arrêtée le même jour que son compagnon et emmène avec elle à Caxias ses deux enfants, de six et deux ans : elle se reposait à genoux par terre, les mains agrippées à leurs poignets, « pour qu’on ne les lui enlève pas ».12 La PIDE menace de les placer dans une institution, mais elle obtient qu’ils restent avec leurs grands-parents paternels, à qui ils sont remis le 10 janvier 1962.23 Jugée le 17 novembre 1962, elle reste six ans et sept mois en prison.12
18–19 décembre 1961: L’Union indienne occupe Goa, Daman et Diu
18–19 décembre 1961
En 36 heures, quelque 40 000 militaires indiens mettent fin à l’État portugais de l’Inde.12 Le gouverneur Vassalo e Silva désobéit à l’ordre de Salazar de se battre jusqu’à la mort et se rend ; les soldats portugais passent des mois dans des camps de prisonniers, abandonnés à leur sort par Salazar.1
19 décembre 1961: La PIDE assassine le sculpteur José Dias Coelho à Alcântara
19 décembre 1961

Le sculpteur et militant communiste José Dias Coelho tombe dans une embuscade tendue par des agents de la PIDE à Alcântara et est tué par balle dans la Rua da Creche, qui porte aujourd’hui son nom.143 Sa compagne, Margarida Tengarrinha, n’a appris sa mort que le 26 décembre, le jour de l’enterrement, et a consacré sa vie à garder vivante sa mémoire.24 José Afonso l’a évoqué dans « A Morte Saiu à Rua » (La mort est sortie dans la rue).46
Rua da Creche (lieu de l’assassinat de José Dias Coelho) · José Dias Coelho · Margarida Tengarrinha · José Afonso (Zeca Afonso)
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Témoignage de Margarida Tengarrinha recueilli par le musée de l’Aljube le 8 mars 2017, publié en 2021. D’après les mots-clés du musée, il aborde le MUD Juvenil (Mouvement d’unité démocratique de la jeunesse), la vie clandestine au sein du Parti communiste portugais (PCP), l’appareil de falsification de documents, la presse clandestine et José Dias Coelho.
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RTP Arquivos : A Mulher e o Fascismo: Mulheres que Lutaram – Parte I
RTP Arquivos : A Mulher e o Fascismo: Mulheres que Lutaram – Parte II
1962
1962 · femmes: Isabel do Carmo, la première étudiante à prendre la parole en assemblée générale
1962

Étudiante en médecine, Isabel do Carmo est la première femme à prendre la parole dans une assemblée générale de la crise universitaire de 1962, au stade universitaire.1 La PIDE a noté qu’elle avait dit parler « comme l’une d’elles, comme n’importe laquelle d’entre elles » et qu’elle avait suggéré d’offrir des fleurs à la police, « les plus belles armes créées au Portugal ».1
Cidade Universitária de Lisbonne (stade universitaire et facultés) · Isabel do Carmo
1er janvier 1962: Révolte de Beja
1er janvier 1962

Révolte militaire et civile à la caserne du 3e régiment d’infanterie, à Beja, commandée par le capitaine João Varela Gomes, avec Manuel Serra comme chef civil.1 Humberto Delgado et sa secrétaire, Arajaryr Campos, étaient entrés clandestinement dans le pays pour y participer.24 La révolte a échoué, et les militaires impliqués ont été arrêtés et exclus des forces armées ;5 mais elle a brisé un cycle de trente ans sans que l’opposition prenne les armes, et le procès qui a suivi, avec 86 accusés, a été le plus grand de l’Estado Novo (« État nouveau »).13
Manuel Serra · Humberto Delgado · Arajaryr Campos
- 1Wikipédia: Oposição à ditadura portuguesa
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Humberto da Silva Delgado (biografia)
- 3Wikipédia: Manuel Serra
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Arajaryr Canto Moreira Campos (biografia)
- 5Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 6Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
15 février 1962 · femmes: Arrestation de Stella Piteira Santos
15 février 1962

Stella Piteira Santos, ancienne adhérente de l’Association féminine portugaise pour la paix et du Conseil national des femmes portugaises, est arrêtée et torturée par la PIDE.2 Elle avait aidé à amener Humberto Delgado à la révolte de Beja, et la police recherchait son mari, Fernando Piteira Santos ; elle passe près de deux mois à Caxias, dans une cellule avec Maria Alda Nogueira, Sofia Ferreira et Cândida Ventura.1 Elle s’exile ensuite à Alger, où elle sera la voix de la Rádio Voz da Liberdade (« Voix de la liberté »).21
Fort de Caxias — la prison politique · Stella Piteira Santos · Maria Alda Nogueira · Sofia Ferreira · Humberto Delgado
8 mars 1962 · femmes: Des femmes manifestent à Porto contre la guerre et la répression
8 mars 1962
Convoqué par des femmes démocrates du Nord, un rassemblement pour la Journée internationale des droits des femmes réunit à Porto des milliers de personnes contre la guerre coloniale et la répression.1 La police, à qui la PIDE a ordonné d’« agir avec énergie », charge et arrête des femmes et des hommes.1
12 mars 1962: La Rádio Portugal Livre commence à émettre
24 mars 1962: La Journée de l’étudiant interdite : la crise universitaire de 1962 commence
24 mars 1962

Le matin du 24 mars, les étudiants se rassemblent à la Cidade Universitária, en défiant l’interdiction des célébrations de la Journée de l’étudiant ; la police frappe et arrête, occupe des locaux et des cantines.1 La lutte se prolonge pendant des mois : les associations de Lisbonne et de Coimbra déclarent le deuil académique, Coimbra se montre solidaire et l’Association académique de Coimbra est fermée.32 Cette date est aujourd’hui la Journée nationale de l’étudiant.1
Cidade Universitária de Lisbonne (stade universitaire et facultés)
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Helena Cabeçadas raconte au musée de l’Aljube le mouvement associatif des lycées, la crise universitaire de 1962, qu’elle a vécue à 14 ans, et son arrestation en 1965, quand elle a été emmenée au gouvernement civil puis à Caxias. Exclue de tous les établissements scolaires du pays, elle est partie seule en exil en Belgique à 17 ans.
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26 mars 1962 · femmes: Déclaration du deuil académique
26 mars 1962

Les associations d’étudiants de Lisbonne et de Coimbra ont déclaré le « deuil académique » (luto académico) — la grève des cours, un droit interdit par la dictature.1 Les assemblées générales en plein air, devant les facultés et au stade universitaire, sont devenues le mode de décision du mouvement ; dans l’une d’elles, une femme a pris la parole pour la première fois, l’étudiante en médecine Isabel do Carmo.12
Cidade Universitária de Lisbonne (stade universitaire et facultés) · Isabel do Carmo
du avril 1962 au septembre 1962: José Mário Branco arrêté par la PIDE
du avril 1962 au septembre 1962

Étudiant et militant du Parti communiste portugais (PCP) depuis 1961, José Mário Branco, alors âgé de 19 ans, est arrêté par la PIDE en avril 1962 et passe par l’Aljube et par Caxias ; il ne sort qu’en septembre.1 L’année suivante, pour ne pas partir à la guerre coloniale, il déserte et part en exil en France.12
Prison de l’Aljube · Fort de Caxias — la prison politique · José Mário Branco
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Témoignage de José Mário Branco recueilli par le musée de l’Aljube le 16 mai 2019, six mois avant sa mort. D’après les mots-clés du musée, il parle de la prison de l’Aljube, de la PIDE et des interrogatoires, des étudiants, de la guerre coloniale, de l’exil et de Mai 68.
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5–12 avril 1962: Marcelo Caetano présente sa démission de recteur
5–12 avril 1962

Quand le gouvernement a de nouveau interdit la Journée de l’étudiant, qu’il avait accepté de reporter aux 7 et 8 avril, le recteur Marcelo Caetano — qui, du balcon du rectorat, avait défendu devant les étudiants l’autonomie universitaire —, se sentant désavoué, a présenté sa démission ; le deuil académique a repris.12 Son mandat a pris fin le 12 avril 1962.3
27 avril 1962 · femmes: Arrestation des « Femmes de Couço »
27 avril 1962

Au petit matin du 27 avril, la PIDE, avec la Garde nationale républicaine (GNR), arrête à Couço cinq femmes et dix hommes qui préparaient la lutte pour la journée de huit heures dans les champs : Maria Custódia Chibante, Maria da Conceição Figueiredo, Maria Galveias, Maria Madalena et Olímpia Brás allaient rester connues comme les « Femmes de Couço » (Mulheres do Couço).21 Lors des interrogatoires au siège de la PIDE, dans la Rua António Maria Cardoso, elles sont torturées par des passages à tabac, la privation de sommeil et l’« estátua » (statue) : Maria Custódia y passe 98 heures sans parler, dont 75 sans dormir, et est emmenée à Caxias portée à bras.213 Maria Galveias, arrêtée avec sa fille d’âge scolaire, est interrogée onze jours et onze nuits.1
Fort de Caxias — la prison politique · Siège de la PVDE / PIDE / DGS
1er mai 1962: Le 1er Mai 1962 dans la Baixa de Lisbonne
1er mai 1962

En pleine crise universitaire, ouvriers et étudiants manifestent dans la Baixa en criant « Nous avons faim ! » (Temos fome!), « Liberté ! » (Liberdade!), « À bas la PIDE ! » (Abaixo a PIDE!) ; il y a des affrontements sur le Terreiro do Paço, au Carmo, au Rossio, au Martim Moniz et à Alcântara, et la police antiémeute, la Garde nationale républicaine (GNR), la PIDE et la Légion portugaise répriment jusqu’à la nuit.13 Près du Largo do Caldas, une rafale de mitraillette de la police tue le typographe Estêvão Giro, âgé de 25 ans.152 Au Rossio, la police est entrée au Café Gelo et a frappé ceux qui s’y trouvaient.64
Rossio (Praça de D. Pedro IV) · Largo do Caldas / Rua da Madalena · Café Gelo · Terreiro do Paço (Praça do Comércio) · Estêvão Giro
9 mai 1962: Grève de la faim à la cantine de la Cidade Universitária
9 mai 1962

Sur proposition d’Eurico Figueiredo, 81 étudiants commencent une grève de la faim dans la cantine de la Cidade Universitária, et quelque 1 500 de leurs camarades restent avec eux, par solidarité.12 Au petit matin du 11 mai, la police antiémeute encercle la cantine et les arrête un par un, malgré la médiation de professeurs comme Luís Lindley Cintra ; certains sont emmenés à Caxias, où un groupe d’étudiantes détenues continue de refuser la nourriture.23
Cantine de la Cidade Universitária · Cidade Universitária de Lisbonne (stade universitaire et facultés) · Fort de Caxias — la prison politique · Eurico Figueiredo · Luís Filipe Lindley Cintra
15 mai 1962 · femmes: Des écrivains de la SPE se solidarisent avec les étudiants
15 mai 1962

Des membres de la Société portugaise des écrivains (SPE) — parmi lesquels Sophia de Mello Breyner Andresen, José Cardoso Pires, José Saramago et Aquilino Ribeiro — ont signé une pétition de solidarité avec les associations d’étudiants en lutte.12 Trois ans plus tard, le gouvernement allait dissoudre la SPE.1
Société portugaise des écrivains (siège) · Sophia de Mello Breyner Andresen
28 mai 1962: Arrestation d’Eurico Figueiredo
28 mai 1962

Eurico Figueiredo, président de la Commission pro-association des étudiants en médecine, est arrêté et conduit à l’Aljube.1 Son arrestation suscite un fort mouvement de solidarité étudiante, avec des manifestations réprimées par la police, jusqu’à sa libération.1 Le même jour, quelqu’un a photographié depuis le balcon de la Maison des étudiants de l’Empire un camion de la police antiémeute.2
Prison de l’Aljube · Maison des étudiants de l’Empire (CEI) · Eurico Figueiredo
du juin 1962 au 3 décembre 1969 · femmes: Exil de Maria Lamas à Paris
du juin 1962 au 3 décembre 1969
Persécutée, Maria Lamas s’exile à Paris, où elle aide les réfugiés portugais qui y arrivent et poursuit son activité dans les congrès internationaux des femmes et de la paix.541 Elle rentre au Portugal le 3 décembre 1969 et va vivre à Évora, avec sa fille.1
4 juin 1962: Charge policière à la faculté de médecine ; Lindley Cintra frappé
4 juin 1962

La police antiémeute a chargé des étudiants et des professeurs à l’entrée de la faculté de médecine.2 Le philologue Luís Lindley Cintra, professeur à la faculté des lettres, qui tentait de dialoguer avec la police, a été frappé et soigné à l’hôpital ; l’agression lui a valu la solidarité de ses collègues, et les étudiants lui ont ensuite offert un tableau du peintre Fernando Azevedo.1
Cidade Universitária de Lisbonne (stade universitaire et facultés) · Luís Filipe Lindley Cintra
14 juin 1962: Une assemblée générale au Técnico suspend le deuil académique
14 juin 1962

À l’approche des examens, une assemblée générale à l’Instituto Superior Técnico a voté à la majorité la suspension du deuil académique ; la contestation a continué autour de l’arrestation des dirigeants, surtout d’Eurico Figueiredo, et des procédures disciplinaires.1 Fin juin, un arrêté ministériel a exclu 21 grévistes, pour 30 mois, de toutes les écoles de Lisbonne.2
20 juin 1962: Manifestation pour la libération de l’étudiant Eurico Figueiredo
20 juin 1962

Une manifestation de soutien au dirigeant étudiant Eurico Figueiredo, emprisonné à l’Aljube, devait s’achever devant la prison, mais une charge de la police antiémeute près de la cathédrale (Sé) la disperse ; les étudiants continuent vers la Baixa en criant « Liberté ! Autonomie ! » (Liberdade! Autonomia!).1
Cathédrale patriarcale de Lisbonne (Sé) · Prison de l’Aljube · Eurico Figueiredo
décembre 1962: Fondation du Front patriotique de libération nationale (FPLN)
décembre 1962

Des secteurs de l’opposition créent le Front patriotique de libération nationale, un mouvement unitaire dont la délégation extérieure est installée en Algérie, où elle fonctionnera jusqu’au 25 Avril.12 Humberto Delgado allait en prendre la présidence en 1964, pour rompre avec lui quelques mois plus tard.1
1963
janvier 1963: Naissance de la revue « O Tempo e o Modo »
janvier 1963

Fondée par des catholiques progressistes comme António Alçada Baptista, son premier directeur, et João Bénard da Costa, avec des socialistes laïques comme Mário Soares et des jeunes issus des luttes étudiantes de 1962, la revue O Tempo e o Modo (Le Temps et la Manière) devient l’un des principaux espaces de débat et d’opposition à la dictature.1
23 janvier 1963: Le PAIGC commence la lutte armée en Guinée
23 janvier 1963

Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), dirigé par Amílcar Cabral, lance la lutte armée contre le colonialisme portugais en Guinée, moins de quatre ans après le massacre de Pidjiguiti.12
18 mars 1963 · femmes: Fin de l’interdiction du mariage des infirmières
18 mars 1963
Le décret-loi n° 44 923 du 18 mars admet désormais comme infirmières dans les hôpitaux des femmes mariées et des veuves avec enfants, « lorsque les besoins du service conseillent cette admission ».2 Tombait ainsi, après une lutte de 25 ans, la règle imposée en 1938 et réaffirmée en 1942, qui n’acceptait que des célibataires ou des veuves sans enfants.13 Mais le texte lui-même répétait que la place de la femme mariée était le foyer, « où lui est réservée la plus noble mission ».2
1964
1er mai 1964: Mort de David Almeida Reis près de l’Elevador da Glória
1er mai 1964

Pendant la manifestation du 1er Mai, le travailleur David Almeida Reis est tué par des agents de la PIDE devant ce qui était alors le café Palladium, près de l’Elevador da Glória, aux abords du Palácio Foz.1
juillet 1964 · femmes: Arrestation de Maria Lourença Cabecinha
juillet 1964

La permanente clandestine du Parti communiste portugais (PCP) Maria Lourença Cabecinha, ouvrière agricole de l’Alentejo, est arrêtée et conduite à Caxias, où elle subit des interrogatoires pénibles et une torture psychologique ; en prison, elle apprend les mathématiques et la géographie avec Maria Alda Nogueira.1 Condamnée en janvier 1965 à deux ans et dix mois de réclusion et à des mesures de sûreté, elle ne sort qu’en septembre 1969.1
Fort de Caxias — la prison politique · Maria Lourença Cabecinha · Maria Alda Nogueira
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Trois femmes de la campagne — Eulália Miranda, Hermínia Vicente et Maria Lourença Cabecinha — dans un témoignage commun recueilli par le musée de l’Aljube le 19 octobre 2016. D’après les mots-clés du musée, elles parlent de la lutte pour la journée de 8 heures, de la clandestinité au sein du Parti communiste portugais (PCP), des enfants de clandestins, de la détention et des interrogatoires à Caxias.
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25 septembre 1964: Le FRELIMO commence la lutte armée au Mozambique
25 septembre 1964
Le Front de libération du Mozambique (FRELIMO) lance la lutte armée au Mozambique, le troisième front de la guerre coloniale, après l’Angola et la Guinée.1 Mueda, où, en 1960, les autorités avaient ouvert le feu sur les Makondés, reste dans les mémoires comme le prélude de cette guerre.1
1965
26 janvier 1965: Manifestation devant l’Aljube pour la libération d’étudiants
26 janvier 1965

Le 21 janvier, la PIDE arrête une cinquantaine de dirigeants étudiants de l’Université de Lisbonne et les enferme dans les « curros » (cellules d’isolement) de l’Aljube ; lors de la Journée de l’université, une mère interrompt le recteur en criant « Libérez mon fils ».1 Le 26, des proches et des étudiants manifestent devant la porte de la prison et sont chargés par la police antiémeute.1 Quelques mois plus tard, la prison de l’Aljube allait fermer.1
13 février 1965 · femmes: La PIDE assassine Humberto Delgado et Arajaryr Campos
13 février 1965

Le général Humberto Delgado et sa secrétaire, Arajaryr Campos, sont assassinés par une brigade de la PIDE dans une embuscade en Espagne, près de Badajoz : c’était l’« opération Automne » (Operação Outono), préparée depuis la révolte de Beja.4153 Les corps n’ont été retrouvés qu’en avril, à Villanueva del Fresno, près de la frontière.42 En 1990, la dépouille du général a été transférée au Panthéon national.6
Église de Santa Engrácia – Panthéon national · Humberto Delgado · Arajaryr Campos
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Frente Patriótica de Libertação Nacional
- 2Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Candidatura de Humberto Delgado – uma jornada de resistência
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Humberto da Silva Delgado (biografia)
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Arajaryr Canto Moreira Campos (biografia)
- 6Panteão Nacional – Museus e Monumentos de Portugal
- 7Reverso / revista Sábado
21 avril 1965 · femmes: Arrestation et torture de Conceição Matos
21 avril 1965

À quatre heures du matin, la PIDE, avec la Garde nationale républicaine (GNR), entre dans la maison de Montijo où Conceição Matos vivait dans la clandestinité ; quelques heures plus tard, la police arrête aussi son compagnon, Domingos Abrantes, qui s’était évadé de Caxias en 1961.13 Conduite au siège de la PIDE, dans la Rua António Maria Cardoso, puis à Caxias, elle passe un an et demi en prison ; lors des interrogatoires, elle est battue, déshabillée et humiliée, sans jamais parler.123
Siège de la PVDE / PIDE / DGS · Fort de Caxias — la prison politique · Conceição Matos · Domingos Abrantes
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Conceição Matos et Domingos Abrantes racontent ensemble, dans un témoignage recueilli par le musée le 7 octobre 2015, la clandestinité, les emprisonnements et la torture. Les mots-clés du musée incluent la prison de l’Aljube, Caxias, les interrogatoires de la PIDE et l’évasion de Caxias.
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21 mai 1965: Dissolution de la Société portugaise des écrivains et attaque de son siège
21 mai 1965, 22 h 00

Après que la Société portugaise des écrivains eut primé Luuanda, de Luandino Vieira, alors emprisonné à Tarrafal, le ministre de l’Éducation nationale l’a dissoute par arrêté.23 Cette nuit-là, vers 22 h, le siège, dans la Rua da Escola Politécnica, a été pris d’assaut et saccagé par des « inconnus » soutenus par la PIDE, qui ont laissé l’écriteau « Agence des terroristes en Métropole » (Agência dos terroristas na Metrópole).1 Tout le jury a été interrogé par la PIDE — y compris Fernanda Botelho, la seule femme — et trois jurés, Alexandre Pinheiro Torres, Augusto Abelaira et Manuel da Fonseca, sont restés en détention.14
Société portugaise des écrivains (siège) · Camp de concentration de Tarrafal (Cap-Vert) · José Luandino Vieira · Fernanda Botelho
août 1965: Fermeture de la prison politique de l’Aljube
août 1965

Après des protestations nationales et internationales contre les conditions des « curros » (cellules d’isolement) — parmi lesquelles la visite, en 1963, du Britannique Lord Russell of Liverpool —, la prison politique de l’Aljube est fermée et les prisonniers sont transférés à Caxias, où la redoute Nord est agrandie pour les accueillir.143 Quelques mois plus tôt, la manifestation devant la porte de la prison pour la libération des étudiants qui y étaient détenus avait été chargée par la police.2
6 septembre 1965: Fermeture de la Maison des étudiants de l’Empire
6 septembre 1965

Le ministre de l’Éducation nationale dissout la Maison des étudiants de l’Empire, sous prétexte qu’elle n’était rattachée à aucun établissement d’enseignement ; la PIDE interroge la direction, s’installe dans les bâtiments et confisque archives, bibliothèque et mobilier.13 Ainsi prenaient fin vingt et un ans d’une maison par laquelle étaient passés Agostinho Neto, Amílcar Cabral et bien d’autres futurs dirigeants des mouvements de libération.4
Maison des étudiants de l’Empire (CEI) · Agostinho Neto · Amílcar Cabral
4 octobre 1965: Le manifeste des « 101 catholiques » contre la politique coloniale
4 octobre 1965

Paraît le manifeste des « 101 catholiques contre la politique coloniale de la dictature », qui réunit des personnalités comme Alçada Baptista, Helena Cidade Moura, João Bénard da Costa, Ruy Belo, Sophia de Mello Breyner Andresen et Nuno Teotónio Pereira.12 Le manifeste marque le soutien déclaré de secteurs catholiques à l’opposition et dénonce ouvertement Salazar et le régime.1
1966
1966 · femmes: Natália Correia publie l’« Antologia de Poesia Portuguesa Erótica e Satírica », que la censure saisit
1966

La poète Natália Correia, partisane d’Humberto Delgado, publie aux éditions Afrodite, de Fernando Ribeiro de Mello, l’Antologia de Poesia Portuguesa Erótica e Satírica (Anthologie de poésie portugaise érotique et satirique), des chansonniers médiévaux à nos jours, avec des illustrations de Cruzeiro Seixas ; la censure la saisit et une longue procédure judiciaire s’ouvre, dont la première pièce est datée du 17 janvier 1966.32 Le jugement ne serait rendu que le 21 mars 1970, à l’issue du procès devant le tribunal plénier.3 Plus tard, comme directrice littéraire des éditions Estúdios Cor, Natália serait poursuivie pour la publication des Novas Cartas Portuguesas (Nouvelles Lettres portugaises).1
25 novembre 1966 · femmes: Le nouveau Code civil maintient le mari comme « chef de la famille »
25 novembre 1966
Le décret-loi n° 47 344 approuve le nouveau Code civil, qui entre en vigueur le 1er juin 1967. L’article 1674, « Pouvoir marital », dispose que « le mari est le chef de la famille ; il lui revient, en cette qualité, de la représenter et de décider de tous les actes de la vie conjugale commune ».1 À la femme revient le gouvernement domestique ; hors des professions libérales et de la fonction publique, s’il n’y a pas donné son consentement, le mari peut à tout moment faire cesser le contrat de travail de sa femme.2 Pour la juriste Elina Guimarães, le Code rétablissait dans l’abstrait le pouvoir marital, même s’il élargissait dans la pratique la capacité de la femme mariée.2 Le mari « chef de la famille » n’a disparu qu’avec la révision de 1977.3
1967
17 mai 1967: La LUAR attaque la Banque du Portugal à Figueira da Foz
17 mai 1967
Lors de l’« opération Mondego », dirigée par Palma Inácio — celui-là même qui, en 1961, avait détourné un avion de la TAP —, la Ligue d’unité et d’action révolutionnaire (LUAR) attaque l’agence de la Banque du Portugal à Figueira da Foz pour financer la lutte contre la dictature.123 Les assaillants s’enfuient à bord d’un petit avion, font mine de mettre le cap sur l’Afrique du Nord et gagnent la France par l’Espagne.1
juin 1967 · femmes: Arrestation d’Helena Pato
juin 1967

Helena Pato, active au sein du Parti communiste portugais (PCP) et de la Commission de secours aux prisonniers politiques, est arrêtée et conduite à Caxias.1 Soupçonnée de liens avec la lutte armée, elle subit un long isolement, des coups et la torture du sommeil, jusqu’à sa libération en novembre.1
Fort de Caxias — la prison politique · Helena Pato
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Helena Pato raconte, dans un témoignage recueilli par le musée de l’Aljube le 30 septembre 2015, son arrestation par la PIDE, les interrogatoires, la torture et l’isolement à Caxias. Les mots-clés du musée mentionnent aussi les femmes, la solidarité et le secours aux prisonniers politiques.
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25–26 novembre 1967: Les inondations de la région de Lisbonne révèlent la misère cachée par le régime
25–26 novembre 1967

Dans la nuit du 25 au 26 novembre, une trombe d’eau dévaste des quartiers pauvres et des bidonvilles du Grand Lisbonne : officiellement 462 morts, peut-être 700.12 La censure ordonne de taire les morts et l’action des étudiants, qui se mobilisent pour les secours — parmi eux José António Ribeiro Santos — et publient le journal Solidariedade Estudantil (Solidarité étudiante) ; des voix comme celle de l’architecte Nuno Teotónio Pereira désignent l’urbanisation désordonnée comme la cause de la tragédie.13
10 décembre 1967: La presse britannique révèle le scandale « Ballet Rose »
10 décembre 1967

Des journaux britanniques font état d’un réseau de prostitution et d’abus sur mineurs — des enfants de neuf et dix ans venus des régions les plus pauvres du pays — dans lequel étaient impliquées de hautes personnalités du régime.1 Salazar et le directeur de la PIDE, Silva Pais, étouffent l’affaire ; Mário Soares, accusé d’être la source des informations, est arrêté, passe Noël à l’isolement à Caxias et est déporté à Sao Tomé.1
Fort de Caxias — la prison politique · Mário Soares · Silva Pais
1968
1968 · femmes: Fondation du Mouvement démocratique des femmes
1968
Le Mouvement démocratique des femmes naît lors d’une assemblée à la Padaria do Povo, à Lisbonne, et réunit des héritières du Conseil national des femmes portugaises et de l’Association féminine portugaise pour la paix, comme Maria Alda Nogueira ; Isabel do Carmo compte parmi les fondatrices.43 L’année suivante, il organise des actions pour la Journée internationale des droits des femmes à Lisbonne, à Porto, à Setúbal et à Évora ; le 21 octobre 1973, il tient sa première Rencontre nationale, à Cova da Piedade, avec 250 femmes, présidée par Luísa Amorim, Helena Neves et Berta Monteiro.14 Après 1974, Maria Lamas sera sa présidente d’honneur.25
Coopérative « A Padaria do Povo » · Isabel do Carmo · Maria Lamas · Maria Alda Nogueira · Helena Neves
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Dia Internacional da Mulher
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Maria Lamas
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Isabel do Carmo (testemunho e biografia)
- 4MDM – Movimento Democrático de Mulheres: A nossa história – MDM 1968-2023
- 5MDM – Movimento Democrático de Mulheres: Maria Lamas
- 6Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Helena Pato (testemunho e biografia)
du juillet 1968 au 3 juillet 1968: La « grève de la sacoche » (Greve da Mala) à la Carris de Lisbonne
du juillet 1968 au 3 juillet 1968
1968–1974Les années Caetano
Marcelo Caetano succède à Salazar et promet une ouverture. La guerre continue, la police change de nom, et le Mouvement des capitaines voit le jour.80 dates34 femmes
1968
27 septembre 1968: Marcelo Caetano succède à Salazar à la tête du gouvernement
27 septembre 1968

Salazar étant écarté par la maladie, Marcelo Caetano est nommé président du Conseil et le nouveau gouvernement entre en fonctions au Palácio de Belém ; le lendemain, Caetano fait une déclaration au pays au palais de l’Assemblée nationale.124 Son arrivée apporte une « timide ouverture », que la dictature s’est vite empressée de contenir.3
Palácio de Belém · Palácio de São Bento · Marcelo Caetano · António de Oliveira Salazar
8 décembre 1968: La PIDE envahit l’association des étudiants du Técnico
8 décembre 1968

La PIDE envahit l’association des étudiants de l’Instituto Superior Técnico, saisit des documents, identifie des étudiants et suspend les dirigeants ; l’association et l’IST sont fermés jusqu’à la fin des vacances, et la communauté universitaire de Lisbonne décrète le « deuil académique » (luto académico).123 Suit l’invasion de la Cidade Universitária par la police — une intimidation qui allait devenir récurrente.1
Instituto Superior Técnico · Cidade Universitária de Lisbonne (stade universitaire et facultés)
26 décembre 1968 · femmes: Une loi égalise pour la première fois les conditions de vote des femmes et des hommes
26 décembre 1968
La loi n° 2137 du 26 décembre reconnaît comme électeurs de l’Assemblée nationale tous les citoyens portugais, majeurs ou émancipés, qui savent lire et écrire le portugais — sans distinguer hommes et femmes —, ainsi que ceux qui avaient déjà été inscrits sur les listes électorales en vertu de la loi n° 2015 de 1946.4 C’était la première fois que les hommes et les femmes votaient dans les mêmes conditions, mais l’obligation de savoir lire et écrire écartait beaucoup plus de femmes : au début des années 1970, une sur trois ne savait pas lire.123
du 31 décembre 1968 au 1er janvier 1969 · femmes: Veillée pour la paix à l’église de São Domingos
du 31 décembre 1968 au 1er janvier 1969

Dans la nuit du 31 décembre, après la messe du cardinal Cerejeira, plus de cent catholiques sont restés en veillée dans l’église de São Domingos jusqu’à 6 h du matin le 1er janvier, Journée mondiale de la paix, en dénonçant la « compromission politique de l’Église face à l’État » et la guerre coloniale.3 Étaient présents, entre autres, Nuno Teotónio Pereira, chez qui la veillée avait été convenue, et Francisco de Sousa Tavares.31 Francisco Fanhais y a chanté la « Cantata da Paz » (Cantate de la paix), que Sophia de Mello Breyner Andresen a écrite pour cette nuit-là : « Nous voyons, nous entendons et nous lisons / Nous ne pouvons pas ignorer » (Vemos, ouvimos e lemos / Não podemos ignorar).32
Église de São Domingos · Sophia de Mello Breyner Andresen · Nuno Teotónio Pereira · Francisco Fanhais
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Témoignage de Francisco Fanhais recueilli par le musée de l’Aljube le 15 janvier 2020. D’après les mots-clés du musée, il parle des catholiques et de l’Église, de la PIDE, de la guerre coloniale, de la Ligue d’unité et d’action révolutionnaire (LUAR), de la musique engagée et de la censure.
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Museu do Aljube Resistência e Liberdade, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».
1969
1969 · femmes: Sophia de Mello Breyner et Maria Barroso candidates de l’opposition
1969

Aux élections de 1969 à l’Assemblée nationale, Sophia de Mello Breyner Andresen et Maria Barroso sont candidates à la députation pour l’opposition, sur les listes de la Commission électorale d’unité démocratique (CEUD), selon l’Assemblée de la République.1 La même année se constitue la Commission nationale de secours aux prisonniers politiques, dont Sophia a été membre.12
Sophia de Mello Breyner Andresen · Maria Barroso
- 1Assembleia da República
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 3Fundação Mário Soares e Maria Barroso
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade
- 5Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): «No comício democrático em Santarém» (Diário de Lisboa, 6 de outubro de 1969)
- 6Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): Sessão de propaganda da CEUD no Tivoli (Diário de Lisboa, 12 de outubro de 1969)
24 février 1969 · femmes: « Desfolhada Portuguesa » remporte le Grande Prémio TV da Canção, au théâtre São Luiz
24 février 1969

Retransmis en direct du théâtre São Luiz — la première fois que le festival sortait des studios — et présenté par l’actrice Maria de Lourdes Norberto, le Grande Prémio TV da Canção est remporté par la « Desfolhada Portuguesa », poème de José Carlos Ary dos Santos et musique de Nuno Nazareth Fernandes, chantée par Simone de Oliveira.123 Parmi les concurrentes figure aussi Teresa Paula Brito.1 La censure laisse passer le vers « Qui fait un enfant le fait par plaisir » (Quem faz um filho, fá-lo por gosto), qui heurte la morale la plus conservatrice ; la chanteuse sera insultée dans la rue et sera à deux doigts d’être arrêtée.34
Théâtre São Luiz · Simone de Oliveira · Teresa Paula Brito
8 mars 1969 · femmes: Des femmes se réunissent dans la Serra de Sintra pour la Journée internationale des droits des femmes
8 mars 1969
Un an après la fondation du Mouvement démocratique des femmes (MDM), de nombreuses dizaines de femmes de Lisbonne et des environs se retrouvent dans la Serra de Sintra et, malgré la présence intimidante de la police, distribuent 5 000 exemplaires du manifeste A Mulher na Luta (La Femme dans la lutte).1 À Porto, des commissions d’ouvrières se rassemblent contre la hausse du coût de la vie et remettent leurs revendications au gouvernement civil.1
17 avril 1969: La crise universitaire de 1969 commence à Coimbra
17 avril 1969
À Coimbra éclate la crise universitaire de 1969, qui mène à la grève des cours puis au boycott des examens de juin.1 Elle venait de loin : en décembre 1968, quand la PIDE avait envahi l’association des étudiants du Técnico, Coimbra s’était montrée solidaire, et en février la liste du Conselho das Repúblicas (Conseil des républiques) avait conquis l’Association académique.2
15–17 mai 1969 · femmes: IIe Congrès républicain d’Aveiro
15–17 mai 1969

Quelque 1 500 participants débattent au Teatro Aveirense, entre autres sujets, de l’égalité des droits des femmes, de la fin de la censure et de la guerre coloniale ; Maria Lamas et Aida Magro envoient des messages, et parmi les congressistes figurent Virgínia Moura, Mário Soares et Emídio Santana.12 Le Ier Congrès s’était réuni en 1957.1
Maria Lamas · Aida Magro · Virgínia Moura · Mário Soares · Emídio Santana
du 26 mai au 29 décembre 1969 · femmes: « Zip-Zip » débute sur la RTP, enregistré en public au théâtre Villaret
du 26 mai au 29 décembre 1969

La RTP lance « Zip-Zip », de Raul Solnado, Carlos Cruz et Fialho Gouveia, enregistré en public au théâtre Villaret ; dans la première émission, l’invité est Almada Negreiros, et l’actrice Laura Soveral dit son poème « Pede-se a uma criança: desenha uma flor! » (On demande à un enfant : dessine une fleur !).1 Jusqu’au 29 décembre, l’émission révèle une génération de « baladeiros » (chanteurs de ballades) : c’est là que Manuel Freire chante, pour la première fois en public, la « Pedra Filosofal » (Pierre philosophale), et là que la censure interdit comme « obscène » la chanson qu’Ana Maria Teodósio avait choisie.43
Théâtre Villaret · Manuel Freire · Ana Maria Teodósio
RTP Arquivos : Entrevista a Almada Negreiros no “Zip-Zip”
RTP Arquivos : Zip Zip – Parte II
- 1RTP Arquivos: Entrevista a Almada Negreiros no «Zip-Zip» (primeiro programa, 26 de maio de 1969)
- 2RTP Arquivos: Almada Negreiros no Zip Zip (fotografia da primeira emissão, datada de 24 de maio de 1969)
- 3RTP Arquivos: Zip Zip – Parte II (último programa da série, 29 de dezembro de 1969)
- 4Observador
- 5Time Out Lisboa
octobre 1969: Campagne de la Commission démocratique électorale (CDE) de Lisbonne
octobre 1969
Pour les élections d’octobre à l’Assemblée nationale, la Commission démocratique électorale (CDE) de Lisbonne publie le bulletin Movimento Democrático (Mouvement démocratique), dont le n° 1 paraît le 9 octobre.1 La CDE de Lisbonne compte, parmi d’autres militantes, Isabel do Carmo ; Emídio Santana parle de questions syndicales dans des meetings de la CDE et de la Commission électorale d’unité démocratique (CEUD).23
Isabel do Carmo · Emídio Santana
- 1Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade
- 3Wikipédia
- 4Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): «A primeira sessão pública da C.D.E. de Lisboa» (Diário de Lisboa, 4 de outubro de 1969)
- 5Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): «O último comício da C.D.E. no Teatro Vasco Santana» (Diário de Lisboa, 22 de outubro de 1969)
25 octobre 1969 · femmes: La femme mariée n’a plus besoin de l’autorisation de son mari pour avoir un passeport
25 octobre 1969
Le décret n° 49 317 du 25 octobre supprime l’autorisation du mari pour que la femme mariée puisse avoir un passeport : le gouvernement lui-même reconnaissait qu’elle n’avait plus besoin de cette autorisation pour « prendre des décisions bien plus importantes ».2 Cette exigence, a rappelé Elina Guimarães, conduisait beaucoup de maris séparés à la refuser ou à faire du chantage ; la même année, la nouvelle loi sur le contrat de travail a maintenu au mari le droit de s’opposer au travail de sa femme.1
26 octobre 1969: Élections de 1969 à l’Assemblée nationale
26 octobre 1969
L’opposition se présente divisée — la Commission démocratique électorale (CDE) et la Commission électorale d’unité démocratique (CEUD) —, sous la répression et avec les habituelles violations de la loi, et l’Action nationale populaire, le parti du régime, l’emporte.12 Sur ses listes entre ce qu’on appelle l’« aile libérale » (Sá Carneiro, Pinto Balsemão, Miller Guerra, entre autres), dont beaucoup finiraient par renoncer à leur mandat après la révision constitutionnelle de 1971.13
RTP Arquivos : Primeira conferência de imprensa da Comissão Eleitoral de Unidade Democrática
24 novembre 1969: La PIDE prend le nom de Direction générale de la sécurité
24 novembre 1969
Le décret-loi n° 49 401 supprime la Police internationale et de défense de l’État, créée en 1945, et crée au ministère de l’Intérieur la Direction générale de la sécurité (DGS), qui lui succède comme police politique.32 La DGS allait être dissoute le 25 avril 1974.1
4–15 décembre 1969 · femmes: Grève des ouvrières de la Penteadora, à Unhais da Serra
4–15 décembre 1969
À l’usine de lainages Penteadora, à Unhais da Serra (Covilhã), où travaillaient quelque 500 personnes, surtout des femmes de 14 à 30 ans, les ouvrières refusent de faire fonctionner deux fois plus de machines — 800 broches au lieu de 400 — et font la grève des bras croisés.1 Le 12 décembre, la Garde nationale républicaine (GNR) braque sur elles des mitraillettes et il y a des licenciements ; les travailleuses finissent par l’emporter et gardent 400 broches.1
27 décembre 1969 · femmes: Les institutrices n’ont plus besoin d’autorisation pour se marier
27 décembre 1969

Le décret-loi n° 49 473, signé par Marcelo Caetano et par le ministre de l’Éducation nationale, José Hermano Saraiva, abroge l’article 9 du décret de 1936, qui subordonnait le mariage des institutrices à l’autorisation du ministre. Le gouvernement reconnaissait que cette exigence était « depuis longtemps devenue une formalité bureaucratique qui entrave le mariage des institutrices ».1
1970
1970 · femmes: Pintasilgo dirige le premier groupe de travail sur la femme
1970

Alors que le refus d’accorder l’indépendance aux colonies tend ses relations internationales, le régime se propose de connaître la situation des femmes portugaises.14 Le ministère des Corporations et de la Prévoyance sociale fait appel à Maria de Lourdes Pintasilgo, qui y était consultante, et naît alors le Groupe de travail pour la définition d’une politique nationale globale concernant la femme, embryon de la future Commission de la condition féminine.14
1970: Francisco Fanhais empêché d’être prêtre, d’enseigner et de chanter en public
1970

Pour avoir assisté au mariage de l’ancien prêtre Felicidade Alves, Francisco Fanhais, qui avait chanté la « Cantata da Paz » (Cantate de la paix) lors de la veillée de São Domingos, est empêché d’exercer le sacerdoce et d’enseigner dans les écoles publiques, et il lui est aussi interdit de chanter en public.1 Professeur de religion et de morale, il faisait ses cours à partir des chansons contestataires de l’époque.2 En avril 1971, il est parti pour la France, emmené en voiture par José Afonso.1
Francisco Fanhais · José Afonso (Zeca Afonso)
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Témoignage de Francisco Fanhais recueilli par le musée de l’Aljube le 15 janvier 2020. D’après les mots-clés du musée, il parle des catholiques et de l’Église, de la PIDE, de la guerre coloniale, de la Ligue d’unité et d’action révolutionnaire (LUAR), de la musique engagée et de la censure.
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janvier 1970 · femmes: Arrestation de Diana Andringa
janvier 1970

La journaliste Diana Andringa est arrêtée dans l’agence de publicité où elle travaillait, après l’arrestation en Angola de militants anticoloniaux avec qui elle était en contact, et passe deux mois et demi à l’isolement à Caxias.1 Elle allait être jugée par le tribunal plénier en 1971.1
Fort de Caxias — la prison politique · Diana Andringa
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Témoignage de Diana Andringa recueilli par le musée de l’Aljube le 19 avril 2017. D’après les mots-clés du musée, elle parle du mouvement étudiant, du soutien aux prisonniers politiques, de ses liens avec le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) et la lutte de libération, de sa détention et des interrogatoires à Caxias, et de son procès devant le tribunal plénier.
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17–21 mars 1970 · femmes: Natália Correia jugée par le tribunal plénier pour l’« Antologia »
17–21 mars 1970

Devant le tribunal plénier criminel de Lisbonne s’ouvre le procès de l’Antologia de Poesia Portuguesa Erótica e Satírica (Anthologie de poésie portugaise érotique et satirique), organisée par Natália Correia et saisie en 1966.1 Le 21 mars 1970, Natália et l’éditeur, Fernando Ribeiro de Mello, sont condamnés à 90 jours de prison convertis en amende ; Mário Cesariny, Luiz Pacheco, Ary dos Santos et Melo e Castro, à 45 jours.1
27 juillet 1970: Mort de Salazar
27 juillet 1970
Près de deux ans après que la maladie l’a écarté de la tête du gouvernement, António de Oliveira Salazar meurt à Lisbonne.1
21 août 1970 · femmes: Maria Teresa Lobo, première femme dans un gouvernement portugais
21 août 1970

Marcelo Caetano nomme Maria Teresa Cárcomo Lobo sous-secrétaire d’État à la Santé et à l’Assistance : c’est la première femme à faire partie d’un gouvernement au Portugal.1 Elle entre en fonctions au Palácio de Belém et reste en poste jusqu’au remaniement de novembre 1973.1 Le 20 août 1970, le quotidien du soir A Capital annonçait la nouvelle : « Une dame (pour la première fois) membre du gouvernement » (Uma senhora (pela primeira vez) membro do Governo).12
1er octobre 1970: Création de l’Intersindical
1er octobre 1970
L’Intersindical est créée : « la première centrale syndicale portugaise », selon le Centre de documentation 25 Avril.1 Avant elle, sous la République, il y avait eu la Confédération générale du travail, centrale ouvrière anarcho-syndicaliste fondée en 1919.2
2 octobre 1970 · femmes: Suicide d’Albina Fernandes
2 octobre 1970

Deux ans après être sortie de Caxias, le système nerveux détruit par six ans et sept mois de prison, Albina Fernandes se suicide.1 La Commission nationale de secours aux prisonniers politiques — dans un télégramme à Marcelo Caetano signé, entre autres, par Cecília Areosa Feio, Maria Eugénia Varela Gomes et Sophia de Mello Breyner Andresen — tient le gouvernement pour responsable, et les obsèques se transforment en manifestation de protestation.1 Sofia Ferreira allait accuser le médecin de la PIDE de lui avoir refusé des soins en prison.1
Fort de Caxias — la prison politique · Albina Fernandes · Sofia Ferreira · Sophia de Mello Breyner Andresen
26 octobre 1970: L’ARA sabote le navire « Cunene » dans le bassin d’Alcântara
26 octobre 1970

L’Action révolutionnaire armée (ARA), bras armé du Parti communiste portugais (PCP), revendique sa première action : deux explosions sur le navire « Cunene », qui transportait des armes et des marchandises pour les troupes coloniales et se retrouve « inondé et immobilisé » dans le bassin d’Alcântara.12 L’action avait été étudiée et décidée au sein du commandement central de l’ARA par Jaime Serra, Francisco Miguel et Raimundo Narciso.12
10 novembre 1970: « La Chanson de Combat Portugaise » : les chanteurs exilés à Paris
10 novembre 1970

Dans l’auditorium de la Maison de la Mutualité, à Paris, chantent Sérgio Godinho, José Mário Branco, Tino Flores et Luís Cília, tous exilés en France, et José Afonso.1 Vers la fin, un groupe d’extrême gauche interrompt José Afonso, l’accusant de pactiser avec le régime parce qu’il reste au Portugal au lieu de choisir l’exil, et il ne parvient plus à chanter « Cantar Alentejano » (Chant de l’Alentejo).1 L’enregistrement du concert est conservé dans les archives d’Antena 1.1
Sérgio Godinho · José Mário Branco · Luís Cília · José Afonso (Zeca Afonso)
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Témoignage de Luís Cília recueilli par le musée de l’Aljube en janvier 2024. La biographie que le musée publie avec lui rappelle la désertion, l’exil à Paris à partir de 1964 et le retour au Portugal le 30 avril 1974.
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20 novembre 1970: Trois bombes de l’ARA à Lisbonne
20 novembre 1970
L’Action révolutionnaire armée (ARA) fait exploser au petit matin trois engins, chacun contre l’un des fronts de sa lutte : près de l’école technique de la PIDE, sur l’Estrada de Benfica, à Sete Rios (la répression) ; au Centre culturel des États-Unis, sur l’Avenida Duque de Loulé (l’impérialisme) ; et sur le Cais da Fundição, où la cargaison destinée au navire « Niassa », prêt à transporter du matériel de guerre, a explosé dans l’entrepôt (la guerre coloniale).123 La bombe de l’école de la PIDE, laissée dans la rue, a tué un garçon de 15 ans qui rentrait d’une nuit de travail : ce fut la seule victime mortelle des actions de l’ARA.13
22–23 novembre 1970: Opération Mar Verde : l’invasion de Conakry
22–23 novembre 1970

António de Spínola, que Marcelo Caetano avait choisi pour la Guinée, donne son feu vert à l’invasion de la Guinée-Conakry par des forces portugaises, pour renverser Sékou Touré, capturer Amílcar Cabral, libérer une vingtaine de Portugais qui y étaient détenus et détruire des objectifs militaires.12 L’opération, proposée par Alpoim Calvão, échoue, viole le droit international et est condamnée à l’ONU ; le Portugal ne l’a jamais reconnue.12
1971
1971 · femmes: Maria Teresa Horta publie « Minha Senhora de Mim » (Ma dame de moi)
1971
Maria Teresa Horta publie Minha Senhora de Mim (Ma dame de moi), des poèmes qui reprennent les cantigas de amigo (chansons d’ami) pour défier la pensée patriarcale et défendre le droit de la femme à vivre pleinement sa sexualité.2 Comme Maina Mendes (1969), de Maria Velho da Costa, et Os Outros Legítimos Superiores (Les Autres Supérieurs légitimes, 1970), de Maria Isabel Barreno, le livre défiait les rôles que la dictature assignait aux femmes.1 La PIDE le saisit pour atteinte « à la morale traditionnelle de la nation », l’éditrice, Snu Abecassis, est menacée de voir fermer les éditions Dom Quixote si elle publie de nouveau l’autrice, et Maria Teresa Horta est rouée de coups dans la rue par trois hommes.2 C’est alors, en mai 1971, que les trois ont décidé d’écrire ensemble les Novas Cartas Portuguesas (Nouvelles Lettres portugaises) : « Si une femme seule provoque toute cette confusion, ce brouhaha, ce scandale, que se passerait-il si nous étions trois ? », a demandé Maria Velho da Costa.2
Maria Isabel Barreno · Maria Teresa Horta · Maria Velho da Costa
RTP Arquivos : Lançamento de “Minha Senhora de Mim” de Maria Teresa Horta
1971 · femmes: Natália Correia ouvre le Botequim, à Graça
1971

Au rez-de-chaussée de la Vila Sousa, sur le Largo da Graça, Natália Correia ouvre le Botequim — avec Isabel Meyrelles, Júlia Marenha et Helena Roseta, selon FCSH+Lisboa et le musée de l’Aljube ; en association avec Isabel Meyrelles, selon l’Imprensa Nacional.163 Elle y transporte le cénacle qu’elle réunissait chez elle dans les années 1950 et 1960.6 Dans les années 1970 et 1980, le bar, où Natália a chanté pendant de longues années, a été un lieu de rencontre d’écrivains et de personnalités politiques, avec des cénacles, des rencontres littéraires et du café-concert, et un lieu où l’on discutait librement de littérature, de politique et de féminisme.514 Helena Roseta l’a géré entre 1991 et 1993, et le Botequim a fermé après la mort de Natália, en 1993.71
Botequim · Appartement de Natália Correia · Natália Correia · Helena Roseta
- 1FCSH+Lisboa – NOVA FCSH: Natália Correia: todas as personalidades num botequim (19/4/2017)
- 2Museu do Aljube – Resistência e Liberdade
- 3Imprensa Nacional, 2024
- 4FCSH+Lisboa – NOVA FCSH: Graça em estado de graça (roteiro, 20/4/2017)
- 5RTP Ensina
- 6Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 7Assembleia da República
1971: La DGS concentre les interrogatoires dans la redoute Sud de Caxias
1971

La DGS transfère les interrogatoires — et, avec eux, la torture systématique — dans la redoute Sud de Caxias, juste à côté des prisonniers à l’isolement dans la redoute Nord, qui pouvaient ainsi être interrogés à toute heure.12 Les six salles d’interrogatoire sont équipées de magnétophones et d’un système qui permettait d’enregistrer ce qui s’y passait et aussi d’y diffuser des sons.1
du février 1971 au mars 1971 · femmes: Procès de Diana Andringa devant le tribunal plénier
du février 1971 au mars 1971

Diana Andringa, arrêtée en janvier 1970, est jugée par le tribunal plénier de Lisbonne en février et mars 1971 et condamnée à 20 mois de prison ; elle est libérée en septembre et retourne au journalisme.1
Tribunal de la Boa-Hora · Diana Andringa
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Témoignage de Diana Andringa recueilli par le musée de l’Aljube le 19 avril 2017. D’après les mots-clés du musée, elle parle du mouvement étudiant, du soutien aux prisonniers politiques, de ses liens avec le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) et la lutte de libération, de sa détention et des interrogatoires à Caxias, et de son procès devant le tribunal plénier.
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8 mars 1971: L’ARA détruit des hélicoptères sur la base aérienne de Tancos
8 mars 1971
Au petit matin du 8 mars, l’Action révolutionnaire armée (ARA) attaque la base aérienne n° 3, à Tancos, et détruit des hélicoptères et des avions utilisés dans la guerre coloniale.12 Les membres du commando étaient partis d’un appartement clandestin de l’ARA sur l’Avenida dos Estados Unidos da América, à Lisbonne.3
mai 1971 · femmes: Groupe de travail pour la participation des femmes à la vie économique et sociale
mai 1971

Le groupe dirigé par Maria de Lourdes Pintasilgo prend le nom de Groupe de travail pour la participation des femmes à la vie économique et sociale ; l’équipe s’agrandit et son champ d’action s’élargit.1
mai 1971 · femmes: Teresa Paula Brito chante « Minha Senhora de Mim », de Maria Teresa Horta
mai 1971
Avec le livre Minha Senhora de Mim (Ma dame de moi) est présenté le disque du même nom : des poèmes de Maria Teresa Horta sur une musique de Nuno Filipe, chantés par Teresa Paula Brito ; la RTP rend compte de la séance le 18 mai 1971.1 Selon le musicologue Luís Freitas Branco, le disque a vite disparu des magasins, et la chanteuse, quand elle l’a chanté au Coliseu, a été huée par ceux qui trouvaient les chansons trop sensuelles.2
Teresa Paula Brito · Maria Teresa Horta
RTP Arquivos : Lançamento de “Minha Senhora de Mim” de Maria Teresa Horta
3 juin 1971: L’ARA coupe les télécommunications de Lisbonne pendant la réunion de l’OTAN
3 juin 1971
Pendant la conférence ministérielle de l’OTAN à Lisbonne, trois membres de l’Action révolutionnaire armée (ARA) déguisés en ouvriers entrent dans le central de télécommunications avec deux charges explosives.1 L’explosion coupe toutes les communications de Lisbonne avec l’extérieur pendant six heures, cause un « grand embarras » au régime et est relayée à l’étranger.12
26–30 juillet 1971: Les employés de banque manifestent dans la Baixa de Lisbonne
26–30 juillet 1971
Pendant cinq jours, des employés de banque de Lisbonne et de Porto manifestent et exigent la libération du dirigeant syndical Daniel Cabrita ; la répression policière dans la Baixa de Lisbonne fait neuf blessés.1
16 août 1971: La révision constitutionnelle de 1971 promet une « plus grande autonomie » aux colonies
16 août 1971

Pour donner une apparence d’ouverture, l’Assemblée nationale adopte une révision constitutionnelle qui préconise une « plus grande autonomie » pour les provinces d’outre-mer, alors que le Portugal continuait d’ignorer les recommandations de l’ONU sur les territoires africains.1 La révision laisse intacte la concentration des pouvoirs entre les mains du président du Conseil et du président de la République, et beaucoup des députés de l’« aile libérale » allaient finir par renoncer à leur mandat.2
du 11 octobre au 4 novembre 1971: José Afonso enregistre « Cantigas do Maio » en France
du 11 octobre au 4 novembre 1971

Au Strawberry Studio du château d’Hérouville, en France, José Afonso enregistre Cantigas do Maio (Chansons de mai), produit par José Mário Branco, exilé depuis 1963.123 Francisco Fanhais, interdit de chanter au Portugal, a participé aux enregistrements.4 Le disque, édité par Orfeu, contenait « Grândola, Vila Morena » (Grândola, ville brune), écrite en 1964 et chantée pour la première fois en public à Saint-Jacques-de-Compostelle, le 10 mai 1972 ; deux ans plus tard, elle serait le signal de la révolution.1
José Afonso (Zeca Afonso) · José Mário Branco · Francisco Fanhais
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Témoignage de Francisco Fanhais recueilli par le musée de l’Aljube le 15 janvier 2020. D’après les mots-clés du musée, il parle des catholiques et de l’Église, de la PIDE, de la guerre coloniale, de la Ligue d’unité et d’action révolutionnaire (LUAR), de la musique engagée et de la censure.
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- 1Diário de Notícias: #50 «Grândola, vila morena» (José Afonso), José Afonso, 1971 — série «50 canções a chamar Abril»
- 2Diário de Notícias: #38 «Que força é essa» (Sérgio Godinho), Sérgio Godinho, 1972 — série «50 canções a chamar Abril»
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): José Mário Branco — biografia e testemunho (Vidas Prisionáveis, recolhido a 16 de maio de 2019)
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Francisco Fanhais — biografia e testemunho (recolhido a 15 de janeiro de 2020)
7 novembre 1971 · femmes: Première action armée des Brigades révolutionnaires
7 novembre 1971
Les Brigades révolutionnaires, nées d’une scission du Parti communiste portugais (PCP) conduite par Isabel do Carmo et Carlos Antunes sur la question de la lutte armée, réalisent leur première action : une bombe contre la base de l’OTAN de Fonte da Telha, où l’un des fondateurs travaillait comme ouvrier du bâtiment.123
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Isabel do Carmo, dans un témoignage recueilli par le musée de l’Aljube le 24 avril 2019. Les mots-clés du musée incluent le mouvement étudiant, la clandestinité, la lutte armée, la détention, la torture et l’isolement à Caxias, et l’emprisonnement après le 25 Avril.
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1972
avril 1972 · femmes: Parution des « Novas Cartas Portuguesas » (Nouvelles Lettres portugaises)
avril 1972

Les éditions Estúdios Cor, dont la directrice littéraire, Natália Correia, a refusé de couper des passages du texte, publient dans son intégralité le livre écrit à trois par Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta et Maria Velho da Costa : une dénonciation de la condition des femmes, de la guerre coloniale et du système judiciaire.15 Trois jours après sa sortie, la censure retire et détruit la première édition, et le régime poursuit les autrices et l’éditeur, Romeu de Melo, pour un livre au « contenu irrémédiablement pornographique et attentatoire à la morale publique ».124
Maria Isabel Barreno · Maria Teresa Horta · Maria Velho da Costa · Natália Correia
RTP Arquivos : Maria Velho da Costa
- 1Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 3Museu do Aljube – Resistência e Liberdade
- 4Imprensa Nacional, 2024
- 5CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
- 6Wikipédia (ponto de partida)
- 7Ephemera – Biblioteca e Arquivo de José Pacheco Pereira
- 8Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
juillet 1972: Les Brigades révolutionnaires lâchent des cochons « amiraux » sur le Rossio
juillet 1972

Le 11 juillet 1972, les Brigades révolutionnaires détruisent quinze camions Berliet de l’armée destinés à la guerre coloniale, avec des explosifs volés un mois plus tôt dans une carrière de Boliqueime, en Algarve : ce fut la première action des Brigades à frapper directement l’appareil colonial.1 Après la réélection d’Américo Tomás, le 25 juillet, elles lâchent en plein Rossio et à Alcântara deux cochons habillés en amiral, tandis que des pétards répandent des tracts contre la « farce électorale », « une grande guignolade et une cochonnerie ».12
septembre 1972: La censure interdit « Os Sobreviventes », de Sérgio Godinho
septembre 1972
Enregistré en avril 1971 au château d’Hérouville et produit par José Mário Branco, le premier 33 tours de Sérgio Godinho, exilé depuis l’âge de 20 ans, ne sort qu’en septembre 1972, pour ne pas faire concurrence à Mudam-se os Tempos, Mudam-se as Vontades (Les temps changent, les volontés changent), de Branco.1 Au Portugal, le disque est interdit trois jours après sa sortie, puis autorisé et de nouveau interdit ; malgré cela, en 1973, la Casa da Imprensa (Maison de la presse) lui décerne le prix de la Presse du meilleur disque.21
Sérgio Godinho · José Mário Branco
- 1Diário de Notícias
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 3Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): «O seu a seu dono» — os prémios de música ligeira da Casa da Imprensa (Diário de Lisboa, 1 de abril de 1972)
- 4Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): Nota de discos (Diário de Lisboa, 8 de setembro de 1972)
12 octobre 1972: L’étudiant Ribeiro Santos abattu par la PIDE/DGS à l’ISCEF
12 octobre 1972

Lors d’un « meeting contre la répression » à l’Institut supérieur des sciences économiques et financières, les étudiants retiennent un inconnu qu’ils prennent pour un informateur de la DGS ; appelés pour l’identifier, deux agents disent ne pas le connaître, mais veulent l’emmener.384 Dans la confusion, l’agent António Gomes da Rocha tire : il atteint dans le dos José António Ribeiro Santos, étudiant en droit proche du Mouvement pour la réorganisation du parti du prolétariat (MRPP), qui meurt peu après, et blesse José Lamego ; Aurora Rodrigues était dans la salle.846 Ce soir-là, trois cents étudiants réunis au Técnico décident de paralyser l’université, et, dans la vague d’arrestations qui suit, Isabel do Carmo est arrêtée, entre autres.87 L’agent n’a jamais été jugé.18
L’ISCEF, au Quelhas · Instituto Superior Técnico · José António Ribeiro Santos · Aurora Rodrigues · Isabel do Carmo
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Aurora Rodrigues, dans un témoignage recueilli par le musée de l’Aljube le 12 octobre 2016. Les mots-clés du musée incluent le mouvement étudiant, l’assassinat de Ribeiro Santos, le Mouvement pour la réorganisation du parti du prolétariat (MRPP), la détention, les interrogatoires et la torture à Caxias.
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Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso : Ribeiro Santos
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 2Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade: José António Leitão Ribeiro Santos (biografia)
- 4Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
- 5Seara Nova (10/8/2023)
- 6Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Aurora Rodrigues (testemunho e biografia)
- 7Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Isabel do Carmo (testemunho e biografia)
- 8Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 9Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso
- 10Toponímia de Lisboa – CML (24/3/2014)
- 11Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
14 octobre 1972: Obsèques de Ribeiro Santos
14 octobre 1972

Deux jours après l’assassinat, des milliers de personnes, surtout des étudiants, se rassemblent devant l’immeuble où vivait José António Ribeiro Santos, dans la Calçada de Santos — aujourd’hui Calçada Ribeiro Santos —, d’où part le cortège vers le cimetière d’Ajuda.32 Aux cris d’« assassins » et de « vive la liberté », la police charge pendant le cortège et au cimetière, et une vingtaine de personnes sont arrêtées : c’est l’une des plus grandes manifestations contre la dictature dans sa phase finale.21
2 novembre 1972: L’ONU reconnaît la légitimité de la lutte armée contre le Portugal
2 novembre 1972
L’Assemblée générale de l’ONU reconnaît la « légitimité de la lutte armée contre le Portugal, en Afrique ».1
16 décembre 1972: Massacre de Wiriyamu, au Mozambique
16 décembre 1972
Lors de l’« opération Marosca », l’aviation, des commandos et des agents de la DGS attaquent cinq villages de la région de Tete ; 385 personnes auraient été tuées, environ un tiers des habitants, dont beaucoup de femmes et d’enfants.12 Le père Domingos Ferrão et Domingo Kansande ont établi la liste des victimes et l’ont fait parvenir à des prêtres espagnols et néerlandais ; le prêtre anglais Adrian Hastings a révélé le massacre dans The Times le 10 juillet 1973, quelques jours avant la visite de Marcelo Caetano à Londres.1 Le Portugal ne l’a jamais reconnu officiellement.1
30–31 décembre 1972 · femmes: Veillée de la chapelle du Rato contre la guerre coloniale
30–31 décembre 1972

Des chrétiens et des non-chrétiens commencent à la chapelle du Rato une veillée de 48 heures pour la paix, avec grève de la faim ; c’est Maria da Conceição Moita qui l’ouvre, en lisant la déclaration au micro.13 Le 31, ils adoptent une motion contre la « guerre criminelle » et la « complicité de la hiérarchie de l’Église catholique » ; en fin de journée, la police interrompt la veillée et emmène les participants au commissariat du Largo do Rato, et certains, comme Nuno Teotónio Pereira, sont conduits à Caxias.135 Les fonctionnaires présents font l’objet de procédures de révocation, et les pétitions de solidarité réunissent des noms comme ceux de Sophia de Mello Breyner Andresen, de Maria Isabel Barreno et d’Isabel do Carmo.137
Chapelle du Rato · Fort de Caxias — la prison politique · Largo do Rato (ancienne Praça do Brasil) · Maria da Conceição Moita · Sophia de Mello Breyner Andresen · Isabel do Carmo · Nuno Teotónio Pereira · Maria Isabel Barreno
Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso : A Paz é Obrigatória
1973
1973 · femmes: Violante Saramago Matos emprisonnée avec sa fille de 18 mois
1973
Arrêtée en 1973, Violante Saramago Matos a gardé avec elle dans sa cellule sa fille de dix-huit mois, qui a appris à marcher en prison : « Allez, ma fille, de la force dans tes petites jambes », lui disait-elle tous les jours, dans la cellule et pendant la promenade.1 La même année, la police politique a aussi arrêté Helena Roseta, future députée à la Constituante.2
20 janvier 1973: Amílcar Cabral assassiné à Conakry
20 janvier 1973

À la nuit tombée, alors qu’il rentre chez lui à Conakry avec sa femme, Ana Maria, le dirigeant du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), Amílcar Cabral, est abattu par un groupe d’hommes armés.12 La responsabilité du crime reste controversée : tout indique une action conjointe de dissidents du PAIGC, des autorités de la Guinée-Conakry, de la PIDE/DGS et de secteurs militaires portugais.1 Deux ans plus tôt, l’opération Mar Verde avait tenté de le capturer.3
4 avril 1973: IIIe Congrès de l’opposition démocratique, à Aveiro
4 avril 1973

Quatre ans après le IIe Congrès, le IIIe Congrès de l’opposition démocratique adopte à Aveiro comme objectifs immédiats la fin de la guerre coloniale, la lutte contre le pouvoir absolu du capital monopoliste et la conquête des libertés démocratiques ; il est marqué par une répression policière d’une extrême violence.142 Maria Barroso a été la seule femme à prendre la parole lors de la séance d’ouverture.3
3 mai 1973 · femmes: Arrestation d’Aurora Rodrigues
3 mai 1973

Aurora Rodrigues, étudiante en droit, qui avait assisté à l’assassinat de Ribeiro Santos et avait ensuite adhéré au Mouvement pour la réorganisation du parti du prolétariat (MRPP), est arrêtée après une réunion d’étudiants.2 À Caxias, à l’isolement le plus strict, elle subit l’« estátua » (statue), seize jours d’affilée de torture du sommeil, des passages à tabac et des simulacres de noyade, la tête plongée de force dans un lavabo ; elle ne parle jamais.2 Elle est libérée trois mois plus tard, sans inculpation, sans jugement et sans avoir pu parler à un avocat.21
Fort de Caxias — la prison politique · Aurora Rodrigues
Voir dans les archives : Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Aurora Rodrigues, dans un témoignage recueilli par le musée de l’Aljube le 12 octobre 2016. Les mots-clés du musée incluent le mouvement étudiant, l’assassinat de Ribeiro Santos, le Mouvement pour la réorganisation du parti du prolétariat (MRPP), la détention, les interrogatoires et la torture à Caxias.
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juin 1973 · femmes: Les Trois Maria, première cause féministe internationale
juin 1973
Lors d’une conférence de la National Organization for Women, à Boston, l’affaire des Trois Maria est désignée par un vote comme la première cause féministe internationale.1 Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Doris Lessing, Iris Murdoch et Stephen Spender ont mené la campagne de solidarité avec Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta et Maria Velho da Costa, et il y a eu des actions féministes devant plusieurs ambassades du Portugal ; le 17 mai 1974 encore, on manifestait à New York en faveur des trois.21
Maria Isabel Barreno · Maria Teresa Horta · Maria Velho da Costa
13 juillet 1973: Le décret-loi n° 353/73 déclenche la contestation des capitaines
13 juillet 1973
Pour pallier le manque de capitaines du cadre permanent sur les fronts africains, le ministre de l’Armée, Sá Viana Rebelo, fait adopter un décret-loi qui permet de remplacer les quatre années de l’Académie militaire par un cours intensif de deux semestres.12 Le décret et son rectificatif du 20 août (décret-loi n° 409/73) ont été le détonateur de la contestation qui allait mener au 25 Avril : le 9 septembre, les capitaines se réunissaient à Alcáçovas, et le 12 octobre une circulaire du ministère de l’Armée suspendait les deux textes, avant que le ministre ne soit démis de ses fonctions.123
15 juillet 1973: Caetano à Londres sous le coup de la dénonciation de Wiriyamu
15 juillet 1973

Quelques jours après que The Times a révélé le massacre de Wiriyamu, Marcelo Caetano se rend à Londres, où il est accueilli avec hostilité et par une manifestation contre la politique coloniale devant l’ambassade du Portugal, entourée d’un cordon de police.123
9 septembre 1973: Réunion au Monte do Sobral (Alcáçovas) : naissance du Mouvement des capitaines
9 septembre 1973

Contre la législation par laquelle le gouvernement voulait combler le manque d’officiers dans la guerre en Afrique, 136 officiers se réunissent clandestinement au Monte do Sobral, à Alcáçovas, et signent une pétition adressée à Marcelo Caetano pour demander l’abrogation des décrets.51 Naît alors le Mouvement des capitaines, plus tard Mouvement des forces armées.5164 En août, des officiers s’étaient déjà réunis à Bissau.13
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: A Reunião de Óbidos
- 3Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Fita do Tempo
- 4Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: O 25 de abril
- 5Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: O Encontro de Alcáçovas
- 6Associação 25 de Abril
24 septembre 1973: Le PAIGC proclame unilatéralement l’indépendance de la Guinée-Bissau
24 septembre 1973
Réunie sur une colline de la région de Boé, dans une zone libérée par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), l’Assemblée nationale populaire proclame unilatéralement l’État de Guinée-Bissau.123 Le 2 novembre, par 93 voix contre 7, l’Assemblée générale de l’ONU se félicite « de la récente accession à l’indépendance du peuple de Guinée-Bissau » et condamne la « présence illégale du Portugal ».3
octobre 1973 · femmes: Arrestation et torture de Maria José Morgado
octobre 1973

L’étudiante en droit Maria José Morgado, militante du Mouvement pour la réorganisation du parti du prolétariat (MRPP) et dans la clandestinité depuis l’âge de 19 ans, est arrêtée dans la maison où elle se cachait, près de la Feira da Ladra.1 Au quatrième étage du siège de la PIDE, raconte-t-elle, où se déroulaient les interrogatoires, elle est giflée à plusieurs reprises ; à Caxias, elle subit cinq jours de torture du sommeil et des coups de fouet en cuir d’hippopotame (cavalo-marinho).1
Siège de la PVDE / PIDE / DGS · Fort de Caxias — la prison politique · Maria José Morgado
25 octobre 1973 · femmes: Ouverture du procès des Trois Maria, à huis clos
25 octobre 1973, 10 h 00

Au tribunal correctionnel de la Boa-Hora s’ouvre le procès des autrices et de l’éditeur des Novas Cartas Portuguesas (Nouvelles Lettres portugaises).1 Le juge déclare l’audience secrète et fait sortir des dizaines de personnes venues y assister — journalistes portugais et étrangers, observatrices du mouvement féministe, membres du PEN Club —, et la censure impose aux journaux un silence absolu sur le procès.12 Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta et Maria Velho da Costa avaient été interrogées par un agent de la Police judiciaire spécialisé dans les affaires de prostitution.52 Parmi les témoins à décharge allaient figurer Natália Correia, Fernanda Botelho et Maria Lamas, qui a déposé le 1er mars 1974 ; la campagne internationale de soutien a fait du procès la « première cause féministe internationale ».486
Tribunal de la Boa-Hora · Siège des services de la censure / de l’« examen préalable » (1969-1974) · Maria Isabel Barreno · Maria Teresa Horta · Maria Velho da Costa · Natália Correia · Maria Lamas · Fernanda Botelho
Hemeroteca Municipal de Lisboa : «Novas Cartas Portuguesas» – Julgamento secreto
RTP Arquivos : Entrevista às “Três Marias”
- 1Hemeroteca Municipal de Lisboa – Livros que foram notícia: «Novas Cartas Portuguesas» – Julgamento secreto (Diário de Lisboa, 25/10/1973)
- 2Hemeroteca Municipal de Lisboa – Livros que foram notícia: «As Três Marias foram absolvidas» / «Absolvição para as Novas Cartas Portuguesas» (Diário de Lisboa, 8 de maio de 1974)
- 3Museu do Aljube – Resistência e Liberdade
- 4Wikipédia (ponto de partida)
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 6Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 7Museu do Aljube Resistência e Liberdade
- 8RUN – Repositório da Universidade Nova de Lisboa
6 novembre 1973: Le père Felicidade Alves et Nuno Teotónio Pereira jugés par le tribunal plénier
6 novembre 1973

Le père José Felicidade Alves, le chanoine Abílio Tavares Cardoso, l’architecte Nuno Teotónio Pereira et Manuel Mendes Mourão sont jugés par le tribunal plénier de Lisbonne, accusés d’« actes contre la sûreté de l’État » pour les cahiers GEDOC.1 Lancés en février 1969, les onze numéros des cahiers, parus jusqu’en 1970, critiquaient la hiérarchie catholique, la guerre coloniale et la situation politique du pays.1
24 novembre 1973 · femmes: Procédure de la DGS contre le groupe anticolonial et les Brigades révolutionnaires
24 novembre 1973

La procédure de la DGS contre les Brigades révolutionnaires et un « groupement » anticolonial est ouverte à Caxias ; elle touche beaucoup des personnes liées à la veillée de la chapelle du Rato.12 Maria da Conceição Moita est giflée jusqu’à l’évanouissement et soumise plusieurs fois à la torture du sommeil — la première fois pendant sept jours et huit nuits — et à quatorze heures d’« estátua » (statue) ; Maria Luísa Sarsfield Cabral subit quatre jours et quatre nuits de torture du sommeil ; Nuno Teotónio Pereira est battu et privé de sommeil.1
Fort de Caxias — la prison politique · Chapelle du Rato · Maria da Conceição Moita · Nuno Teotónio Pereira
1er décembre 1973: La réunion d’Óbidos élargit la Commission de coordination
1er décembre 1973

Sous prétexte d’un magusto (une fête de la châtaigne), quelque 180 délégués du Mouvement des capitaines se réunissent à la Casa do Povo (maison du peuple) d’Óbidos.1 L’hypothèse du coup d’État est discutée, mais c’est la voie légaliste qui l’emporte, par prudence ; la Commission de coordination passe à 19 membres — parmi lesquels Otelo Saraiva de Carvalho et Salgueiro Maia —, le mouvement est rebaptisé Mouvement des officiers des forces armées (MOFA) et choisit comme chefs prestigieux Costa Gomes et António de Spínola.123
Otelo Saraiva de Carvalho · Salgueiro Maia · Costa Gomes · António de Spínola
du 6 décembre 1973 au 26 avril 1974 · femmes: Arrestation de Maria da Conceição Moita
du 6 décembre 1973 au 26 avril 1974

Maria da Conceição Moita, organisatrice de la veillée de la chapelle du Rato et militante des Brigades révolutionnaires, auxquelles elle apportait un soutien logistique, est arrêtée par la DGS alors qu’elle s’apprêtait à fuir à Paris, après l’arrestation de plusieurs compagnons, dont son frère, Luís Moita.13 Torturée et maintenue à l’isolement, elle reste à Caxias jusqu’à la libération des prisonniers, dans la nuit du 26 au 27 avril 1974.13 À la fin de 1973, Nuno Teotónio Pereira a lui aussi été arrêté, et il est resté à Caxias jusqu’à la libération des prisonniers, après le 25 Avril.23
Fort de Caxias — la prison politique · Maria da Conceição Moita · Nuno Teotónio Pereira
1974
1974 · femmes: « Somos Livres » : la chanson d’Ermelinda Duarte naît au théâtre
1974
Dans la chronique Lisboa 72-74, que Luzia Maria Martins a écrite pour le Teatro Estúdio de Lisboa, on entend pour la première fois « Somos Livres » (Nous sommes libres), paroles et musique de l’actrice Ermelinda Duarte, arrangements de José Cid.123 Connue pour le vers « Une mouette volait, volait » (Uma gaivota voava, voava), c’est, selon la RTP, l’une des chansons les plus populaires après le renversement de la dictature et la fin de la censure.3
Ermelinda Duarte · Luzia Maria Martins
Voir dans les archives : Edições Valentim de Carvalho
Le single d’Ermelinda Duarte avec « Somos Livres » (Nous sommes libres), publié par la maison de disques Valentim de Carvalho, qui le date de 1975 : deux titres dont elle est l’autrice, avec des arrangements de José Cid. La chanson était née en 1974 dans la chronique « Lisboa 72-74 », du Teatro Estúdio de Lisboa.
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RTP Arquivos : Canção «Somos livres»
RTP Arquivos : Memórias da Revolução: Ermelinda Duarte e a canção «Somos Livres»
1974 · femmes: « Mulheres Guerrilheiras » : le MLM lance au Teatro Vasco Santana un disque féministe
1974

En fin d’après-midi, lors d’un spectacle en entrée libre au Teatro Vasco Santana, le Mouvement de libération des femmes lance « Mulheres Guerrilheiras » (Femmes guérilleras), qu’O Século annonce comme le premier disque féministe portugais : poème de Maria Teresa Horta, musique de Pedro Jordão, interprété par Teresa Paula Brito. Dans la partie culturelle, les artistes Leonor Poeira, Maria da Glória et Teresa Paula Brito font « une dénonciation de la situation actuelle de discrimination sexiste ».1
Teatro Vasco Santana (ancienne Feira Popular) · Maria Teresa Horta · Teresa Paula Brito
Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso : Movimento de Libertação das Mulheres - O Século
22 février 1974: Spínola publie « Portugal e o Futuro »
22 février 1974

Dans le livre Portugal e o Futuro (Le Portugal et l’avenir), le général António de Spínola, vice-chef d’état-major général des forces armées, soutient que la solution à la guerre coloniale est politique et non militaire.13 Le livre, qui avait reçu l’avis du chef d’état-major général, Costa Gomes, se vend à environ 350 000 exemplaires en quelques mois et sape les relations entre le régime et les forces armées.34 Suivent la cérémonie de la « Brigade du rhumatisme » (Brigada do Reumático) et le limogeage des deux généraux.2
1er mars 1974 · femmes: Maria Lamas, témoin à décharge au procès des Trois Maria
1er mars 1974

Maria Lamas, alors âgée de 80 ans, dépose comme témoin à décharge de Maria Isabel Barreno dans l’affaire des Novas Cartas Portuguesas (Nouvelles Lettres portugaises), à Lisbonne.1 Le procès se déroulait à huis clos au tribunal de la Boa-Hora depuis octobre 1973.2 Le jugement ne serait lu qu’après le 25 Avril.3
Tribunal de la Boa-Hora · Maria Lamas · Maria Isabel Barreno
- 1RUN – Repositório da Universidade Nova de Lisboa
- 2Hemeroteca Municipal de Lisboa – Livros que foram notícia: «Novas Cartas Portuguesas» – Julgamento secreto (Diário de Lisboa, 25/10/1973)
- 3Hemeroteca Municipal de Lisboa – Livros que foram notícia: «As Três Marias foram absolvidas» / «Absolvição para as Novas Cartas Portuguesas» (Diário de Lisboa, 8 de maio de 1974)
5 mars 1974: Réunion de Cascais : le coup d’État devient irréversible
5 mars 1974

Environ deux cents officiers, au nom de plus de six cents, se réunissent clandestinement dans l’atelier de l’architecte Braula Reis, à Cascais ; la réunion devait d’abord se tenir dans l’immeuble Franjinhas, à Lisbonne.13 Les capitaines tiennent pour irréversible le choix du coup d’État et approuvent « O Movimento, as Forças Armadas e a Nação » (Le Mouvement, les forces armées et la nation), un document présenté par Melo Antunes.342
7 mars 1974: « E Depois do Adeus » remporte le Grande Prémio TV da Canção, au théâtre Maria Matos
7 mars 1974
En direct du théâtre Maria Matos, présenté par Glória de Matos et Artur Agostinho, le XIe Grande Prémio TV da Canção est remporté par « E Depois do Adeus » (Et après l’adieu), paroles de José Niza et musique de José Calvário, interprétée par Paulo de Carvalho.1 C’est Glória de Matos qui écrit à la craie au tableau les résultats qu’annonce Artur Agostinho, et qui remet le prix au vainqueur.2 Le 24 avril, la chanson sera le premier signal du Mouvement des forces armées.3
Glória de Matos · Paulo de Carvalho
14 mars 1974: La « Brigade du rhumatisme » et le limogeage de Spínola et de Costa Gomes
14 mars 1974

Au Palácio de São Bento, des officiers généraux des trois armées témoignent leur solidarité au régime et à sa politique coloniale, lors d’une cérémonie que l’opposition a surnommée, par ironie, la « Brigade du rhumatisme » (Brigada do Reumático).12 Marcelo Caetano les remercie, certain que le pays « compte sur ses forces armées ».3 Sous prétexte qu’ils ne s’y sont pas présentés, les généraux Costa Gomes et António de Spínola sont démis de leurs postes de chef et de vice-chef d’état-major général ; ce limogeage accélère les plans des capitaines et précipite le soulèvement de Caldas.13
Palácio de São Bento · Costa Gomes · António de Spínola · Marcelo Caetano
16 mars 1974: Le soulèvement de Caldas da Rainha
16 mars 1974

Le lendemain du limogeage de Costa Gomes et de Spínola, les capitaines du 5e régiment d’infanterie prennent le commandement de la caserne de Caldas da Rainha et marchent sur Lisbonne au petit matin, sous les ordres du capitaine Armando Ramos.2 C’est la seule unité à sortir ; le coup d’État échoue et quelque deux cents militaires sont arrêtés.12 Ceux qui étaient détenus au 1er régiment d’artillerie légère (RAL 1) et à la prison militaire de Trafaria ne seraient libérés que le 25 Avril.34
Caserne du 1er régiment d’artillerie légère (RAL 1, puis RALIS) · Costa Gomes · António de Spínola
24 mars 1974: Dernière réunion de la Commission de coordination du Mouvement
24 mars 1974

Chez le capitaine Candeias Valente, la dernière réunion clandestine de la Commission de coordination du Mouvement a décidé de renverser le régime.2 Otelo Saraiva de Carvalho a été chargé d’élaborer le plan d’opérations, Vítor Alves de la direction politique, et le coup d’État a été prévu pour la période du 22 au 29 avril ; on a en outre suspendu les circulaires et les réunions de la Commission.1
29 mars 1974: Première Rencontre de la chanson portugaise au Coliseu
29 mars 1974

Sous un important dispositif policier, le Coliseu dos Recreios s’est rempli pour la première Rencontre de la chanson portugaise, avec José Afonso, Adriano Correia de Oliveira, Manuel Freire, José Jorge Letria et Ary dos Santos, entre autres.14 Le public a chanté en chœur « Grândola, Vila Morena » (Grândola, ville brune) et, à la fin, des milliers de personnes ont crié « à bas la répression ! » (abaixo a repressão!).1 Un mois plus tard, les capitaines choisiraient cette chanson comme signal de la révolution.2
Coliseu dos Recreios · José Afonso (Zeca Afonso) · Adriano Correia de Oliveira · Maria do Amparo · Francisco Fanhais · Manuel Freire
Voir dans les archives : Câmara Municipal de Lisboa
Reportage de la mairie de Lisbonne sur la soirée où, quarante ans plus tard, le Coliseu dos Recreios a commémoré la première Rencontre de la chanson portugaise de mars 1974 qui, selon la mairie, a inspiré les militaires d’Avril dans le choix du signal. La salle a de nouveau chanté « Grândola ».
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Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso : I Encontro da Canção Portuguesa
22–24 avril 1974: Installation du poste de commandement de Pontinha et du réseau d’écoutes
22–24 avril 1974

Dans les nuits du 22 et du 23 avril, le Mouvement des forces armées (MFA) a installé clandestinement à Lisbonne environ 4 km de câble téléphonique aérien pour relier le central téléphonique de l’Armée au 1er régiment du génie, à Pontinha.1 Le 23, Otelo Saraiva de Carvalho, Garcia dos Santos et Jaime Neves se sont réunis à la caserne et le poste de commandement était prêt.2 À 21 h le 24, l’École pratique des transmissions a commencé à écouter les réseaux de la Garde nationale républicaine (GNR), de la Légion, de la DGS et de la Police de sécurité publique (PSP).13
Poste de commandement du MFA – 1er régiment du génie (caserne de Pontinha) · Otelo Saraiva de Carvalho
23–24 avril 1974: « Grândola » est choisie comme signal dans l’émission « Limite »
23–24 avril 1974

Le 23 avril, Álvaro Guerra, envoyé par Almada Contreiras, a demandé à Carlos Albino — tous deux journalistes au República — de diffuser « Venham Mais Cinco » (Qu’il en vienne cinq de plus), de José Afonso, dans l’émission Limite ; comme la chanson était interdite par la censure interne de la Rádio Renascença, Albino a proposé d’autres titres, « Grândola » en tête.14 Le matin du 24, le choix a été arrêté, pour le 25 à 0 h 20.52 Carlos Albino et l’ingénieur du son Manuel Tomás ont réglé les détails, agenouillés dans l’église de São João de Brito, et ont enregistré un enchaînement avec la voix de Leite de Vasconcelos, qui en ignorait le but.356
Rádio Renascença (studios de la Rua Capelo) · Siège du journal República (Rua da Misericórdia) · Carlos Albino · Leite de Vasconcelos · José Afonso (Zeca Afonso)
Voir dans les archives : Associação José Afonso
José Afonso chante « Venham Mais Cinco » (Qu’il en vienne cinq de plus) lors du concert du Coliseu dos Recreios du 29 janvier 1983, dans un extrait publié par l’Association José Afonso. C’est cette chanson que le Mouvement des forces armées (MFA) a d’abord demandée comme signal, en avril 1974, et que la censure interne de la Rádio Renascença n’a pas laissée passer.
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- 1Associação 25 de Abril: Preparativos para a transmissão da senha, 23/04/1974 (cronologia)
- 2Associação 25 de Abril: Preparativos para a transmissão da senha, 24/04/1974 (cronologia)
- 3Associação 25 de Abril: Preparativos para a transmissão da senha, 24/04/1974 – Igreja de S. João de Brito (cronologia)
- 4Associação 25 de Abril: MFA – Preparativos para a Acção, 23/04/1974 (Limite)
- 5Associação 25 de Abril: MFA – Preparativos para a Acção, 24/04/1974 (escolha da Grândola)
- 6Associação 25 de Abril: Movimentações do dia 25 de Abril
23 avril 1974: Otelo remet les « Instructions finales » au Parque Eduardo VII
23 avril 1974, 18 h 00

À partir de 18 h, Otelo Saraiva de Carvalho a remis aux officiers de liaison, dans le Parque Eduardo VII, les « Instructions finales » et l’« Annexe des transmissions », dans des enveloppes fermées cachées dans le journal Época.13 Les instructions fixaient le début des opérations au 25 avril à 3 h et établissaient le mot de passe « Courage » (Coragem) et le contre-signe « Pour la victoire » (Pela vitória).2
24 avril 1974: Otelo installe le poste de commandement du MFA à Pontinha
24 avril 1974, 22 h 00

À 22 h, Otelo Saraiva de Carvalho et cinq autres officiers du Mouvement des forces armées (MFA) sont au 1er régiment du génie, à Pontinha, où le poste de commandement des opérations contre le régime avait été préparé clandestinement depuis la veille.42 Dans une annexe de la caserne, aux fenêtres masquées par des couvertures militaires, Otelo affiche des cartes topographiques de Lisbonne pour suivre les mouvements des unités.2
Poste de commandement du MFA – 1er régiment du génie (caserne de Pontinha) · Otelo Saraiva de Carvalho
24 avril 1974: « E Depois do Adeus » : premier signal de la révolution
24 avril 1974, 22 h 55

Aux Emissores Associados de Lisboa, sur l’Avenida Elias Garcia, le speaker João Paulo Diniz diffuse « E Depois do Adeus » (Et après l’adieu), chanson de José Niza interprétée par Paulo de Carvalho : c’est le signal du début des opérations militaires.325 À 0 h 20, « Grândola » confirmerait que les opérations étaient en marche et irréversibles.6
Emissores Associados de Lisboa (studio de l’Avenida Elias Garcia) · João Paulo Diniz · Paulo de Carvalho
Voir dans les archives : RTP
Paulo de Carvalho chante « E Depois do Adeus » (Et après l’adieu), de José Niza, la chanson qui a remporté le Festival da Canção de 1974, dans un enregistrement de la RTP de cette année-là. À 22 h 55 le 24 avril, diffusée par les Emissores Associados de Lisboa, elle a été le premier signal de la révolution.
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- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 3Associação 25 de Abril: Emissores Associados de Lisboa (Lugares de Abril)
- 4Associação 25 de Abril: Movimentações do dia 25 de Abril
- 5Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 6Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra
1974–1976La Révolution
Du 25 Avril à la Constitution : la liberté, la fin de la guerre, les indépendances, le vote de toutes les femmes et de tous les hommes.94 dates23 femmes
1974
25 avril 1974: L’Assemblée nationale se réunit pour la dernière fois, sans quorum
25 avril 1974

Le matin du 25 Avril, l’Assemblée nationale de l’Estado Novo (« État nouveau ») se réunit pour la dernière fois, sans quorum, au Palácio de São Bento.12 La loi n° 2/74 du 14 mai supprimerait l’Assemblée nationale et la Chambre corporative.3
25 avril 1974: Le décret-loi n° 171/74 dissout la DGS, la Légion et la Jeunesse portugaise
25 avril 1974

Dès le 25, la Junte de salut national, présidée par António de Spínola et dont faisait partie Costa Gomes, dissout la Direction générale de la sécurité, la Légion portugaise, la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa) et la Jeunesse portugaise féminine.12 Les enquêtes sur les crimes contre la sûreté de l’État passent à la Police judiciaire ; dans l’« Ultramar » (outre-mer), la DGS serait épurée et réorganisée en Police d’information militaire.14
Siège de la PVDE / PIDE / DGS · Commandement de la Légion portugaise · Palácio da Independência – siège de la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa) · António de Spínola · Costa Gomes
25 avril 1974 · femmes: Celeste Caeiro et les œillets
25 avril 1974

Le restaurant Sir, dans l’immeuble Franjinhas, fêtait sa première année et n’a pas ouvert ; les œillets achetés pour être offerts aux clientes ont été donnés aux employées.12 Celeste Caeiro portait un bouquet quand, dans la Rua do Carmo, un soldat lui a demandé une cigarette ; elle ne fumait pas et lui a donné un œillet, qu’il a mis dans le canon de son fusil.31 Le geste s’est répété au Rossio et l’œillet est devenu le symbole de la révolution.56
Immeuble Franjinhas — le restaurant des œillets · Rua do Carmo — les œillets de Celeste Caeiro · Rossio (Praça de D. Pedro IV) · Celeste Caeiro
Voir dans les archives : Câmara Municipal de Lisboa
Dévoilement, au bout de la Rua do Carmo, près du Rossio, d’une plaque portant le poème « Celeste em Flor » (Celeste en fleur), de Rosa Guerreiro Dias, qui rappelle l’œillet que Celeste Caeiro a donné à un soldat qui lui avait demandé une cigarette. La plaque marque ce geste 51 ans plus tard.
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RTP Arquivos : Entrevista a Celeste Caeiro, Garcia dos Santos, Carlos Cedoura e Pena Madeira
25 avril 1974: « Grândola, Vila Morena » sur la Rádio Renascença confirme la révolution
25 avril 1974, 0 h 20

Dans l’émission Limite, de la Rádio Renascença, passe « Grândola, Vila Morena » (Grândola, ville brune), de José Afonso : c’est le signal qui confirme que les opérations militaires sont en marche et irréversibles.124 On entend le premier quatrain, dit par Leite de Vasconcelos et enregistré la veille sans qu’il sache à quoi il servirait ; dans la cabine, l’ingénieur du son Manuel Tomás, complice de Carlos Albino, veille à ce que la bobine démarre à l’heure exacte.57
Rádio Renascença (studios de la Rua Capelo) · José Afonso (Zeca Afonso) · Leite de Vasconcelos · Carlos Albino
Voir dans les archives : Wikimedia Commons
Le chœur de la Casa da Achada et des passants chantent « Grândola, Vila Morena » (Grândola, ville brune) dans la rue, à Lisbonne, le 25 avril 2023. Près d’un demi-siècle après avoir servi de signal à la révolution, la chanson de José Afonso continue d’être chantée en chœur à chaque 25 Avril.
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- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): 25 de Abril de 1974
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Zeca Afonso
- 4Associação 25 de Abril: Rádio Renascença, 25/04/1974, 00:20 (Movimentações do dia 25 de Abril)
- 5Associação 25 de Abril: Movimentações do dia 25 de Abril
- 6Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra: O 25 de Abril para os mais novos – Cronologia hora a hora
- 7Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra: Cronologia do 25 de Abril, por Jofre Alves (blogue Abril de Novo, 2010), na Biblioteca Digital do CD25A
- 8Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
25 avril 1974: Occupation de l’Emissora Nacional
25 avril 1974, 3 h 15

Une force du champ de tir de la Serra da Carregueira, sous les ordres des capitaines Oliveira Pimentel et Frederico Morais, a désarmé la garde de la Police de sécurité publique (PSP) et occupé les studios de l’Emissora Nacional, dans la Rua do Quelhas, pour qu’ils servent de station de réserve au Mouvement des forces armées (MFA).12 Frederico Morais a annoncé au poste de commandement : « nous avons occupé TOKYO sans aucun incident » (ocupámos TÓQUIO sem qualquer incidente).1
25 avril 1974: Occupation du Rádio Clube Português
25 avril 1974, 3 h 20
Un groupe d’officiers du Mouvement des forces armées (MFA), appuyé par une compagnie du 5e bataillon de chasseurs, a occupé sans incident les studios du Rádio Clube Português, dans la Rua Sampaio e Pina, qui est devenu la station du Mouvement.13 Le capitaine Santos Coelho a annoncé au poste de commandement : « MEXIQUE occupé sans incident » (MÉXICO ocupado sem incidentes).2 C’est de là que serait lu, peu après, le premier communiqué du MFA.4
Rádio Clube Português (studios de la Rua Sampaio e Pina)
- 1Associação 25 de Abril: Rádio Clube Português (Lugares de Abril)
- 2Associação 25 de Abril: Movimentações do dia 25 de Abril
- 3Associação 25 de Abril: Quartel do Batalhão de Caçadores n.º 5 (Lugares de Abril)
- 4Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 5Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra
25 avril 1974: Occupation des studios de la RTP au Lumiar
25 avril 1974, 3 h 59
Une centaine de militaires de l’École pratique d’administration militaire, commandés par le capitaine Teófilo Bento, sont entrés dans les studios de la RTP, sur l’Alameda das Linhas de Torres, ont désarmé la Police de sécurité publique (PSP) et ont annoncé : « Nous venons d’occuper MONACO sans incident » (Acabamos de ocupar MÓNACO sem incidentes).123 Peu après, ils ont éloigné par des rafales tirées en l’air des éléments de la PSP et de la DGS qui rôdaient autour du bâtiment.1 C’est de là que la Junte de salut national se présenterait au pays, au petit matin du 26.1
RTP Arquivos : Ocupação militar na RTP e a Revolução de 25 abril no Largo do Carmo
25 avril 1974: Occupation de l’aéroport et fermeture de l’espace aérien
25 avril 1974, 4 h 25

Environ deux cents militaires de l’École pratique d’infanterie, sous les ordres du capitaine Rui Rodrigues, ont occupé l’aéroport de la Portela ; le capitaine de l’armée de l’air José Costa Martins a fait interdire l’espace aérien et détourner le trafic vers Madrid et Las Palmas.12 Le message « NEW YORK a été occupé » (NOVA IORQUE foi ocupada) a ouvert la voie à la lecture du premier communiqué.1
25 avril 1974: Le Rádio Clube Português lit le premier communiqué du MFA
25 avril 1974, 4 h 26
Au micro du Rádio Clube Português, le journaliste Joaquim Furtado lit le premier communiqué du Mouvement des forces armées, suivi de l’hymne national et de marches militaires.145 Au petit matin et dans la matinée sont occupés la RTP, l’Emissora Nacional, l’aéroport, le quartier général, la Banque du Portugal et la Marconi.23
Rádio Clube Português (studios de la Rua Sampaio e Pina) · Joaquim Furtado
RTP Arquivos : Primeiro Comunicado do MFA
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
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- 4Associação 25 de Abril: Rádio Clube Português (Lugares de Abril)
- 5Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
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25 avril 1974: Silva Pais prévient Caetano : « la Révolution est dans la rue »
25 avril 1974, 5 h 00

Le directeur de la PIDE/DGS, Silva Pais, a téléphoné à Marcelo Caetano : « la Révolution est dans la rue ! » (a Revolução está na rua!) — les insurgés avaient occupé les stations de radio, la télévision et le quartier général de la région militaire de Lisbonne.12 Lors d’un second appel, il lui a conseillé d’aller à la caserne du Carmo, « car la GNR est sûre » ; Caetano s’y est installé avec son adjoint militaire, le commandant Coutinho Lanhoso.13
Largo do Carmo et caserne du Carmo · Silva Pais · Marcelo Caetano
25 avril 1974: La colonne de Salgueiro Maia occupe le Terreiro do Paço
25 avril 1974, 6 h 00

Partie de Santarém à 3 h 30 sous le commandement de Salgueiro Maia, la colonne de l’École pratique de cavalerie est arrivée dans la Baixa et a occupé le Terreiro do Paço, la Banque du Portugal et la Rádio Marconi — « Tolède, Bruxelles et Vienne » (Toledo, Bruxelas e Viena), dans le code du Mouvement des forces armées (MFA).314 Les premières forces envoyées par le régime — des blindés Chaimite du 7e régiment de cavalerie et la Police militaire qui gardait le ministère de l’Armée — se sont mises aux ordres du MFA.34
25 avril 1974: La frégate « Almirante Gago Coutinho » sur le Tage
25 avril 1974, 7 h 30

La frégate a reçu l’ordre de se placer face au Terreiro do Paço et d’ouvrir le feu sur les blindés du Mouvement des forces armées (MFA).21 L’ordre n’a pas été exécuté et, vers midi, le navire s’est retiré vers le Mar da Palha ; l’artillerie du MFA près du Cristo-Rei avait l’ordre de le couler s’il ouvrait le feu.3
Terreiro do Paço (Praça do Comércio)
- 1Associação 25 de Abril: Rio Tejo frente ao Terreiro do Paço (Lugares de Abril)
- 2Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 3Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra
- 4Associação 25 de Abril: Movimentações do dia 25 de Abril
- 5Comissão Portuguesa de História Militar / Ministério da Defesa (jun. 2024)
25 avril 1974: Des ministres s’enfuient par un mur percé à la pioche
25 avril 1974, 8 h 30

En voyant le Terreiro do Paço occupé, le ministre de l’Armée a fait percer à la pioche un mur de briques donnant sur la bibliothèque du ministère de la Marine.12 Avant 10 h, des ministres et des chefs militaires se sont enfuis par là et ont installé le poste de commandement des forces fidèles au régime au régiment de Lanceiros 2, sur la Calçada da Ajuda.31
Terreiro do Paço (Praça do Comércio) · Caserne de Lanceiros 2 / Régiment de police militaire (Calçada da Ajuda)
25 avril 1974: Ribeira das Naus : les soldats refusent de tirer
25 avril 1974, 10 h 00

Le général de brigade Junqueira dos Reis a ordonné à l’aspirant Fernando Sottomayor, puis aux pointeurs des chars M47, de tirer sur Salgueiro Maia, qui avançait un mouchoir blanc à la main sur l’Avenida da Ribeira das Naus ; tous ont refusé.13 Le commandant Pato Anselmo s’est rendu et les chars sont passés du côté du Mouvement des forces armées (MFA) — « C’est là que le 25 Avril a été gagné » (Foi ali que se ganhou o 25 de Abril), dirait Maia.15
Rua do Arsenal et Avenida da Ribeira das Naus · Junqueira dos Reis · Fernando Sottomayor · Salgueiro Maia
Voir dans les archives : Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
Deuxième chapitre du film fait avec les photographies qu’Alfredo Cunha a prises à Lisbonne le 25 avril 1974, avec une musique de Rodrigo Leão et une réalisation de Miguel Brugo, publié par la Commission le 14 février 2024. Il suit le livre du même nom, dans lequel cette partie a un texte d’Adelino Gomes et des images de la Ribeira das Naus, de la Rua do Arsenal et du Largo do Carmo.
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- 1Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Operação Viragem Histórica
- 2Associação 25 de Abril: Movimentações do dia 25 de Abril
- 3Associação 25 de Abril: Ribeira das Naus, 25/04/1974, 07:00–10:30 (Movimentações do dia 25 de Abril)
- 4Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra
- 5Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Salgueiro Maia
25 avril 1974: Rua do Arsenal : le général de brigade frappe le lieutenant Assunção
25 avril 1974, 10 h 45

Dans la Rua do Arsenal, les lieutenants Alfredo Assunção et Santos Silva et le sergent Nunes ont tenté de négocier avec Junqueira dos Reis, qui a de nouveau ordonné de tirer et, de nouveau, n’a pas été obéi.13 Exaspéré, le général de brigade a donné trois coups de poing au lieutenant Assunção, qui lui a fait le salut militaire et s’est retiré.1
Rua do Arsenal et Avenida da Ribeira das Naus · Junqueira dos Reis · Alfredo Assunção
Voir dans les archives : Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
Deuxième chapitre du film fait avec les photographies qu’Alfredo Cunha a prises à Lisbonne le 25 avril 1974, avec une musique de Rodrigo Leão et une réalisation de Miguel Brugo, publié par la Commission le 14 février 2024. Il suit le livre du même nom, dans lequel cette partie a un texte d’Adelino Gomes et des images de la Ribeira das Naus, de la Rua do Arsenal et du Largo do Carmo.
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25 avril 1974: Lisbonne désobéit au MFA et descend dans la rue
25 avril 1974, 11 h 00

Vers 11 h, Salgueiro Maia met la colonne en marche du Terreiro do Paço vers la caserne du Carmo.2 Désobéissant aux appels du Mouvement des forces armées (MFA) à rester chez soi, la population descend dans la rue pour soutenir les militaires.21 Au cours de la journée, la Légion portugaise serait la première force paramilitaire à se rendre.1
Terreiro do Paço (Praça do Comércio) · Largo do Carmo et caserne du Carmo · Salgueiro Maia
25 avril 1974: Le programme du MFA est remis au journal República
25 avril 1974, 11 h 00

Le commandant Martins Guerreiro a remis au siège du República, dans la Rua da Misericórdia, le programme du Mouvement des forces armées (MFA) approuvé par la commission de rédaction.1 Ce ne serait pas la version présentée au pays : le texte a été modifié cette nuit-là, à Pontinha, après une réunion des responsables du Mouvement avec les généraux António de Spínola et Costa Gomes.12
Siège du journal República (Rua da Misericórdia) · Poste de commandement du MFA – 1er régiment du génie (caserne de Pontinha) · António de Spínola · Costa Gomes
25 avril 1974: La colonne de l’École pratique de cavalerie monte au Carmo et encercle la caserne de la GNR
25 avril 1974, 12 h 30

Partie du Terreiro do Paço, la colonne de Salgueiro Maia a traversé le Rossio, où une compagnie du 1er régiment d’infanterie envoyée pour l’arrêter s’est ralliée au Mouvement des forces armées (MFA), puis a monté la Rua do Carmo au milieu de milliers de personnes qui criaient « Victoire ! ».351 À 12 h 30, elle a encerclé la caserne du Carmo ; une tentative de contre-encerclement par la Garde nationale républicaine (GNR) et par les restes des forces de Junqueira dos Reis a tourné court avec l’arrivée du 3e régiment de cavalerie, d’Estremoz.142
Rossio (Praça de D. Pedro IV) · Rua do Carmo — les œillets de Celeste Caeiro · Largo do Carmo et caserne du Carmo · Salgueiro Maia · Junqueira dos Reis
- 1Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 2Associação 25 de Abril: Movimentações do dia 25 de Abril
- 3Associação 25 de Abril: Rossio – participação popular (Lugares de Abril)
- 4Associação 25 de Abril: Largo e Quartel do Carmo (Lugares de Abril)
- 5Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra
25 avril 1974: Reddition du commandement de la Légion portugaise
25 avril 1974, 13 h 30

Une force de l’École pratique de cavalerie, sous les ordres du commandant Jaime Neves, encercle le commandement de la Légion portugaise, à Penha de França, et donne quinze minutes pour la reddition ; le général Pereira de Castro et l’état-major se rendent.12 Ce même jour, la Junte de salut national dissolvait la Légion.3
25 avril 1974 · femmes: Une voix de femme lit le communiqué sur l’encerclement du Carmo
25 avril 1974, 14 h 30

Vers 14 h 30, le Rádio Clube Português diffuse un communiqué du Mouvement des forces armées (MFA) qui annonce les objectifs déjà conquis et l’encerclement de Marcelo Caetano et de membres du gouvernement dans la caserne du Carmo.1 C’est Clarisse Guerra qui le lit — « lu cette fois par une femme », souligne la Commission commémorative des 50 ans.2
Rádio Clube Português (studios de la Rua Sampaio e Pina) · Largo do Carmo et caserne du Carmo · Clarisse Guerra · Marcelo Caetano
25 avril 1974: Ultimatum et rafales contre la façade de la caserne du Carmo
25 avril 1974, 15 h 10

Au mégaphone, Salgueiro Maia a donné dix minutes à la Garde nationale républicaine (GNR) pour rendre la caserne du Carmo, au terme desquelles il ouvrirait le feu.12 À 15 h 25, le délai écoulé, le lieutenant Santos Silva a tiré des rafales avec la mitrailleuse du blindé Chaimite contre le haut de la façade, brisant des vitres ; à l’intérieur, l’effet psychologique a été énorme.12
Largo do Carmo et caserne du Carmo · Salgueiro Maia
- 1Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 2Associação 25 de Abril
- 3Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra: Cronologia do 25 de Abril, por Jofre Alves (blogue Abril de Novo, 2010), na Biblioteca Digital do CD25A
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 5Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra: O 25 de Abril para os mais novos – Cronologia hora a hora
25 avril 1974: Des émissaires de Spínola entrent au Carmo ; Caetano accepte de se rendre
25 avril 1974, 16 h 00

Alors que Salgueiro Maia faisait le décompte pour le tir d’un blindé, le lieutenant Alfredo Assunção lui a amené Pedro Feytor Pinto et Nuno Távora, porteurs d’un message du général Spínola.13 Reçus par Marcelo Caetano dans la caserne du Carmo, ils l’ont entendu décider de se rendre — « ainsi, le pouvoir ne tombe pas dans la rue » (assim o poder não cai na rua) — et sont ressortis avec une note : « Le président du Conseil est prêt à remettre le gouvernement au général António de Spínola ».2
Largo do Carmo et caserne du Carmo · Alfredo Assunção · Marcelo Caetano · António de Spínola · Salgueiro Maia
25 avril 1974: Spínola au Carmo ; Caetano part dans le blindé Chaimite « Bula »
25 avril 1974, 19 h 30

En fin d’après-midi, le général Spínola entre dans la caserne du Carmo, mandaté par le Mouvement des forces armées (MFA), et reçoit le pouvoir des mains de Marcelo Caetano, qui avait demandé un officier général pour que le pouvoir ne tombe pas « dans la rue ».742 À travers la foule, Salgueiro Maia fait entrer le blindé Chaimite Bula, qui emmène Caetano et deux ministres au poste de commandement de Pontinha ; à 19 h 30, le siège est levé.431
Largo do Carmo et caserne du Carmo · Poste de commandement du MFA – 1er régiment du génie (caserne de Pontinha) · António de Spínola · Marcelo Caetano · Salgueiro Maia
Voir dans les archives : Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
Deuxième chapitre du film fait avec les photographies qu’Alfredo Cunha a prises à Lisbonne le 25 avril 1974, avec une musique de Rodrigo Leão et une réalisation de Miguel Brugo, publié par la Commission le 14 février 2024. Il suit le livre du même nom, dans lequel cette partie a un texte d’Adelino Gomes et des images de la Ribeira das Naus, de la Rua do Arsenal et du Largo do Carmo.
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RTP Arquivos : Acontecimentos no Largo do Carmo
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 3Associação 25 de Abril: Movimentações do dia 25 de Abril
- 4Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 5Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra: Cronologia do 25 de Abril, por Jofre Alves (blogue Abril de Novo, 2010), na Biblioteca Digital do CD25A
- 6Associação 25 de Abril: Largo e Quartel do Carmo (Lugares de Abril)
- 7Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra: O 25 de Abril para os mais novos – Cronologia hora a hora
- 8Revista Portuguesa de História Militar, ano IV, n.º 6 (Comissão Portuguesa de História Militar)
25 avril 1974: Les tirs de la PIDE/DGS tuent quatre personnes dans la Rua António Maria Cardoso
25 avril 1974, 20 h 00

Depuis le siège de la PIDE/DGS, dans la Rua António Maria Cardoso, des agents de la police politique tirent sur la foule qui entourait le bâtiment : Fernando Giesteira, José Barneto, Fernando Reis et João Arruda meurent, et on compte environ 45 blessés.1125 Après la fusillade, beaucoup ont couru au Largo do Carmo demander de l’aide aux troupes du Mouvement des forces armées (MFA).12 Le directeur de la police, Silva Pais, ne rendrait le siège que le lendemain matin.11
Siège de la PVDE / PIDE / DGS · Largo do Carmo et caserne du Carmo · Fernando Giesteira · José Barneto · Fernando Reis · João Arruda · Silva Pais
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 3Associação 25 de Abril: Sede da Pide/DGS (Locais de Abril)
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade: João Guilherme Rego Arruda (biografia)
- 5Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Fernando Carvalho Giesteira (biografia)
- 6Museu do Aljube Resistência e Liberdade: José James Harteley Barneto (biografia)
- 7Museu do Aljube Resistência e Liberdade: Fernando Luís Barreiros dos Reis (biografia)
- 8Comissão Portuguesa de História Militar / Ministério da Defesa (jun. 2024)
- 9Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra
- 10Associação 25 de Abril: Movimentações do dia 25 de Abril
- 11Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 12Esquerda.net
25 avril 1974: Proclamation du MFA au Rádio Clube Português
25 avril 1974, 20 h 00
Le Rádio Clube Português a diffusé la Proclamation du Mouvement des forces armées, qui annonçait à la Nation un programme « de salut du Pays et de restitution au Peuple portugais des libertés civiques dont il a été privé ».12
25 avril 1974: Des parachutistes partent pour la prison de Caxias
25 avril 1974, 23 h 00

Deux compagnies de parachutistes venues de Tancos ont atterri à l’aéroport de la Portela ; l’une d’elles, avec à sa tête les capitaines José Brás et Mário Pinto, est partie pour le fort de Caxias, où la DGS continuait de résister.12 Les parachutistes prendraient la prison le lendemain matin, avant la libération des prisonniers.3
Fort de Caxias — la prison politique · Aéroport de Lisbonne (Portela)
26 avril 1974: Reddition et occupation du siège de la DGS
26 avril 1974

Le matin du 26, le siège de la DGS capitule — après une conversation téléphonique entre Spínola et le directeur, Silva Pais, selon la Commission commémorative des 50 ans et le Centre de documentation 25 Avril — et il est occupé par des fusiliers marins et par des militaires du 3e régiment de cavalerie, d’Estremoz.451 Silva Pais a déclaré que la police ralliait le Mouvement ; interrogé sur la raison pour laquelle les portraits des dirigeants du régime étaient encore au mur, il a demandé une chaise et a décroché lui-même l’une des photographies.3
Siège de la PVDE / PIDE / DGS · Silva Pais · António de Spínola
26 avril 1974: Assaut populaire contre le siège de la censure
26 avril 1974

Après la parution du República, le 25 avril, avec la phrase « Ce journal n’a été visé par aucune Commission de censure » (Este jornal não foi visado por qualquer Comissão de Censura), les censeurs abandonnent le siège de l’« examen préalable », de l’autre côté de la Rua da Misericórdia.2 Le matin du 26, le siège est pris d’assaut par la population ; peu avant, le dernier censeur en chef, Mário Bento, avait conseillé à un colonel de rester « tranquille et silencieux ».13
Siège des services de la censure / de l’« examen préalable » (1969-1974) · Siège du journal República (Rua da Misericórdia)
26 avril 1974: Amnistie des crimes politiques
26 avril 1974

La Junte de salut national amnistie, avec effet immédiat, les crimes politiques et les infractions disciplinaires de même nature, et permet la réintégration des agents de l’État, militaires et civils, écartés pour des raisons politiques.21 C’est ce texte qui a permis la libération des prisonniers politiques de Caxias et de Peniche.1
Fort de Caxias — la prison politique · Forteresse de Peniche — la prison politique
26 avril 1974: La Junte de salut national se présente au pays
26 avril 1974, 1 h 30

En direct et en couleurs depuis les studios du Lumiar, le général Spínola a lu la proclamation de la Junte de salut national, flanqué de Costa Gomes, Rosa Coutinho, Pinheiro de Azevedo, Silvério Marques et Galvão de Melo.12 Il a promis « la pleine expression de tous les courants d’opinion » et l’élection, au suffrage direct, d’une Assemblée constituante et du président de la République.1
Studios de la RTP au Lumiar · António de Spínola · Costa Gomes · Pinheiro de Azevedo
26 avril 1974: Caetano et Tomás partent pour Funchal
26 avril 1974, 7 h 00

Après une nuit en détention au poste de commandement de Pontinha, Marcelo Caetano et les anciens ministres Silva Cunha et Moreira Baptista ont embarqué avec Américo Tomás, escortés par des forces du Mouvement des forces armées (MFA), dans un avion de l’armée de l’air qui a décollé de l’aéroport de Lisbonne pour Funchal, où ils ont été placés en résidence surveillée.312
Aéroport de Lisbonne (Portela) · Poste de commandement du MFA – 1er régiment du génie (caserne de Pontinha) · Marcelo Caetano
- 1Associação 25 de Abril
- 2Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra: O 25 de Abril para os mais novos – Cronologia hora a hora
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26 avril 1974: Le programme du MFA est rendu public
26 avril 1974, 7 h 30

Après une nuit de négociations avec Spínola et Costa Gomes, le commandant Vítor Alves a lu aux journalistes, dans la salle des opérations de la caserne de Pontinha, le programme du Mouvement des forces armées — le programme des trois « D » : décoloniser, démocratiser, développer.12 Ce n’était pas le texte remis la veille au República ; il prévoyait le rétablissement des libertés fondamentales, l’amnistie des prisonniers politiques et l’élection, dans un délai de douze mois, d’une Assemblée constituante au suffrage universel, direct et secret.13
Poste de commandement du MFA – 1er régiment du génie (caserne de Pontinha) · António de Spínola · Costa Gomes
26–27 avril 1974 · femmes: Prise de Caxias et libération des prisonniers politiques
26–27 avril 1974, 8 h 30

Les parachutistes ont pris la prison de Caxias à 8 h 30 le 26 avril, mais la Junte a voulu séparer les prisonniers « idéologiques » des accusés de crimes de droit commun ; les prisonniers ont répondu « tous ou personne » (ou todos ou ninguém).12 Le colonel Dias de Lima est allé consulter la Junte à la Cova da Moura et en est revenu à 23 h 55 avec l’ordre de libération totale, en vertu de l’amnistie.1 Entre 0 h 30 et 1 h le 27 sont sortis 78 prisonniers et quatre de l’hôpital-prison, parmi lesquels Palma Inácio et les journalistes Helena Neves et Elvira Nereu.1
Fort de Caxias — la prison politique · Palácio da Cova da Moura · Helena Neves
Voir dans les archives : Câmara Municipal de Lisboa
Fernanda Gonçalves raconte comment elle a appris la révolution à Aveiro, est arrivée le lendemain à Santa Apolónia dans un train plein d’amis et a continué jusqu’à Caxias, où des milliers de personnes attendaient la sortie des prisonniers politiques. Elle se souvient du couloir que la foule maintenait ouvert pour les négociations avec la PIDE, à l’intérieur.
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RTP Arquivos : Libertação dos Presos Políticos
- 1Esquerda.net
- 2Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 3Associação 25 de Abril
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade
- 5Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra
- 6Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Cronologia Ilustrada – 1974
- 7Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 8Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – Amnistia dos crimes políticos (Dec.-Lei 173/74 de 26 de Abril)
- 9Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
- 10Museu do Aljube Resistência e Liberdade (26/4/2019)
- 11URAP – União de Resistentes Antifascistas Portugueses
27 avril 1974: Les prisonniers politiques de la forteresse de Peniche sont libérés
27 avril 1974

À la forteresse de Peniche, les agents de la PIDE/DGS ne capitulent que le matin du 26 ; face au rassemblement populaire, à l’action du Mouvement des forces armées (MFA) et à la décision des prisonniers de sortir « tous ou aucun » (todos ou nenhum), tous sont libérés au petit matin du 27 avril.15 Le premier à sortir, Dinis Miranda, a quitté la forteresse 23 minutes après minuit ; les derniers, à 3 h.3
Forteresse de Peniche — la prison politique
Voir dans les archives : Museu Nacional Resistência e Liberdade (Peniche)
Vidéo publiée par le musée de la forteresse de Peniche le 27 avril 2020, pour le 46e anniversaire de la libération des prisonniers politiques de la prison du fort, le 27 avril 1974.
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Museu Nacional Resistência e Liberdade (Peniche), sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».
27 avril 1974: Le 1er Mai devient jour férié national
27 avril 1974
Le décret-loi n° 175/74 institue le 1er Mai, « Journée du travailleur », comme jour férié national obligatoire — la première conquête légale après la révolution.12 Quatre jours plus tard, Lisbonne vivrait le premier 1er Mai en liberté.4
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – O «Dia do Trabalhador» (Dec.-Lei 175/74 de 27 de Abril)
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 3Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Cronologia Ilustrada – 1974
- 4Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
28 avril 1974: Mário Soares, de retour d’exil, arrive à Santa Apolónia
28 avril 1974

Accompagné de Maria Barroso, elle aussi fondatrice du Parti socialiste (PS), le secrétaire général du parti, Mário Soares, est arrivé en train à Santa Apolónia, où une foule l’attendait ; il a parlé depuis le balcon de la gare, porte-voix à la main, et s’est rendu au Palácio da Cova da Moura pour rencontrer Spínola.12 Deux jours plus tard arriverait Álvaro Cunhal.1
Gare de Santa Apolónia · Palácio da Cova da Moura · Mário Soares · Maria Barroso · António de Spínola
30 avril 1974: Álvaro Cunhal, de retour d’exil, arrive à l’aéroport
30 avril 1974

Après 14 ans d’exil, le secrétaire général du Parti communiste portugais (PCP), Álvaro Cunhal, a été accueilli à l’aéroport par une foule émue ; Mário Soares l’attendait au pied de l’avion. Cunhal a parlé à la foule du haut d’un blindé Chaimite.12 Le même jour, un communiqué de la Junte de salut national a autorisé le retour de tous les exilés politiques.3
Aéroport de Lisbonne (Portela) · Álvaro Cunhal · Mário Soares
30 avril 1974: José Mário Branco et Luís Cília rentrent d’exil et sont accueillis avec « Grândola »
30 avril 1974

Cinq jours après la révolution, José Mário Branco et Luís Cília, exilés en France depuis 1963 et 1964, arrivent à l’aéroport de la Portela.123 La RTP filme Branco serrant dans ses bras sa mère, sa femme et ses amis ; José Afonso parle du 25 Avril et tous, avec Adriano Correia de Oliveira, José Jorge Letria et Ary dos Santos, chantent en chœur « Grândola ».1 Le même jour arrivait Álvaro Cunhal.4
Aéroport de Lisbonne (Portela) · José Mário Branco · Luís Cília · José Afonso (Zeca Afonso) · Adriano Correia de Oliveira
Voir dans les archives : Edições Valentim de Carvalho
Le 33 tours « Resposta » (Réponse), de Luís Cília, que la maison de disques Valentim de Carvalho date de 1975 et a publié en entier sur sa chaîne. Il est sorti après le retour du chanteur de son exil en France, le 30 avril 1974.
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Edições Valentim de Carvalho, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».
RTP Arquivos : Regresso de José Mário Branco
RTP Arquivos : Luís Cília («Retratos — 25 Nomes, 25 Dias, 25 Anos»)
- 1RTP Arquivos
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): José Mário Branco — biografia e testemunho (Vidas Prisionáveis, recolhido a 16 de maio de 2019)
- 3Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Luís Cília — biografia e testemunho (Memórias na Resistência, recolhido em janeiro de 2024)
- 4Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
mai 1974: Première Rencontre libre de la chanson populaire, à Porto
mai 1974

Au Pavilhão dos Desportos de Porto, le Cercle de culture théâtrale réunit des chanteurs de diverses tendances pour la première Rencontre libre de la chanson populaire.1 José Mário Branco lit le communiqué du Collectif d’action culturelle ; chantent Luís Cília, Fausto, Adriano Correia de Oliveira, Francisco Fanhais, Manuel Freire et José Jorge Letria, et José Afonso chante « Venham Mais Cinco » (Qu’il en vienne cinq de plus), la chanson que la censure interne de la Rádio Renascença n’avait pas laissée passer comme signal.123
José Mário Branco · Luís Cília · Adriano Correia de Oliveira · Francisco Fanhais · José Afonso (Zeca Afonso) · Manuel Freire
RTP Arquivos : 1.º Encontro Livre da Canção Popular no Porto
mai 1974: Spectacle de « chant libre » au théâtre São Luiz
mai 1974

L’Emissora Nacional et la RTP organisent au théâtre São Luiz un spectacle de « chant libre » : on y dit des poèmes de Vinicius de Moraes, Alexandre O’Neill, Ary dos Santos, Manuel Alegre et Sophia de Mello Breyner Andresen, et on y chante « Cantar Não É Talvez Suficiente » (Chanter n’est peut-être pas suffisant), de Manuel Alegre, sur une musique de Francisco Fanhais.1
Théâtre São Luiz · Sophia de Mello Breyner Andresen · Francisco Fanhais
1er mai 1974: Premier 1er Mai en liberté
1er mai 1974

Une semaine après la révolution, environ un demi-million de personnes remplissent Lisbonne : l’Alameda D. Afonso Henriques est le point de rassemblement et le meeting se tient dans le stade de la Fondation nationale pour la joie au travail (FNAT), aussitôt rebaptisé Estádio 1.º de Maio (stade du 1er-Mai), sous le mot d’ordre « Paix, pain et liberté » (Paz, Pão e Liberdade).124 Au meeting prennent la parole, entre autres, Nuno Teotónio Pereira, pour les catholiques progressistes, Mário Soares et Álvaro Cunhal, qui se donnent l’accolade.4 C’est la plus grande manifestation que le pays ait jamais connue.2
Alameda D. Afonso Henriques et Fonte Luminosa · Stade de la FNAT (rebaptisé stade du 1er-Mai) · Mário Soares · Álvaro Cunhal · Nuno Teotónio Pereira
Voir dans les archives : Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
Troisième chapitre du film d’Alfredo Cunha (musique de Rodrigo Leão, réalisation de Miguel Brugo), publié par la Commission le 14 février 2024, avec des photographies des mois qui ont suivi la révolution. Dans le livre, cette partie a un texte de Fernando Rosas et inclut le meeting du premier 1er Mai en liberté, au stade de la FNAT.
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Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».
1er mai 1974: Libération des prisonniers de Tarrafal
1er mai 1974

Rouvert en 1961 pour des prisonniers des mouvements de libération de l’Angola, de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, le camp de Tarrafal détenait encore, au moment de la révolution, 50 Angolais et 14 Cap-Verdiens.31 Le 1er mai, des militants et sympathisants du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) se rendent au camp et libèrent les prisonniers.12
7 mai 1974 · femmes: Les « Trois Maria » sont acquittées
7 mai 1974

Prévue pour le 18 avril, la lecture du jugement n’a lieu que l’après-midi du 7 mai, dans la petite salle de la 6e chambre correctionnelle de la Boa-Hora : le juge Acácio Lopes Cardoso déclare que les Novas Cartas Portuguesas (Nouvelles Lettres portugaises) ne sont ni pornographiques ni immorales, mais une « œuvre d’art, d’un niveau élevé », et acquitte Maria Teresa Horta, Maria Velho da Costa, Maria Isabel Barreno et l’éditeur, Romeu de Melo.51114 Les écrivaines portent des œillets rouges sur la poitrine ; la salle, pleine de féministes portugaises et étrangères, crie « Les femmes unies jamais ne seront vaincues » (Mulheres unidas jamais serão vencidas).43 Cette nuit-là naît le Mouvement de libération des femmes.3
Tribunal de la Boa-Hora · Maria Isabel Barreno · Maria Teresa Horta · Maria Velho da Costa
Hemeroteca Municipal de Lisboa : As Três Marias foram absolvidas
RTP Arquivos : Entrevista às “Três Marias”
- 1Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): “As três Marias foram absolvidas”
- 2Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC): Processo “Novas Cartas Portuguesas”
- 3Esquerda.net
- 4Hemeroteca Municipal de Lisboa – Livros que foram notícia
- 5Malomil (blogue)
- 6Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 7Wikipédia (ponto de partida)
- 8Museu do Aljube – Resistência e Liberdade
- 9Observador
- 10CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
- 11Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
7 mai 1974 · femmes: Naissance du Mouvement de libération des femmes (MLM)
7 mai 1974
Dans la nuit de l’acquittement des « Trois Maria », un groupe de femmes se réunit chez Maria Isabel Barreno, à l’Areeiro, pour discuter de la création d’un mouvement féministe : naît alors le Mouvement de libération des femmes, pour « lutter pour l’égalité et pour la libération des femmes », selon les mots de Maria Teresa Horta.13 Parmi les fondatrices se trouvait Madalena Barbosa.4 Ce fut, selon l’historienne Manuela Tavares, la première association féministe à inscrire à l’agenda politique l’avortement, les sexualités et la violence contre les femmes.3
Maria Isabel Barreno · Madalena Barbosa · Maria Teresa Horta
14 mai 1974: L’Assemblée nationale et la Chambre corporative sont supprimées
14 mai 1974

La loi n° 2/74 supprime l’Assemblée nationale et la Chambre corporative.1 La loi n° 3/74 définit la structure constitutionnelle transitoire : la Constitution de 1933 reste en vigueur en tout ce qui ne contredit pas le programme du Mouvement des forces armées (MFA), et une Assemblée constituante, élue au suffrage universel, direct et secret d’ici au 31 mars 1975, rédigera la nouvelle.2 Le même jour, le décret-loi n° 199/74 supprime les commissions de censure des spectacles.3
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – Extinção da Assembleia Nacional e da Câmara Corporativa (Lei 2/74 de 14 de Maio)
- 2Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – Estrutura constitucional transitória (Lei 3/74 de 14 de Maio)
- 3Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – Extinção da censura a espectáculos (Dec.-Lei 199/74 de 14 de Maio)
15 mai 1974: Spínola entre en fonctions comme président de la République
15 mai 1974

Proclamé président de la République par la Junte de salut national, avec des pouvoirs semblables à ceux de la Constitution alors en vigueur et jusqu’aux élections, le général António de Spínola entre en fonctions au Palácio de Queluz, salué au nom de la Junte par Costa Gomes.21 Le choix d’Adelino da Palma Carlos comme Premier ministre du Ier gouvernement provisoire est perçu comme une victoire spinoliste.1
16 mai 1974: Le Ier gouvernement provisoire, celui de Palma Carlos, entre en fonctions
16 mai 1974

Le Ier gouvernement provisoire, présidé par Adelino da Palma Carlos, entre en fonctions, avec Mário Soares, Álvaro Cunhal et Sá Carneiro, entre autres.21 Maria de Lourdes Pintasilgo est secrétaire d’État à la Sécurité sociale.3
17 mai 1974: Parution du premier « Avante! » légal
17 mai 1974
Après 43 ans de publication clandestine — le premier numéro était paru en février 1931 —, le journal du Parti communiste portugais (PCP) paraît pour la première fois légalement.1
27 mai 1974: Le premier salaire minimum national est fixé
27 mai 1974
Le décret-loi n° 217/74 garantit à tous les salariés, y compris les fonctionnaires, une rémunération d’au moins 3 300 escudos — le premier salaire minimum national, dont bénéficiait environ la moitié de la population active.21 En restaient exclus, pour l’instant, les militaires, les travailleurs agricoles, les employés de maison et les moins de vingt ans.2 C’était une période de grands conflits du travail, dans des entreprises comme la Lisnave, la Timex et les Postes, télégraphes et téléphones (CTT), et d’occupations de logements inhabités.1
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Cronologia Ilustrada – 1974
- 2Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – Primeiras medidas económicas do Governo Palma Carlos: salário mínimo nacional e congelamento de rendas (Dec.-Lei 217/74 de 27 de Maio)
- 3Diário do Governo – Imprensa Nacional-Casa da Moeda (arquivo do Diário da República)
28 mai 1974: Des artistes voilent la statue de Salazar au Palácio Foz
28 mai 1974

Une centaine d’artistes réunis par le Mouvement démocratique des artistes plasticiens, né le 8 mai à la Société nationale des beaux-arts, entrent dans la cour du Palácio Foz, ancien siège du secrétariat d’État à l’Information et au Tourisme, et couvrent d’un drap noir et d’une banderole verte et rouge la statue de Salazar, œuvre du sculpteur Francisco Franco.1 Ils veulent qu’elle soit gardée dans un musée : « L’art fasciste fait mal aux yeux » (A arte fascista faz mal à vista), disait le peintre Vespeira.1
Palácio Foz – Secrétariat de la propagande nationale / Secrétariat national de l’information (SPN/SNI) · Société nationale des beaux-arts · António de Oliveira Salazar
12 juin 1974 · femmes: Le décret-loi n° 251/74 ouvre la magistrature aux femmes
12 juin 1974
Le décret-loi n° 251/74 déclare contraire aux principes démocratiques toute discrimination fondée sur le sexe et ouvre à tous les citoyens, « indépendamment de leur sexe », les fonctions de juge, du ministère public et des cadres des fonctionnaires de justice.21 Jusqu’à la fin de 1977, les femmes âgées de 45 ans au plus pouvaient se présenter aux concours de juge et de substitut du procureur de la République.2 Quelques semaines plus tard, le décret-loi n° 308/74 ouvrirait aux femmes la carrière diplomatique.3
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Diário do Governo – Imprensa Nacional-Casa da Moeda (arquivo do Diário da República): Diário do Governo, I série, n.º 136, de 12 de junho de 1974 (Decreto-Lei n.º 251/74)
- 3Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa – Análise Social
- 4Jornal Objectivo
- 5Diário do Governo – Imprensa Nacional-Casa da Moeda (arquivo do Diário da República): Diário do Governo, I série, n.º 156, suplemento, de 6 de julho de 1974 (Decreto-Lei n.º 308/74)
6 juillet 1974 · femmes: Décret-loi n° 308/74 : les femmes entrent dans la carrière diplomatique
6 juillet 1974

Signé par le ministre des Affaires étrangères, Mário Soares, le texte donne une nouvelle rédaction à la loi organique du ministère et cesse d’exiger que les candidats au service diplomatique soient « de sexe masculin ».21 Le premier concours ouvert aux femmes est lancé le 13 novembre 1974 : elles représentent d’emblée 25 % des candidatures et 11 des 43 admis.1
18 juillet 1974 · femmes: Maria de Lourdes Pintasilgo, ministre des Affaires sociales
18 juillet 1974

Secrétaire d’État à la Sécurité sociale dans le Ier gouvernement provisoire, Maria de Lourdes Pintasilgo prend dans le IIe, celui de Vasco Gonçalves, le ministère des Affaires sociales, qu’elle conserve dans le IIIe, jusqu’au 25 mars 1975.125 Elle introduit le principe de l’universalité des prestations sociales de l’État et fait naître la Commission de la condition féminine.54
RTP Arquivos : Conferência de Imprensa de Melo Antunes
- 1Governo da República Portuguesa – Arquivo Histórico: Governo Provisório II – Composição
- 2Governo da República Portuguesa – Arquivo Histórico: Governo Provisório III – Composição
- 3Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 4Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG)
- 5Arquivo Maria de Lourdes Pintasilgo / Fundação Cuidar o Futuro
- 6RTP Ensina
- 7Diário de Notícias
- 8Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos)
27 juillet 1974: La loi n° 7/74 reconnaît le droit des colonies à l’indépendance
27 juillet 1974

La loi constitutionnelle reconnaît le droit des peuples des colonies à l’autodétermination, « avec toutes ses conséquences », y compris l’acceptation de l’indépendance, et abroge la partie correspondante de l’article 1er de la Constitution de 1933.1 Spínola, à contrecœur, la signe et l’annonce au pays.32
27 août 1974: Le décret-loi n° 392/74 réglemente le droit de grève
27 août 1974
Abrogeant l’interdiction de la grève et du lock-out inscrite dans le Statut du travail national de 1933, le texte garantit aux travailleurs le droit de grève, à l’exception des forces militaires et militarisées, des magistrats, des polices, des gardiens de prison et des pompiers.1
7 septembre 1974: L’accord de Lusaka fixe l’indépendance du Mozambique au 25 juin 1975
7 septembre 1974

Signé à Lusaka par le Front de libération du Mozambique (FRELIMO), de Samora Machel, et par une délégation portugaise dont faisait partie Mário Soares, l’accord prévoit le transfert progressif des pouvoirs, avec un haut-commissaire et un gouvernement de transition, et l’indépendance du Mozambique le 25 juin 1975, date anniversaire du FRELIMO.1 Le cessez-le-feu commence à 0 h le 8 septembre.1
10 septembre 1974: Le Portugal reconnaît l’indépendance de la Guinée-Bissau
10 septembre 1974

En application du protocole signé à Alger le 26 août avec le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), le président Spínola déclare que le Portugal reconnaît solennellement l’indépendance de la République de Guinée-Bissau, que le PAIGC avait proclamée unilatéralement en septembre 1973.124
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – Declaração sobre a independência da Guiné-Bissau
- 2Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – Acordo entre o Governo Português e o PAIGC
- 3Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Cronologia Ilustrada – 1974
- 4Associação 25 de Abril
- 5Diário do Governo – Imprensa Nacional-Casa da Moeda (arquivo do Diário da República)
28 septembre 1974: La « majorité silencieuse » et les barricades
28 septembre 1974

Spínola et des secteurs conservateurs ont convoqué pour le 28 septembre, à Belém, une manifestation de soutien au président, censée légitimer le renforcement de ses pouvoirs.12 Des syndicats, des commissions d’habitants et des partis de gauche ont dressé des barricades aux entrées de Lisbonne et dans tout le pays ; le Commandement opérationnel du continent (COPCON), d’Otelo Saraiva de Carvalho, a arrêté des organisateurs, Spínola a annulé la manifestation et le Mouvement des forces armées (MFA) l’a interdite.1325 Le 30 septembre, Spínola a démissionné et Costa Gomes lui a succédé.4
Palácio de Belém · António de Spínola · Otelo Saraiva de Carvalho · Costa Gomes
RTP Arquivos : Liberdade é Nome de Mulher
- 1Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: 28 de Setembro
- 2Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Apelos à «maioria silenciosa»
- 3Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Detenções do 28 de setembro
- 4RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola)
- 5Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
30 septembre 1974: Spínola démissionne ; Costa Gomes devient président
30 septembre 1974

Lors d’une réunion du Conseil d’État, dans une intervention retransmise par la RTP, le général Spínola annonce sa démission de la présidence de la République, deux jours après l’échec de la « majorité silencieuse ».12 Le général Costa Gomes lui succède et le IIIe gouvernement provisoire entre en fonctions, de nouveau dirigé par Vasco Gonçalves ; la domination politique des militaires et de la gauche se renforce.43
15 novembre 1974 · femmes: La loi électorale consacre le suffrage universel à 18 ans
15 novembre 1974
Le décret-loi n° 621-A/74, qui approuve la partie de la loi électorale relative au recensement électoral, définit comme électeurs de l’Assemblée constituante « les citoyens portugais des deux sexes, âgés de 18 ans révolus », et reconnaît le droit de vote aux analphabètes.1 Pour la première fois, les femmes votent dans les mêmes conditions que les hommes.24 Le recensement commence le 9 décembre et inscrit plus de 6,2 millions d’électeurs, dont 53 % de femmes, pour les élections du 25 avril 1975.32
- 1Diário da República Eletrónico
- 2Assembleia da República
- 3Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 4Ordem dos Advogados
- 5Wikipédia (português)
- 6RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): Eleições para a Assembleia Constituinte
- 7RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): A eleição da Assembleia Constituinte
21 novembre 1974: Humberto Delgado réintégré à titre posthume
21 novembre 1974

Considérant que « la Nation ressent comme son devoir la reconnaissance publique des vertus et de la valeur » du général Humberto Delgado, le décret-loi n° 647/74 le réintègre à titre posthume dans son grade de l’armée de l’air.1 Delgado avait été assassiné en 1965 près d’Olivença ; ses restes seraient transférés à Lisbonne en 1975 et au Panthéon national en 1990.2
1975
1975 · femmes: Maria Lamas revient à « Modas e Bordados », comme directrice honoraire
1975

Écartée d’O Século en 1947, quand la police a fermé le Conseil national des femmes portugaises, Maria Lamas est invitée par Maria Antónia Fiadeiro, rédactrice en chef, à devenir directrice honoraire de la revue où elle avait travaillé près de vingt ans.1 Fiadeiro lui consacre un numéro spécial, et la revue prend le nom de Mulher – Modas e Bordados (Femme – Modes et broderies), avec une ligne éditoriale féministe.2
O Século — la rédaction de « Modas e Bordados » · Maria Lamas · Maria Antónia Fiadeiro
13 janvier 1975 · femmes: Manifestation féministe du MLM attaquée au Parque Eduardo VII
13 janvier 1975

Une quinzaine de militantes du Mouvement de libération des femmes, parmi lesquelles Maria Teresa Horta, préparent au Parque Eduardo VII une action symbolique : brûler des « symboles de l’oppression » — le Code civil et le Code pénal, des revues pornographiques, des chiffons à poussière —, avec une mariée, une femme au foyer et une vamp pour incarner les stéréotypes féminins.21 Attirée par un article de l’Expresso qui annonçait un « strip-tease », une foule d’hommes insulte, pelote et agresse les femmes ; seule la mariée n’est pas touchée.23 Beaucoup se réfugient chez Madalena Barbosa, à côté du parc.3 « Dix femmes seulement ont suffi à mettre le centre-ville en émoi. Que pourront faire cent mille ? », a demandé Maria Antónia Palla dans O Século Ilustrado.1
Parque Eduardo VII · Madalena Barbosa · Maria Antónia Palla · Maria Teresa Horta
RTP Arquivos : Boicote à manifestação do Movimento de Libertação das Mulheres
15 janvier 1975: L’accord d’Alvor fixe l’indépendance de l’Angola
15 janvier 1975
Le gouvernement portugais et les trois mouvements de libération angolais — le Front national de libération de l’Angola (FNLA), le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) et l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) — signent à Alvor un accord qui crée un gouvernement de transition et fixe l’indépendance de l’Angola au 11 novembre 1975.12
1er février 1975 · femmes: Création de la Commission de la condition féminine
1er février 1975

À l’initiative de Maria de Lourdes Pintasilgo, ministre des Affaires sociales, le décret-loi n° 47/75 dote de l’autonomie administrative et place en phase d’installation la Commission de la condition féminine (CCF), héritière de la Commission pour la politique sociale relative à la femme, qu’elle présidait depuis 1973.513 Ancêtre de l’actuelle Commission pour la citoyenneté et l’égalité de genre (CIG), la CCF entreprend le recensement des discriminations légales à l’égard des femmes et les premières propositions de réforme du droit de la famille et du droit du travail.1
15 février 1975 · femmes: Le Protocole additionnel au Concordat ouvre la voie au divorce des mariages catholiques
15 février 1975
Au Vatican, le Portugal et le Saint-Siège signent un Protocole additionnel qui donne une nouvelle rédaction à l’article XXIV du Concordat de 1940 : les tribunaux civils ne sont plus empêchés de prononcer le divorce des mariages catholiques, et le Saint-Siège se borne à rappeler aux catholiques le « grave devoir » de ne pas y recourir.31 Il a été signé, pour l’État portugais, par le ministre de la Justice, Salgado Zenha.1 Il ouvrait la voie à la nouvelle loi sur le divorce, en mai.4
du 19 février au 7 novembre 1975: L’« affaire Renascença »
du 19 février au 7 novembre 1975

Après le 11 Mars, une commission de travailleurs occupe à Lisbonne les studios de la Rádio Renascença, propriété de l’épiscopat.12 Le 18 juin, une manifestation de soutien aux travailleurs croise une contre-manifestation de catholiques, qui se réfugient au Patriarcat.1 Le Premier ministre, Pinheiro de Azevedo, fait fermer la station le 29 septembre ; la station est réoccupée le 21 octobre, et le conflit ne prend fin qu’avec la destruction à la bombe des émetteurs de Buraca, sur ordre du gouvernement, le 7 novembre.1
Rádio Renascença (studios de la Rua Capelo) · Pinheiro de Azevedo
8 mars 1975 · femmes: Première Journée internationale des droits des femmes célébrée en liberté
8 mars 1975
Après des commémorations clandestines et réprimées — à Lisbonne, en 1953, à Porto, en 1962, dans la Serra de Sintra, en 1969 —, le 8 Mars est pour la première fois célébré en liberté au Portugal.1 C’est l’Année internationale de la femme, proclamée par l’ONU.2
RTP Arquivos : Comemorações do Dia Internacional da Mulher em Lisboa
11 mars 1975: Échec du coup d’État spinoliste du 11 Mars
11 mars 1975

L’aile spinoliste tente un coup d’État : des avions de la base aérienne n° 3 attaquent la caserne du 1er régiment d’artillerie légère (RAL 1), à Lisbonne, et des parachutistes de Tancos l’encerclent ; le soldat Joaquim Carvalho Luís meurt.531 À la caserne du Carmo, des officiers de la Garde nationale républicaine (GNR) arrêtent le commandant général ; le Commandement opérationnel du continent (COPCON) occupe l’aéroport, la 5e division l’Emissora Nacional, et l’émetteur du Rádio Clube Português à Porto Alto est attaqué.536 Le coup d’État échoue en début d’après-midi et Spínola s’enfuit en hélicoptère en Espagne ; suivent la création du Conseil de la révolution et la nationalisation des banques et des assurances.62
Caserne du 1er régiment d’artillerie légère (RAL 1, puis RALIS) · Largo do Carmo et caserne du Carmo · Aéroport de Lisbonne (Portela) · Emissora Nacional (Rua do Quelhas) · Rádio Clube Português (studios de la Rua Sampaio e Pina) · António de Spínola
RTP Arquivos : Intentona de 11 de Março
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Cronologia Ilustrada – 1975
- 2Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – Instituição do Conselho da Revolução (Lei 5/75 de 14 de Março)
- 3Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 4Ler História, n.º 69 (OpenEdition Journals)
- 5RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): RAL 1 – Lisboa
- 6RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): Os acontecimentos do 11 de Março de 1975
- 7RTP Ensina
14 mars 1975: Création du Conseil de la révolution et nationalisation des banques
14 mars 1975
La loi constitutionnelle n° 5/75 supprime la Junte de salut national et le Conseil d’État, et crée le Conseil de la révolution et l’Assemblée du Mouvement des forces armées (MFA) : le Mouvement s’institutionnalise ainsi après le 11 Mars.41 Le même jour, le décret-loi n° 132-A/75 nationalise les banques commerciales ; le 15 mars, les nationalisations s’étendent aux assurances.2
- 1Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Institucionalização do MFA
- 2Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Reformas económicas
- 3RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola)
- 4Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – Instituição do Conselho da Revolução (Lei 5/75 de 14 de Março)
- 5Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra: Legislação 25A – As jornadas de Março segundo a Imprensa; Costa Gomes dá posse ao Conselho da Revolução (20/3/75)
- 6RTP Arquivos
25 avril 1975 · femmes: Premières élections libres et au suffrage universel
25 avril 1975

Un an après la révolution, 91,7 % des électeurs votent aux premières élections libres, celles de l’Assemblée constituante ; le nombre d’électeurs inscrits était passé d’environ 1,8 million, en 1973, à plus de 6,2 millions, dont 53 % de femmes.214 Le Parti socialiste (PS) l’emporte avec 37,9 %, suivi du Parti populaire démocratique (PPD), avec 26,4 %, et du Parti communiste portugais (PCP), avec 12,5 %.2 Sont élues 20 députées sur 250, soit environ 8 %.1
Voir dans les archives : Assembleia da República
Court documentaire du Parlement sur les élections à l’Assemblée constituante du 25 avril 1975, le premier scrutin libre et universel du pays. Environ 92 % des électeurs inscrits ont voté, soit près de six millions de personnes.
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RTP Arquivos : Eleições para a Assembleia Constituinte em Lisboa
- 1Assembleia da República
- 2Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 3Comissão Nacional de Eleições
- 4Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
- 5RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): Eleições para a Assembleia Constituinte
- 6RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): Resultado das eleições
- 7Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 8Assembleia da República – Comunicar
- 9Centro de Documentação 25 de Abril – Universidade de Coimbra
25 avril 1975 · femmes: Élection de l’Assemblée constituante : 20 députées
25 avril 1975

Aux élections à l’Assemblée constituante, 20 femmes sont élues sur un total de 250 députés.2 Avec les démissions et les remplacements, 27 députées siègent jusqu’au 2 avril 1976 — 16 du Parti socialiste (PS), cinq du Parti communiste portugais (PCP), cinq du Parti populaire démocratique (PPD) et une du Centre démocratique et social (CDS) —, parmi lesquelles Sophia de Mello Breyner Andresen, Maria Alda Nogueira et Helena Roseta.12 À la Chambre, on les appelait « minha senhora » (madame), et les rires qui avaient accueilli la proposition d’un article sur l’égalité de la femme justifiaient, aux yeux d’Alda Nogueira, que le principe figure dans la Constitution.2
Palácio de São Bento · Sophia de Mello Breyner Andresen · Maria Alda Nogueira · Helena Roseta
Voir dans les archives : Assembleia da República
Court reportage de la série « Cápsula do Tempo » (Capsule temporelle), du Parlement, consacré aux femmes de l’Assemblée constituante de 1975–1976.
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19 mai 1975: Début de l’« affaire República »
19 mai 1975

Les travailleurs du República écartent le directeur, Raul Rego, le directeur adjoint et le rédacteur en chef, qu’ils accusent d’être les porte-parole du Parti socialiste (PS) ; Rego et les journalistes solidaires restent retenus dans les locaux jusqu’à ce que le ministre de la Communication sociale ordonne leur libération.21 L’affaire devient l’un des principaux affrontements de la révolution : quand le journal reparaît, en juillet, sous direction militaire, les ministres du PS de Mário Soares quittent le gouvernement.23
Siège du journal República (Rua da Misericórdia) · Mário Soares
27 mai 1975 · femmes: Le décret-loi n° 261/75 permet le divorce des personnes mariées à l’Église
27 mai 1975
En application du Protocole additionnel au Concordat, le IVe gouvernement provisoire modifie le Code civil : le mariage catholique est désormais régi, dans ses effets, par la loi de l’État et peut être dissous par les tribunaux civils « dans les mêmes termes et pour les mêmes motifs » que le mariage civil.12 Le texte, dû au ministre de la Justice Salgado Zenha — la nouvelle loi sur le divorce —, institue aussi le divorce par consentement mutuel.1
27 mai 1975 · femmes: Nouvelle loi sur le divorce
27 mai 1975
Promulgué le 22 mai, le décret-loi n° 261/75 est resté connu comme la nouvelle loi sur le divorce.13 Depuis le Concordat de 1940, les tribunaux civils ne pouvaient pas prononcer le divorce des mariages catholiques — une solution qui, notait le texte, n’était en vigueur qu’au Portugal et en République dominicaine.3 Pour les historiens des Memórias da Revolução (Mémoires de la révolution), de la RTP, jusqu’au 25 Avril les femmes étaient empêchées de divorcer et de voyager à l’étranger sans le consentement de leur mari.2
- 1RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): Nova lei do divórcio
- 2RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): Direitos das mulheres
- 3Diário da República Eletrónico
- 4Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa – Análise Social
2 juin 1975 · femmes: Séance inaugurale de l’Assemblée constituante
2 juin 1975

Avec un discours du président Costa Gomes, l’Assemblée constituante, qui travaillera dix mois, s’ouvre à São Bento.31 Des 27 députées qui y ont siégé, six seulement ont participé à des commissions et seule Sophia de Mello Breyner Andresen en a présidé une, celle de la rédaction du préambule de la Constitution ; Maria Alda Nogueira a été la seule femme de la 1re commission.1
Palácio de São Bento · Costa Gomes · Sophia de Mello Breyner Andresen · Maria Alda Nogueira
Voir dans les archives : Assembleia da República
Évocation, par le Parlement, de la séance inaugurale de l’Assemblée constituante, ouverte à 16 h 12 le 2 juin 1975 par le président par intérim Henrique de Barros. Elle suit les travaux jusqu’à l’approbation de la Constitution, le 2 avril 1976.
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RTP Arquivos : Abertura solene da Assembleia Constituinte
- 1Assembleia da República
- 2RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): A eleição da Assembleia Constituinte
- 3RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): Abertura solene da Assembleia Constituinte
25 juin 1975: Indépendance du Mozambique
25 juin 1975
Le Mozambique devient indépendant, à la date fixée par l’accord de Lusaka : l’anniversaire de la fondation du Front de libération du Mozambique (FRELIMO).123
5 juillet 1975: Indépendance du Cap-Vert
5 juillet 1975

L’indépendance du Cap-Vert est proclamée dans la ville de Praia.12 Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) avait été fondé en 1956 par Amílcar Cabral et d’autres ; Cabral avait été assassiné à Conakry en 1973.43
12 juillet 1975: Indépendance de Sao Tomé-et-Principe
12 juillet 1975
Sao Tomé-et-Principe devient indépendant.12 En novembre, la poète Alda do Espírito Santo, plus tard ministre de l’Éducation et de la Culture, écrit les paroles de l’hymne national, « Independência Total » (Indépendance totale).3
13 juillet 1975: L’assaut contre le siège du PCP à Rio Maior ouvre l’« Été chaud »
19 juillet 1975: Meeting du PS à la Fonte Luminosa
19 juillet 1975

Sur l’Alameda D. Afonso Henriques, près de la Fonte Luminosa, le Parti socialiste (PS) a rassemblé une foule ; Mário Soares a attaqué directement le Parti communiste portugais (PCP), le Premier ministre Vasco Gonçalves et l’Intersindical, et a exigé la démission du chef du gouvernement.12 Le meeting est considéré comme l’un des moments décisifs de l’Été chaud.21
Alameda D. Afonso Henriques et Fonte Luminosa · Mário Soares
du août 1975 au octobre 1975: Le « pont aérien » ramène d’Angola plus de 228 000 personnes
du août 1975 au octobre 1975

Entre août et octobre 1975, le « pont aérien » organisé par le gouvernement entre Luanda et l’aéroport de Lisbonne transporte 228 471 passagers, en partie dans des avions prêtés par d’autres pays, avant l’indépendance de l’Angola, prévue pour le 11 novembre.1 On estime qu’environ un demi-million de personnes, qu’on a appelées les « retornados » (rapatriés), sont arrivées des anciennes colonies, surtout pendant l’été et l’automne 1975.2 Les caisses contenant leurs biens ont couvert pendant des mois le quai de la gare maritime d’Alcântara.3
8 août 1975: Le « Document des Neuf »
8 août 1975

Un groupe d’officiers du Mouvement des forces armées (MFA) — parmi les signataires figurait Salgueiro Maia — signe le « Document des Neuf » (Documento dos Nove), contre l’orientation du Premier ministre Vasco Gonçalves.13 Le 13 août, le Commandement opérationnel du continent (COPCON), d’Otelo Saraiva de Carvalho, répond par son « autocritique révolutionnaire », le « Document du COPCON » : le MFA se scinde en trois camps — les « Neuf », proches du Parti socialiste (PS), les « gonçalvistes », liés au Parti communiste portugais (PCP), et la ligne d’Otelo.2
27 septembre 1975: Des manifestants détruisent l’ambassade d’Espagne à Lisbonne
12 octobre 1975 · femmes: 2e Rencontre nationale du MDM au lycée D. Filipa de Lencastre
12 octobre 1975
Sous le mot d’ordre « Femme : le Portugal nouveau est aussi ton fils » (Mulher: Portugal novo também é teu filho), le Mouvement démocratique des femmes se réunit au lycée D. Filipa de Lencastre, à Lisbonne, lors d’une rencontre présidée par Maria Lamas et d’autres dirigeantes.1 Il élit Maria Lamas présidente d’honneur, approuve ses premiers statuts et envoie au président de l’Assemblée constituante une motion contre le fait que n’ait encore été approuvée « aucune mesure relative à l’égalité des droits entre la femme et l’homme ».1
7 novembre 1975: Des militaires font sauter les émetteurs de la Rádio Renascença
7 novembre 1975

Sur ordre du gouvernement, le Groupement militaire d’intervention fait sauter les émetteurs de la Rádio Renascença, à Buraca, mettant fin au conflit avec les travailleurs qui occupaient la station.12 Le 27 novembre, la Rádio Renascença serait rendue à l’Église.1
11 novembre 1975: Indépendance de l’Angola
11 novembre 1975

Après le retrait des autorités portugaises, le 10 novembre, l’indépendance de l’Angola, fixée par l’accord d’Alvor, est proclamée ; le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), d’Agostinho Neto, prend seul le pouvoir à Luanda, et le pays plonge dans une longue guerre civile.123
12 novembre 1975: Les ouvriers du bâtiment encerclent l’Assemblée constituante
12 novembre 1975

En lutte pour leur convention collective de travail, une manifestation d’ouvriers du bâtiment — environ 100 000 personnes, selon la presse de l’époque — encercle le Palácio de São Bento et empêche les députés constituants de sortir pendant 36 heures.42 Dans la résidence officielle voisine est retenu le Premier ministre, Pinheiro de Azevedo, qui ne conclut un accord avec les syndicats qu’au petit matin du 14 ; les députés sortent à la fin de la matinée du 13, entre deux haies de manifestants.467 Parmi eux se trouvaient Sophia de Mello Breyner Andresen, qui a répondu « Fasciste, moi ? » (Fascista, eu?), et Helena Roseta, qui protesterait à la Constituante contre le « spectacle de manipulation ».34
Palácio de São Bento · Pinheiro de Azevedo · Sophia de Mello Breyner Andresen · Helena Roseta
RTP Arquivos : Sessão na Assembleia Constituinte
- 1Assembleia da República – Comunicar (n.º 94)
- 2Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 3Assembleia da República
- 4Assembleia da República – Comunicar: O cerco ao Palácio de São Bento (12/13 de novembro)
- 5RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): Cerco à Assembleia Constituinte – Parte 1
- 6RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): Cerco à Assembleia Constituinte – Parte 2
- 7RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): A eleição da Assembleia Constituinte
- 8Assembleia da República – Comunicar: A construção da democracia (1974-1976)
16 novembre 1975: Manifestation unitaire sur le Terreiro do Paço
16 novembre 1975

Quatre jours après l’encerclement de São Bento, une grande manifestation unitaire s’est tenue sur le Terreiro do Paço contre le « virage à droite » du VIe gouvernement provisoire ; les députés du Parti socialiste (PS), du Parti populaire démocratique (PPD) et du Centre démocratique et social (CDS) étaient partis pour Porto, estimant qu’il n’y avait pas de sécurité à Lisbonne.1 À la Constituante, le député communiste Octávio Pato l’a évoquée comme « un jalon dans le combat pour la révolution démocratique, sur la voie du socialisme ».1
Terreiro do Paço (Praça do Comércio)
RTP Arquivos : Manifestação de trabalhadores da cintura industrial de Lisboa I
25 novembre 1975: Le 25 Novembre : fin de la période révolutionnaire
25 novembre 1975

Au petit matin, des parachutistes de la base-école de Tancos occupent des bases aériennes et le commandement de la 1re région aérienne, à Monsanto ; des forces du Régiment d’artillerie de Lisbonne (RALIS), l’ancien 1er régiment d’artillerie légère (RAL 1), prennent position et l’École pratique d’administration militaire occupe les studios de la RTP.24 Au Palácio de Belém, le président Costa Gomes fait appel à Álvaro Cunhal pour démobiliser les militants du Parti communiste portugais (PCP) et décrète l’état de siège dans la région de Lisbonne ; les Commandos d’Amadora, du camp des militaires du « Groupe des Neuf », ripostent.21 L’Emissora Nacional est occupée par la Police militaire et le Rádio Clube Português cesse d’émettre ; le 26, l’attaque des Commandos contre le Régiment de police militaire, sur la Calçada da Ajuda — la caserne de Lanceiros 2 —, fait trois morts.21 Otelo Saraiva de Carvalho est écarté de la tête du Commandement opérationnel du continent (COPCON).1
Palácio de Belém · Caserne de Lanceiros 2 / Régiment de police militaire (Calçada da Ajuda) · Studios de la RTP au Lumiar · Emissora Nacional (Rua do Quelhas) · Rádio Clube Português (studios de la Rua Sampaio e Pina) · Caserne du 1er régiment d’artillerie légère (RAL 1, puis RALIS) · Costa Gomes · Otelo Saraiva de Carvalho · Álvaro Cunhal
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: 25 de Novembro de 1975
- 3RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): 25 de Novembro
- 4RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola): O desencadear do 25 de Novembro
- 5Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril: Salgueiro Maia
1976
4 février 1976 · femmes: La RTP diffuse « O Aborto não é um Crime » (L’avortement n’est pas un crime), de Maria Antónia Palla
4 février 1976

Dans la série Nome Mulher (Nom : femme), qu’elle faisait avec Antónia de Sousa, la journaliste Maria Antónia Palla montre la pratique de l’avortement clandestin dans un reportage réalisé par Monique Rutler, de la coopérative Cinequipa.12 Face aux protestations, la série est suspendue et, après une plainte de la direction de la maternité Alfredo da Costa pour « exercice illégal de la médecine », le ministère public accuse Palla d’outrage public à la pudeur et d’incitation au crime.21 Le procès s’ouvre le 16 mai 1979 au tribunal de la Boa-Hora, avec l’avocate Lia Viegas pour la défense ; Palla soutient alors qu’il est urgent de légaliser l’avortement, pour en finir avec « ce commerce scandaleux qu’est l’avortement clandestin ».12 Elle est finalement acquittée.2
Tribunal de la Boa-Hora · Maria Antónia Palla
2 avril 1976 · femmes: L’Assemblée constituante approuve la Constitution de la République
2 avril 1976

Après dix mois de travaux au Palácio de São Bento, l’Assemblée constituante lit intégralement le texte de la Constitution à partir de 9 h 45 et l’approuve dans l’après-midi, le Centre démocratique et social (CDS) votant contre ; vers 22 h, le président Costa Gomes signe le décret de promulgation.109 L’article 13 interdit de privilégier ou de désavantager quiconque en raison de son sexe et l’article 36 donne aux époux « des droits et des devoirs égaux », ce qui oblige à réviser le Code civil.62 Des 27 députées passées par la Constituante, seule Sophia de Mello Breyner Andresen a présidé une commission, celle de la rédaction du préambule.1 La Constitution entre en vigueur le 25 avril 1976, le jour des premières élections législatives.610
Palácio de São Bento · Costa Gomes · Sophia de Mello Breyner Andresen
Voir dans les archives : Assembleia da República
Évocation, par le Parlement, de la séance inaugurale de l’Assemblée constituante, ouverte à 16 h 12 le 2 juin 1975 par le président par intérim Henrique de Barros. Elle suit les travaux jusqu’à l’approbation de la Constitution, le 2 avril 1976.
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RTP Arquivos : Aprovação da Constituição da República Portuguesa 1976
- 1Assembleia da República: As mulheres na Constituinte de 1975-1976
- 2Assembleia da República: A revisão do Código Civil e os Direitos das Mulheres (1977)
- 3Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 4Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG)
- 5Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa – Análise Social
- 6Assembleia da República: Constituição da República Portuguesa – texto originário, aprovado em 2 de abril de 1976
- 7Assembleia da República – Comunicar: O cerco ao Palácio de São Bento (12/13 de novembro)
- 8Assembleia da República – Comunicar: A construção da democracia (1974-1976)
- 9RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola)
- 10Assembleia da República – Comunicar: Sessão de encerramento da Assembleia Constituinte (1976)
1976–aujourd’huiAprès 1976
La démocratie constitutionnelle — et la lutte des femmes pour l’égalité dans la loi et dans la vie, qui ne s’est pas arrêtée en 1976.51 dates34 femmes
1976
25 avril 1976: Premières élections législatives
25 avril 1976

Le jour où la nouvelle Constitution entre en vigueur, les Portugais élisent pour la première fois les 263 députés de l’Assemblée de la République, un an après les élections à la Constituante.52 Le Parti socialiste (PS) de Mário Soares l’emporte avec 34,88 % et 107 députés, devant le Parti populaire démocratique (PPD), avec 24,35 %, le Centre démocratique et social (CDS), avec 15,97 %, et le Parti communiste portugais (PCP), avec 14,39 % ; l’abstention double, passant de 8,34 % à 16,47 %.51 La campagne se déroule dans un climat de violence politique : le 2 avril, une bombe placée dans la voiture où ils se trouvaient tue le père Maximino de Sousa, candidat de l’Union démocratique populaire (UDP) à Vila Real, et une jeune femme de 19 ans.5
Palácio de São Bento · Mário Soares
- 1Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
- 2Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
- 3Assembleia da República – Comunicar: O cerco ao Palácio de São Bento (12/13 de novembro)
- 4Assembleia da República – Comunicar: A construção da democracia (1974-1976)
- 5Assembleia da República
- 6Comissão Nacional de Eleições
29 avril 1976 · femmes: Le Conseil de la révolution supprime « O Século — Hoje », de Natália Correia
29 avril 1976

Depuis le 20 avril, Natália Correia dirigeait O Século — Hoje (Le Siècle — Aujourd’hui), supplément politique quotidien d’O Século, à l’invitation du directeur du journal, João Gaspar Simões ; le premier numéro avait pour éditorial la Déclaration universelle des droits de l’homme, et celui du 24 avril, veille d’élections, est paru avec « Visé par la Commission de réflexion » (Visado pela Comissão de Reflexão) en rouge à la une.1 Le 29 avril, sur proposition du président Costa Gomes, le Conseil de la révolution le supprime pour avoir publié des articles « offensants et calomnieux pour le Conseil de la révolution et pour les Forces armées ».1 Le neuvième et dernier numéro paraît le lendemain.1
O Século — la rédaction de « Modas e Bordados » · Natália Correia · Costa Gomes
27 juin 1976: Ramalho Eanes, élu premier président constitutionnel
27 juin 1976

António Ramalho Eanes est le premier président de la République élu dans le cadre de la Constitution de 1976, avec 61,5 % des voix, devant Otelo Saraiva de Carvalho (16,5 %), Pinheiro de Azevedo (14,4 %) et Octávio Pato (7,5 %).1 Le même jour sont élues les assemblées régionales des Açores et de Madère.2 Ce n’est qu’après cette élection qu’entre en fonctions le Ier gouvernement constitutionnel.3
23 juillet 1976: Le Ier gouvernement constitutionnel, celui de Mário Soares, entre en fonctions
23 juillet 1976

Le Ier gouvernement constitutionnel entre en fonctions, composé du seul Parti socialiste (PS) et dirigé par Mário Soares, qui a remporté les élections d’avril sans majorité absolue et tient sa promesse de gouverner seul ; c’est la fin de la phase des gouvernements provisoires.134 Dans la composition du gouvernement, de 1976 à 1978, il n’y a qu’une seule femme : Manuela Morgado, secrétaire d’État au Trésor, puis aux Finances.1
1977
novembre 1977 · femmes: La révision du Code civil met fin au « chef de famille »
novembre 1977

En janvier 1977, la commission chargée de réviser le Code civil, présidée par Isabel de Magalhães Colaço, la première femme à obtenir un doctorat en droit au Portugal, entre en fonctions devant le ministre de la Justice, Almeida Santos ; elle compte parmi ses membres Maria da Nazareth Lobato Guimarães, la première à enseigner le droit à l’université de Coimbra.1 Le 12 juillet, l’Assemblée de la République autorise le gouvernement à légiférer, avec les seuls votes contre du Centre démocratique et social (CDS) ; Alda Nogueira, du Parti communiste portugais (PCP), salue une proposition qui « réintègre la femme à la place qui lui revient » dans la famille, « comme l’être aux droits et aux devoirs égaux qu’elle est ».1 Le décret-loi n° 496/77, promulgué le 6 octobre et publié le 25 novembre, entre en vigueur le 1er avril 1978 : le pouvoir marital disparaît, et le mariage repose désormais sur l’égalité des droits et des devoirs des époux.41 La Commission de la condition féminine a été très impliquée dans ces changements.3
Palácio de São Bento · Maria Alda Nogueira
Voir dans les archives : Assembleia da República
Reportage du Parlement sur la révision du Code civil de 1977, entrée en vigueur le 1er avril 1978, qui a changé les droits des femmes dans la famille et au travail.
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Assembleia da República, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».
17 novembre 1977 · femmes: Le décret-loi n° 485/77 institutionnalise la Commission de la condition féminine
17 novembre 1977

En phase d’installation depuis 1975, la Commission de la condition féminine reçoit sa loi organique : le décret-loi n° 485/77 l’intègre à la présidence du Conseil des ministres, sous l’autorité du Premier ministre, pour « soutenir toutes les formes de prise de conscience des femmes portugaises et l’élimination des discriminations pratiquées à leur encontre ».21 Son conseil consultatif comprend une section interministérielle et une autre d’organisations non gouvernementales de femmes, que Maria de Lourdes Pintasilgo avait déjà appelées à travailler avec la commission.21 La Commission pour la citoyenneté et l’égalité de genre (CIG), son héritière, fête à cette date son anniversaire institutionnel.1
25 novembre 1977 · femmes: Décret-loi n° 496/77 : réforme du Code civil
25 novembre 1977
Publié dans un supplément du Diário da República (Journal de la République), le décret-loi n° 496/77 réécrit le droit de la famille pour appliquer la Constitution de 1976, qui impose « la pleine égalité des droits et des devoirs des époux ».1 Le pouvoir marital disparaît : l’orientation de la vie familiale appartient aux deux époux, la résidence de la famille se choisit d’un commun accord, la femme mariée n’a plus pour domicile légal celui de son mari et chaque époux peut exercer n’importe quelle profession sans le consentement de l’autre.1 L’âge du mariage est désormais de 16 ans pour la femme comme pour l’homme, la majorité est abaissée à 18 ans et la discrimination des enfants nés hors mariage prend fin.1 Promulgué le 6 octobre, le texte entre en vigueur le 1er avril 1978 et clôt la révision préparée tout au long de 1977.12
Voir dans les archives : Assembleia da República
Reportage du Parlement sur la révision du Code civil de 1977, entrée en vigueur le 1er avril 1978, qui a changé les droits des femmes dans la famille et au travail.
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1978
18 février 1978: Lisbonne accompagne le transfert des morts de Tarrafal
18 février 1978

Sous une forte pluie, des milliers de personnes traversent Lisbonne en accompagnant les restes des prisonniers morts au camp de concentration de Tarrafal, aux cris de « Tarrafal, plus jamais » (Tarrafal nunca mais) et « Fascisme, plus jamais » (Fascismo nunca mais).1 Au cimetière de l’Alto de São João est inauguré un mausolée, élevé par souscription publique, qui porte les noms des 32 victimes et la dédicace « À ceux qui, dans la longue nuit du fascisme, ont été porteurs de la liberté et sont morts pour la liberté au camp de concentration de Tarrafal ».1 Les 32 sont morts entre 1936 et la première fermeture du camp, en 1954.2
Camp de concentration de Tarrafal (Cap-Vert)
RTP Arquivos : Funeral e trasladação das vítimas do Campo de Concentração do Tarrafal
1979
1er août 1979 · femmes: Maria de Lourdes Pintasilgo, première femme Première ministre
1er août 1979

Invitée par le président Ramalho Eanes à diriger un gouvernement de gestion, Maria de Lourdes Pintasilgo entre en fonctions au Palácio da Ajuda à la tête du Ve gouvernement constitutionnel, qui dure jusqu’en janvier 1980.134 Elle est la première femme à diriger un gouvernement au Portugal et la deuxième en Europe, après Margaret Thatcher.35 Son gouvernement compte deux autres femmes, les secrétaires d’État Teresa Santa Clara Gomes et Gabriela Guedes Salgueiro, et l’écrivaine Maria Velho da Costa est l’adjointe du secrétaire d’État à la Culture, Helder Macedo.28
Maria de Lourdes Pintasilgo · Maria Velho da Costa
RTP Arquivos : Tomada de posse de Maria de Lurdes Pintasilgo
20 septembre 1979 · femmes: Décret-loi n° 392/79 : égalité au travail et dans l’emploi
20 septembre 1979
Le texte garantit aux femmes l’égalité des chances et de traitement avec les hommes au travail et dans l’emploi, interdit les offres d’emploi exprimant une préférence de sexe et abroge les normes qui leur interdisaient l’accès à quelque emploi ou profession que ce soit ; il crée, auprès du ministère du Travail, la Commission pour l’égalité au travail et dans l’emploi (CITE).1 Dans le préambule, le gouvernement reconnaît que l’égalité « ne sera pas atteinte par le seul effet de la loi ».1 Il a été approuvé en Conseil des ministres le 31 juillet 1979, encore par le gouvernement de Carlos Mota Pinto, et promulgué par le président Ramalho Eanes le 31 août.1
1980
25 avril 1980: Une plaque posée par des citoyens sur l’ancien siège de la PIDE
25 avril 1980

Pour le sixième anniversaire de la révolution, un groupe de citoyens appose sur la façade de l’ancien siège de la PIDE/DGS, dans la Rua António Maria Cardoso, une plaque : « Ici, l’après-midi du 25 avril 1974, la PIDE a ouvert le feu sur le peuple de Lisbonne et a tué » (Aqui, na tarde de 25 de Abril de 1974, a PIDE abriu fogo sobre o povo de Lisboa e matou), suivie des noms de Fernando Giesteira, José Barneto, Fernando Reis et João Arruda — dont deux mal orthographiés, « Fernando C. Gesteira » et « José Guilherme R. Arruda ».1234 Retirée lors des travaux qui ont fait de l’immeuble une copropriété de luxe, la plaque n’a été remise en place qu’à la fin de 2009, après une plainte du mouvement Não Apaguem a Memória (« N’effacez pas la mémoire »), et dans un coin inférieur presque invisible pour les passants.1 Volée fin mars 2014, elle a été remplacée par la mairie de Lisbonne par une réplique, au même endroit, en avril de la même année.5 En 2010, la mairie y avait posé une autre plaque, sur l’histoire du lieu.3
Siège de la PVDE / PIDE / DGS · Fernando Giesteira · José Barneto · Fernando Reis · João Arruda
26 juillet 1980 · femmes: Le Portugal ratifie sans réserve la convention CEDAW
26 juillet 1980
La loi n° 23/80, votée par l’Assemblée de la République le 27 juin et promulguée par le président Ramalho Eanes le 14 juillet, approuve, en vue de sa ratification, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 1979.452 Le Portugal, qui l’avait signée le 24 avril, dépose sa ratification le 30 juillet 1980, sans réserve.5 Il a été l’un des premiers pays à le faire, grâce à la révision globale de la législation menée après le 25 Avril, la Commission de la condition féminine se chargeant de recenser les discriminations dans les lois.23
- 1Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG): Legislação (base de dados)
- 2Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG): História da CIG
- 3Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG): Igualdade entre Mulheres e Homens – Enquadramento
- 4Diário da República Eletrónico
- 5Nações Unidas – United Nations Treaty Collection
18 octobre 1980: « Os 10 Magníficos » (Les 10 Magnifiques) au Coliseu, pour les dix ans de la CGTP-IN
18 octobre 1980

Pour le 10e anniversaire de la Confédération générale des travailleurs portugais – Intersindical nationale (CGTP-IN), montent sur la scène du Coliseu dos Recreios José Afonso, Adriano Correia de Oliveira, Sérgio Godinho, José Mário Branco, Paulo de Carvalho, Carlos Mendes, Paco Bandeira, Luísa Basto, le Catalan Pi de la Serra et l’Uruguayen Quintín Cabrera — le groupe qu’on a appelé « Os 10 Magníficos » (Les 10 Magnifiques).1
Coliseu dos Recreios · José Afonso (Zeca Afonso) · Adriano Correia de Oliveira · Sérgio Godinho · José Mário Branco · Paulo de Carvalho · Luísa Basto
1982
2 mars 1982 · femmes: Premier débat parlementaire sur l’avortement et le poème de Natália Correia
2 mars 1982

Lors du premier débat parlementaire sur la légalisation de l’avortement, après la présentation par Zita Seabra du projet de loi n° 309/II, du Parti communiste portugais (PCP), le député du Centre démocratique et social (CDS) João Morgado demande si la femme n’est pas un objet « quand on dissocie sa fonction maternelle de la pratique de l’acte sexuel » et rappelle que l’Église interdit l’avortement parce que, « quand on pratique l’acte sexuel », c’est « pour voir naître un enfant » ; la version restée dans les mémoires, « l’acte sexuel, c’est pour faire des enfants » (o acto sexual é para fazer filhos), il l’a démentie quelques jours plus tard.21 Natália Correia, absente de la séance, lui répond par un poème satirique écrit à la main sur du papier à en-tête de l’Assemblée, qu’elle fait circuler parmi les députés mais ne lit jamais en séance plénière : « Puisque le coït – dit Morgado – a pour fin cristalline, précise et immaculée de faire fille ou garçon… » (Já que o coito – diz Morgado – tem como fim cristalino, preciso e imaculado fazer menina ou menino…).12 Le projet est rejeté le 11 novembre 1982 ; Natália est la seule députée du Parti social-démocrate (PSD) à voter pour.1
Palácio de São Bento · Natália Correia
- 1Assembleia da República
- 2Polígrafo (SAPO)
- 3Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): Diário de Lisboa, n.º 20 793, de 5 de março de 1982 (p. 24: «Um poema de Natália Correia a João Morgado (CDS)»)
- 4Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso (arquivo Ruella Ramos): Diário de Lisboa, de 3 de março de 1982 (p. 5: «"É preciso ter coragem para acabar com o flagelo do aborto clandestino"» e «PCP: um discurso intocável. CDS: a boçalidade sem limites…»)
16 octobre 1982: Mort d’Adriano Correia de Oliveira
16 octobre 1982
Adriano Correia de Oliveira, la voix de « Trova do Vento que Passa » (Ballade du vent qui passe), meurt à Avintes, à 40 ans.12 En 1983, il a reçu, à titre posthume, le grade de commandeur de l’ordre de la Liberté, et en 2009 la mairie de Lisbonne a donné son nom à une rue des Avenidas Novas.1 Vingt ans plus tard, la RTP a évoqué sa mémoire avec Manuel Alegre, l’auteur du poème de la « Trova ».3
RTP Arquivos : 20.º aniversário da morte de Adriano Correia de Oliveira
1983
29 janvier 1983: Le dernier grand concert de José Afonso au Coliseu
29 janvier 1983

Déjà malade, José Afonso donne au Coliseu dos Recreios l’un des derniers grands concerts de sa vie ; l’enregistrement a donné naissance à un disque en public, et la RTP l’a filmé.12 À la fin, « Grândola » est chantée ensemble par les musiciens et par le public.3
Coliseu dos Recreios · José Afonso (Zeca Afonso)
Voir dans les archives : Associação José Afonso
José Afonso chante « Grândola, Vila Morena » (Grândola, ville brune) lors du concert du Coliseu dos Recreios du 29 janvier 1983, dans un extrait publié par l’Association José Afonso. C’était l’un des derniers grands concerts du chanteur, déjà malade, et la chanson qui avait servi de signal au 25 Avril a été chantée avec la salle.
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RTP Arquivos : Concerto de José Afonso no Coliseu dos Recreios
1984
24 mars 1984 · femmes: La loi n° 3/84 sur l’éducation sexuelle et le planning familial
24 mars 1984
La loi n° 3/84 garantit le droit à l’éducation sexuelle, dans le cadre du droit à l’éducation, et le libre accès aux consultations de planning familial, gratuites dans les services publics, tout comme les contraceptifs que ceux-ci fournissent.3 Les programmes scolaires doivent enseigner l’anatomie, la physiologie, la génétique et la sexualité humaines et contribuer au « dépassement des discriminations fondées sur le sexe et de la division traditionnelle des fonctions entre la femme et l’homme ».3 La loi appelle la Commission de la condition féminine, qui faisait du planning familial l’un de ses domaines de travail, à collaborer aux campagnes d’information sur les méthodes contraceptives.32
5 avril 1984 · femmes: Loi n° 4/84 : protection de la maternité et de la paternité
5 avril 1984
La loi n° 4/84 reconnaît la maternité et la paternité comme des « valeurs sociales éminentes » et garantit aux parents, « dans des conditions d’égalité », la réalisation professionnelle et la participation à la vie civique.2 Les travailleuses ont désormais droit à un congé de maternité de 90 jours, dont 60 juste après l’accouchement, et à deux pauses quotidiennes d’une heure au plus pour allaiter, jusqu’au premier anniversaire de l’enfant ; le père ne peut prendre une partie du congé que si la mère est frappée d’incapacité ou meurt.2 Les absences pour maternité ne font perdre aucun droit et comptent comme travail effectif, sauf pour la rémunération.21
11 mai 1984 · femmes: La loi n° 6/84 dépénalise l’interruption de grossesse dans certains cas
11 mai 1984

Votée par l’Assemblée de la République le 14 février et publiée le 11 mai, la loi n° 6/84 modifie le Code pénal : l’avortement pratiqué par un médecin, dans un établissement de santé officiel ou officiellement reconnu et avec le consentement de la femme, cesse d’être punissable lorsqu’il est le seul moyen d’écarter un danger de mort ou de lésion grave et irréversible pour elle et, dans certains délais, pour éviter un danger grave pour sa santé (12 semaines), en cas de maladie grave ou de malformation incurable du fœtus (16 semaines) ou de grossesse résultant d’un viol (12 semaines).4 En dehors de ces cas, l’avortement reste un crime, puni d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à trois ans, y compris pour la femme ; la dépénalisation à la demande de la femme n’arrive qu’en 2007.43 Des féministes comme Madalena Barbosa, porte-parole de la Campagne nationale pour l’avortement et la contraception en 1979, luttaient pour la dépénalisation ; l’année de la loi, la journaliste Maria Antónia Fiadeiro publie Aborto, o crime está na lei (Avortement, le crime est dans la loi).3
Palácio de São Bento · Maria Antónia Fiadeiro · Madalena Barbosa
1985
1985 · femmes: Leonor Beleza, première femme ministre de la Santé
1985
Leonor Beleza, qui avait été membre de la Commission de la condition féminine de 1975 à 1982 et avait présidé, au Conseil de l’Europe, le Comité pour l’égalité entre les femmes et les hommes, devient dans le gouvernement de Cavaco Silva la première femme ministre de la Santé, poste qu’elle occupe jusqu’en 1990.1 Elle avait auparavant été secrétaire d’État à la Présidence du Conseil des ministres et à la Sécurité sociale.1
1986
26 janvier 1986 · femmes: Pintasilgo, première femme candidate à la présidence de la République
26 janvier 1986

À l’élection présidentielle du 26 janvier 1986, Maria de Lourdes Pintasilgo est la première femme à se présenter à la présidence de la République, comme candidate indépendante.32 Elle obtient 418 961 voix (7,38 %) et arrive en quatrième position, derrière Freitas do Amaral, Mário Soares et Salgado Zenha ; le second tour oppose les deux premiers.4 Le soir de l’élection, son directeur de campagne, Sousa e Castro, dit à la RTP qu’il espérait un pourcentage plus élevé.1
1987
23 février 1987: Mort de José Afonso
23 février 1987

José Afonso meurt au petit matin à Setúbal, victime d’une sclérose latérale amyotrophique, et il est veillé dans le gymnase de l’école secondaire de São Julião.12 Ce soir-là, la RTP rappelle le concert du Coliseu de 1983.4 Le lendemain, le cercueil, couvert d’un drap rouge, est porté sur les épaules jusqu’au cimetière de la Piedade, tandis qu’une fanfare joue « Grândola » et que le peuple chante.3
RTP Arquivos : Concerto de José Afonso no Coliseu dos Recreios
1989
1989 · femmes: Assunção Esteves, première femme juge au Tribunal constitutionnel
1989
Diplômée en droit et en sciences juridiques et politiques, Assunção Esteves est élue juge au Tribunal constitutionnel à 33 ans — la première femme à ce poste.1 Élue députée pour la première fois en 1987, elle allait devenir, en 2011, la première femme à présider l’Assemblée de la République.1
1990
5 octobre 1990: Humberto Delgado au Panthéon national
5 octobre 1990

Avec les honneurs du Panthéon accordés par l’Assemblée de la République en 1988, les restes d’Humberto Delgado — assassiné près d’Olivença en 1965, inhumé en Espagne et ramené à Lisbonne en 1975 — entrent au Panthéon national.13 Lors de la cérémonie, avec une garde d’honneur et des avions militaires survolant le Panthéon, prennent la parole Emídio Guerreiro, du comité d’honneur de l’hommage, et le président Mário Soares, devant le Premier ministre Cavaco Silva et Maria Barroso.2
Église de Santa Engrácia – Panthéon national · Humberto Delgado · Mário Soares · Maria Barroso
RTP Arquivos : Trasladação dos restos mortais de Humberto Delgado
1991
9 mai 1991 · femmes: La Commission de la condition féminine devient la CIDM
9 mai 1991
Le décret-loi n° 166/91 transforme la Commission de la condition féminine en Commission pour l’égalité et les droits des femmes (CIDM).21 Dans le préambule, le gouvernement considère comme acquise une « législation globalement égalitaire » et explique le nouveau nom : la commission doit passer de la « dénonciation de la discrimination des femmes » au « développement d’actions pour la construction d’une véritable égalité des chances ».2 Parmi ses objectifs figure celui d’obtenir « la coresponsabilité effective des femmes et des hommes » dans la vie familiale, professionnelle et politique.2
1997
1997 · femmes: La révision constitutionnelle fait de l’égalité entre les femmes et les hommes une tâche de l’État
1997
La quatrième révision constitutionnelle — la loi constitutionnelle n° 1/97, votée par l’Assemblée de la République le 3 septembre et publiée le 20 septembre — ajoute aux tâches fondamentales de l’État, à l’article 9, « promouvoir l’égalité entre hommes et femmes ».3 L’article sur la participation politique, qui devient l’article 109, remplace « des citoyens » par « des hommes et des femmes » et charge la loi de promouvoir « la non-discrimination en fonction du sexe dans l’accès aux fonctions politiques » — la base de la future loi sur la parité.31
24 mars 1997 · femmes: Adoption du premier Plan global pour l’égalité des chances
24 mars 1997
La résolution du Conseil des ministres n° 49/97 approuve le Ier Plan global pour l’égalité des chances, qui prescrit d’intégrer l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les politiques et prévoit des mesures contre la violence faite aux femmes et pour l’égalité dans l’emploi, la conciliation de la vie familiale et professionnelle, la protection de la maternité, la santé et l’éducation.42 Le préambule reconnaît que la participation des femmes aux postes de décision politique « est très réduite », mais le plan n’apporte pas de mesures pour y remédier, note l’Assemblée de la République.43
1998
28 juin 1998 · femmes: Premier référendum sur l’interruption volontaire de grossesse
28 juin 1998
Lors du premier référendum national, les électeurs répondent à la question : « Êtes-vous d’accord avec la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, si elle est pratiquée, par choix de la femme, dans les 10 premières semaines, dans un établissement de santé légalement autorisé ? ».2 La participation est de 31,9 % des inscrits ; le « non » l’emporte de peu, avec 1 356 754 voix (50,9 %) contre 1 308 130 (49,1 %) pour le « oui ».1 La dépénalisation à la demande de la femme n’arriverait qu’après le second référendum, en 2007.3
1999
1999 · femmes: Maria de Belém, ministre pour l’Égalité
1999

Dans le XIVe gouvernement constitutionnel, Maria de Belém Roseira, qui avait commencé après le 25 Avril comme adjointe de Maria de Lourdes Pintasilgo au secrétariat d’État à la Sécurité sociale, est nommée ministre pour l’Égalité, poste qu’elle occupe jusqu’en 2000.1 Elle avait auparavant été ministre de la Santé, de 1995 à 1999.1
1999 · femmes: Sophia de Mello Breyner Andresen, première Portugaise à recevoir le prix Camões
1999

La poète Sophia de Mello Breyner Andresen, qui avait été députée à l’Assemblée constituante et avait présidé la commission qui a rédigé le préambule de la Constitution de 1976, devient la première femme portugaise à recevoir le prix Camões.1
2000
27 mai 2000 · femmes: La violence domestique devient un crime public
27 mai 2000
La loi n° 7/2000 réécrit l’article 152 du Code pénal et en retire la règle de 1998 qui subordonnait à une plainte de la victime les poursuites contre quiconque maltraitait son conjoint ou son compagnon : les mauvais traitements physiques ou psychiques dans la vie conjugale deviennent un crime public, et la loi les étend aux agressions contre le père ou la mère d’un enfant commun.451 L’agresseur peut se voir interdire de contacter la victime et être éloigné de son domicile pendant deux ans au plus ; la victime peut demander la suspension provisoire de la procédure.4 La Commission pour la citoyenneté et l’égalité de genre (CIG) a marqué les 25 ans du crime public en 2025.1
- 1Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG): 25 anos de crime público: compromisso renovado no combate à violência contra as mulheres e à violência doméstica
- 2Procuradoria-Geral Regional de Lisboa (PGDL)
- 3Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG): História da CIG
- 4Diário da República Eletrónico: Lei n.º 7/2000, de 27 de maio — Reforça as medidas de proteção a pessoas vítimas de violência (altera o artigo 152.º do Código Penal; Diário da República n.º 123/2000, Série I-A)
- 5Diário da República Eletrónico: Lei n.º 65/98, de 2 de setembro — Altera o Código Penal (redação do artigo 152.º anterior a 2000; Diário da República n.º 202/1998, Série I-A)
2006
21 août 2006 · femmes: Loi sur la parité : au moins 33 % de chaque sexe sur les listes
21 août 2006
Après un premier décret auquel le président Cavaco Silva avait opposé son veto, voyant dans le rejet des listes non conformes « un régime de sanctions excessif et disproportionné », la loi organique n° 3/2006, adoptée de nouveau avec des modifications le 6 juillet, oblige les listes pour l’Assemblée de la République, le Parlement européen et les collectivités locales à compter au moins 33 % de chaque sexe, sous peine de réductions des subventions publiques de campagne.13 Elle arrive sept ans après la première proposition du gouvernement et le rejet ou la caducité de cinq initiatives, et neuf ans après que la révision constitutionnelle de 1997 a chargé la loi de promouvoir la non-discrimination dans l’accès aux fonctions politiques.1 Aux législatives de 2009, les premières sous cette loi, la part des députées passe à 27,4 % ; le seuil serait relevé à 40 % en 2019.1
2007
2007 · femmes: La CIDM cède la place à la Commission pour la citoyenneté et l’égalité de genre
2007
Le décret-loi n° 164/2007 du 3 mai fixe l’organisation de la Commission pour la citoyenneté et l’égalité de genre (CIG), qui succède à la Commission pour l’égalité et les droits des femmes et à la Structure de mission contre la violence domestique, toutes deux supprimées.2 Le nouveau nom résulte d’une « révision conceptuelle et terminologique » à la lumière des progrès en matière de genre ; le conseil consultatif conserve la section des organisations non gouvernementales et gagne un groupe technico-scientifique.21 La CIG est l’héritière de la Commission de la condition féminine de 1975.1
11 février 2007 · femmes: Second référendum : le « oui » à la dépénalisation de l’IVG l’emporte
11 février 2007
Neuf ans après le premier référendum, les électeurs répondent de nouveau à la question : « Êtes-vous d’accord avec la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, si elle est pratiquée, par choix de la femme, dans les 10 premières semaines, dans un établissement de santé légalement autorisé ? ».2 La participation est de 43,57 % des inscrits ; le « oui » l’emporte avec 2 231 529 voix (59,25 %), contre 1 534 669 (40,75 %) pour le « non ».1 Deux mois plus tard est publiée la loi qui dépénalise l’interruption de grossesse à la demande de la femme.3
17 avril 2007 · femmes: La loi n° 16/2007 dépénalise l’IVG à la demande de la femme
17 avril 2007
À la suite du référendum de février, la loi n° 16/2007, votée le 8 mars, ajoute au Code pénal un nouveau cas dans lequel l’interruption de grossesse n’est pas punissable : quand elle est pratiquée « par choix de la femme, dans les 10 premières semaines de grossesse », par un médecin ou sous sa direction, dans un établissement de santé officiel ou officiellement reconnu.32 La femme décide après une consultation obligatoire et un délai de réflexion d’au moins trois jours ; le Service national de santé doit s’organiser pour la pratiquer dans les délais, sans que l’objection de conscience des médecins l’en empêche.3 La loi abroge la loi n° 6/84 et la loi n° 90/97, qui l’avait modifiée.3
2008
2008 · femmes: Manuela Ferreira Leite, première femme à diriger un parti
2008
Première femme à diriger un groupe parlementaire, celui du Parti social-démocrate (PSD), entre 2001 et 2002, et première femme ministre d’État et des Finances, en 2002, Manuela Ferreira Leite devient en 2008 la première femme élue à la tête d’un parti politique portugais, le PSD.1 Elle avait auparavant été secrétaire d’État au Budget et ministre de l’Éducation.1
2009
16 septembre 2009 · femmes: La loi n° 112/2009 définit le régime de protection des victimes de violence domestique
16 septembre 2009
La loi n° 112/2009 établit le régime juridique de prévention de la violence domestique et de protection et d’assistance à ses victimes.21 Elle crée le statut de victime, attribué dès le dépôt de la plainte, prévoit la protection par téléassistance et organise le réseau de soutien, des foyers d’hébergement aux centres d’accueil.2 Votée le 23 juillet, elle entre en vigueur 30 jours après sa publication, remplace la loi n° 107/99 et renforce la protection des victimes d’un crime qui est public depuis 2000.23
2010
25 avril 2010: Une plaque municipale signale l’ancien siège de la PIDE/DGS
25 avril 2010

Sur proposition du mouvement Não Apaguem a Memória (« N’effacez pas la mémoire »), né le 5 octobre 2005, la mairie de Lisbonne inaugure, près de l’immeuble de la Rua António Maria Cardoso, une plaque verticale qui signale l’ancien siège de la PIDE/DGS.123 Un cortège de 150 à 200 personnes part de l’hôtel de ville ; après le dévoilement prennent la parole d’anciens prisonniers politiques — Edmundo Pedro, José Manuel Tengarrinha et Helena Pato — et le maire, António Costa.1 La plaque raconte l’histoire du lieu et évoque les morts du 25 avril 1974, s’ajoutant à celle qu’un groupe de citoyens y avait posée en 1980.4
2011
21 juin 2011 · femmes: Assunção Esteves, première femme présidente de l’Assemblée de la République
21 juin 2011

Lors de la séance d’ouverture de la XIIe législature, au Palácio de São Bento, Assunção Esteves — qui avait été en 1989 la première femme juge au Tribunal constitutionnel — est élue première femme présidente de l’Assemblée de la République.1 Dans son discours, elle dédie ce moment « à toutes les femmes », et « surtout aux femmes anonymes et opprimées ».1
2013
21 janvier 2013 · femmes: Le Parlement approuve la convention d’Istanbul
21 janvier 2013
La résolution de l’Assemblée de la République n° 4/2013, adoptée le 14 décembre 2012 et signée par la présidente de l’Assemblée, Assunção Esteves, approuve la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée à Istanbul le 11 mai 2011.21
2015
25 avril 2015: Ouverture du musée de l’Aljube Résistance et Liberté
25 avril 2015

Pour le 41e anniversaire du 25 Avril, l’ancienne prison politique de l’Aljube, fermée en 1965, ouvre ses portes comme musée de l’Aljube Résistance et Liberté, consacré à la mémoire du combat contre la dictature et de la résistance, selon un projet de réhabilitation des architectes Manuel Graça Dias et Egas José Vieira.12 L’exposition de longue durée montre le régime dictatorial, la censure, les polices et les tribunaux politiques, les oppositions, la lutte anticoloniale et le 25 Avril.1
Voir dans les archives : Câmara Municipal de Lisboa
Reportage de la mairie de Lisbonne sur l’ouverture du musée de l’Aljube, le 25 avril 2015, dans les locaux de l’ancienne prison politique. On y entend la phrase du maire, Fernando Medina : « Nous devons avoir conscience de ce qu’a coûté la liberté ».
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2017
1er août 2017 · femmes: Une loi impose une représentation équilibrée dans les organes des entreprises
1er août 2017
La loi n° 62/2017, votée le 23 juin, fixe des minimums pour chaque sexe dans les organes d’administration et de surveillance : 33,3 % dans les entreprises du secteur public à partir du 1er janvier 2018 ; dans les sociétés cotées en Bourse, 20 % des nouvelles nominations à partir de la première assemblée générale élective de 2018, et 33,3 % à partir de celle de 2020.21 Dans le secteur public, une nomination non conforme est nulle ; la Commission pour la citoyenneté et l’égalité de genre (CIG) suit l’application de la loi et établit un rapport annuel.2
2019
28 mars 2019 · femmes: Représentation équilibrée parmi les dirigeants de l’administration publique
28 mars 2019
La loi n° 26/2019, votée le 8 février, fixe à 40 % la proportion minimale de chaque sexe parmi les dirigeants de l’administration directe et indirecte de l’État et dans les organes des établissements publics d’enseignement supérieur et des ordres professionnels ; sur les listes pour les organes électifs, les deux premiers candidats ne peuvent pas être du même sexe.21 Le lendemain est publiée la loi organique n° 1/2019, qui applique le même seuil aux listes électorales.3
- 1Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG)
- 2Diário da República Eletrónico: Lei n.º 26/2019, de 28 de março — Representação equilibrada entre homens e mulheres no pessoal dirigente e nos órgãos da Administração Pública (Diário da República n.º 62/2019, Série I)
- 3Diário da República Eletrónico: Lei Orgânica n.º 1/2019, de 29 de março — Segunda alteração à lei da paridade nos órgãos do poder político (Diário da República n.º 63/2019, Série I)
29 mars 2019 · femmes: La révision de la loi sur la parité relève le seuil à 40 %
29 mars 2019
La loi organique n° 1/2019, votée le 8 février, relève de 33 % à 40 % la représentation minimale de chaque sexe sur les listes pour l’Assemblée de la République, le Parlement européen et les collectivités locales, interdit plus de deux candidats consécutifs du même sexe et prescrit le rejet de la liste qui n’est pas corrigée — la sanction qui avait conduit au veto du premier décret sur la parité, en 2006.31 Aux législatives de cette année-là, 89 députées sont élues, soit 38,7 % du Parlement.1 La veille était parue la loi n° 26/2019, avec le même seuil pour les dirigeants de l’administration publique.4
- 1Assembleia da República
- 2Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG)
- 3Diário da República Eletrónico: Lei Orgânica n.º 1/2019, de 29 de março — Segunda alteração à lei da paridade nos órgãos do poder político (Diário da República n.º 63/2019, Série I)
- 4Diário da República Eletrónico: Lei n.º 26/2019, de 28 de março — Representação equilibrada entre homens e mulheres no pessoal dirigente e nos órgãos da Administração Pública (Diário da República n.º 62/2019, Série I)
25 avril 2019: Mémorial numérique aux prisonniers et persécutés politiques à la station Baixa-Chiado
25 avril 2019
À l’initiative de citoyens, la version numérique du Mémorial aux prisonniers et persécutés politiques (1926-1974) est inaugurée à la station Baixa-Chiado du métro de Lisbonne, où elle reste un an ; avec elle naît le site Memória Comum.1 C’est le premier pas vers le mémorial que la mairie approuverait en 2021 pour le Largo da Boa-Hora.1
19 novembre 2019: Mort de José Mário Branco ; l’adieu à la Voz do Operário
19 novembre 2019

José Mário Branco meurt à 77 ans.1 Lors de la veillée funèbre, à la Voz do Operário, d’anciens membres du Groupe d’action culturelle (GAC) – Vozes na Luta chantent « A cantiga é uma arma » (La chanson est une arme), et le 21 novembre le cortège funèbre part de là pour le cimetière de l’Alto de São João.2 L’Assemblée de la République adopte à l’unanimité une motion de condoléances et observe une minute de silence, en présence de la famille dans les tribunes.34
2021
19 mai 2021: La mairie de Lisbonne approuve le Mémorial aux prisonniers et persécutés politiques sur le Largo da Boa-Hora
19 mai 2021

À la suite d’une proposition de citoyens, qui avaient installé en 2019 la version numérique du mémorial à la station Baixa-Chiado du métro, la mairie de Lisbonne approuve à l’unanimité, en réunion extraordinaire, la construction du Mémorial aux prisonniers et persécutés politiques (1926-1974), qui doit être installé sur le Largo da Boa-Hora.12 Le projet est d’Álvaro Siza Vieira, qui l’a remis à la mairie ; en août 2025, après des lettres, des pétitions et un groupe de travail municipal, la construction n’avait toujours pas avancé.12
2024
25 avril 2024: 50 ans du 25 Avril : défilé populaire sur l’Avenida da Liberdade
25 avril 2024, 15 h 00

Pour le cinquantenaire de la révolution, le défilé populaire organisé par la Commission promotrice des commémorations populaires du 25 Avril part à 15 h du Marquês de Pombal, descend l’Avenida da Liberdade et s’achève au Rossio, avec des prises de parole et des moments culturels.1 Parmi les milliers de personnes qui descendent l’Avenida se trouve Celeste Caeiro, la femme aux œillets.2
27 avril 2024: Ouverture du musée national Résistance et Liberté dans la forteresse de Peniche
27 avril 2024

Cinquante ans après la libération des prisonniers politiques, l’ancienne prison politique de la forteresse de Peniche ouvre ses portes comme musée national Résistance et Liberté, inauguré par le président Marcelo Rebelo de Sousa, avec l’exposition « Resistência e Liberdade » (Résistance et liberté).12 « Nous ne pouvons pas laisser cette mémoire tomber ou se prescrire avec le passage des années », a dit le président ; Domingos Abrantes, emprisonné dix ans à Peniche et membre de la commission créée pour le musée, a rappelé que le pays était resté « près d’un demi-siècle à attendre ».2 C’est d’ici qu’Álvaro Cunhal s’est évadé en 1960, lors de l’évasion de Peniche.2
Forteresse de Peniche — la prison politique · Domingos Abrantes · Álvaro Cunhal
15 novembre 2024 · femmes: Mort de Celeste Caeiro, la femme aux œillets
15 novembre 2024
Celeste Caeiro, qui le 25 avril 1974 a donné des œillets aux soldats et en a fait le symbole de la révolution, meurt à 91 ans à l’hôpital de Leiria, où elle avait été transférée pour des problèmes respiratoires.13 Sa petite-fille a regretté qu’elle n’ait jamais été honorée de son vivant ; le président Marcelo Rebelo de Sousa a annoncé une décoration à titre posthume.12 En avril, pour les 50 ans de la révolution, elle avait descendu l’Avenida da Liberdade avec des milliers de personnes, et le député Rui Tavares avait proposé, lors de la séance solennelle du Parlement, de lui rendre hommage avec une statue ; en mai, la mairie de Lisbonne avait approuvé de lui décerner la médaille d’honneur de la ville.21
2025
7 mars 2025 · femmes: Le Parlement commémore les 50 ans du vote universel des femmes
7 mars 2025

Sur proposition du parti Livre, l’Assemblée de la République se réunit en séance solennelle pour commémorer les 50 ans de l’« universalisation du droit de vote des femmes », avec des interventions du président de l’Assemblée, José Pedro Aguiar-Branco, et de députés des neuf partis représentés.1 Le chemin avait commencé avec le vote de Carolina Beatriz Ângelo en 1911, auquel la loi de 1913 avait répondu en réservant le vote aux hommes ; il est passé par les premières députées, élues sous la dictature — Domitila de Carvalho, Maria Cândida Parreira et Maria Guardiola —, et par la loi de 1968, qui a aligné les conditions exigées des femmes et des hommes.1 Ce n’est qu’après le 25 Avril que le vote est devenu universel, consacré par la Constitution de 1976 pour « tous les citoyens âgés de plus de dix-huit ans ».1
Palácio de São Bento · Carolina Beatriz Ângelo · Domitila de Carvalho · Maria Cândida Parreira · Maria Guardiola
Un sigle que vous ne connaissez pas — PIDE, MUD, COPCON ? Il est dans le glossaire.