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Em Cada Esquina
Le parcours et ses 8 arrêts. Rues et fleuve : © contributeurs d’OpenStreetMap.

Parcours · Colonialisme · à pied

Du Padrão au quai

L’empire que l’Estado Novo a mis en scène à Belém, les personnes des colonies exposées en 1940, les embarquements pour la guerre et le retour de 1975

Distance
4,5 km
Durée
2 h 10 min
Arrêts
8
Difficulté:
Facile
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Le parcours, les photos et la carte restent sur le téléphone, pour les ouvrir n’importe où.

Arrêts

Carte du parcours « Du Padrão au quai », avec 8 arrêts numérotés. La liste des arrêts suit la carte.

Les arrêts

  1. Arrêt 1 : : 1940, 1960, 1975 — le mythe et les caissesAujourd’hui : Monument avec belvédère, auditorium et salles d’exposition

    Avenida de Brasília, 1400-038 Lisboa

    Monument de pierre claire en forme de proue de navire, sur un ciel bleu foncé : sur la rampe, une file de figures sculptées monte vers l’avant, où une figure debout tient une petite caravelle ; plus haut, sur une tour haute et lisse, deux écus en relief.
    Le Padrão dos Descobrimentos, celui de pierre, inauguré en 1960, un matin de janvier 2022. Ingo Mehling, CC BY-SA 4.0

    Commençons par le mythe. Le Padrão a été érigé en 1940, dans des matériaux qui n’étaient pas faits pour durer, pour l’Exposition du monde portugais, et refait en pierre en 1960, pour les cinq cents ans de la mort de l’infant D. Henrique.5 À la proue se tiennent l’infant et 32 figures de l’expansion ; une seule représente une femme, la reine D. Filipa de Lencastre — la mère.6 Les « Découvertes » (Descobrimentos), le nom donné aux voyages des XVe et XVIe siècles, ont servi au salazarisme à légitimer le régime et l’empire.2

    La rose des vents à ses pieds a été offerte en 1960 par l’Afrique du Sud7 — un cadeau fait, écrit l’historien José Pedro Monteiro, « à un moment critique pour les projets de suprématie blanche sur le continent africain ».8 Quelques mois plus tard, la guerre commençait en Angola. À la mi-1975, près de ce Padrão, s’entassaient les caisses de ceux qui arrivaient des colonies accédant à l’indépendance.910

    À un kilomètre vers l’ouest, près du fort du Bom Sucesso, se trouve le monument aux Combattants d’outre-mer (Monumento aos Combatentes do Ultramar), inauguré le 15 janvier 1994 ; sur les murailles du fort ont ensuite été ajoutées des plaques portant les noms d’environ dix mille soldats morts pendant la guerre coloniale, y compris des soldats africains des forces armées portugaises. À la fin de la guerre, les soldats recrutés dans les colonies représentaient près de la moitié du contingent.11

    Présentation du projet du Centro Cultural de Belém (Centre culturel de Belém) sur l’évolution de Belém depuis 1940, vue à travers l’Exposition du monde portugais. On y voit la maquette de l’exposition — la place avec la fontaine au centre, les pavillons et le premier Padrão au bord du bassin — et les photographies exposées.

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    Centro Cultural de Belém, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».

    Jusqu’à l’arrêt 2430 m · 6 min à pied

  2. Arrêt 2 : : 1940 — l’empire exposéAujourd’hui : Jardin public, avec la Fonte Monumental au centre

    Praça do Império, 1400-206 Lisboa

    Des massifs de buis bas au premier plan et une large allée où marchent des gens ; au centre, une fontaine ronde avec un haut jet d’eau, entre des cyprès ; au fond, à gauche, la haute silhouette claire d’un monument, sous un ciel bleu nuageux.
    Le jardin de la Praça do Império en août 2012, avant sa rénovation, avec la Fonte Monumental au centre et le Padrão dos Descobrimentos au fond, à gauche. paul Barker Hemings, CC BY-SA 2.0

    Cette place a été ouverte pour l’Exposition du monde portugais, inaugurée le 23 juin 1940, le lendemain de l’armistice entre la France et l’Allemagne. Pour l’aménager, on a démoli à Belém des maisons et des boutiques populaires.2 Au centre, la Fonte Monumental ; tout autour, les pavillons des Portugais dans le monde et de l’Honneur et de Lisbonne.5

    L’empire en était la pièce maîtresse. L’Acte colonial de 1930 avait écrit : « Il est de l’essence organique de la Nation portugaise de remplir la fonction historique de posséder et de coloniser des domaines d’outre-mer et de civiliser les populations indigènes ».12 L’Exposition coloniale portugaise, à Porto, en 1934, et celle de Belém ont été les plus grandes initiatives de cette « pédagogie collective » de l’empire, écrit Cláudia Castelo ; celle de Belém a reçu environ trois millions de visites.2

    En janvier 1975, près des Jerónimos, des personnes arrivées des colonies ont manifesté ici : « Décolonisation oui ! Discrimination non ! » (Descolonização Sim! Discriminação Não!), pouvait-on lire sur une pancarte.13 Et en 2014, la rénovation du jardin a ouvert une polémique sur les blasons floraux des anciennes colonies, plantés dans les années 1960 ; le jardin a rouvert en 2023, avec les blasons des chefs-lieux de district refaits en pavés.14 Dans ces débats, note l’historienne Márcia Chuva, les « zoos humains » de 1940 ont été oubliés.15

    Présentation du projet du Centro Cultural de Belém (Centre culturel de Belém) sur l’évolution de Belém depuis 1940, vue à travers l’Exposition du monde portugais. On y voit la maquette de l’exposition — la place avec la fontaine au centre, les pavillons et le premier Padrão au bord du bassin — et les photographies exposées.

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    Centro Cultural de Belém, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».

    Jusqu’à l’arrêt 3350 m · 5 min à pied

  3. Arrêt 3 : : 1940 — les personnes exposéesAujourd’hui : Jardim Botânico Tropical — musée national d’histoire naturelle et de la science (Université de Lisbonne)

    Largo dos Jerónimos, 1, 1400-209 Lisboa

    Bâtiment rose aux lignes courbes, avec une tour ronde percée de trois fenêtres étroites et une large rangée de baies vitrées, à moitié caché par de gros troncs de palmiers et par des massifs de plantes.
    L’ancien Restaurant colonial de l’exposition de 1940, entre les palmiers, dans le Jardim Botânico Tropical, en mai 2010. Adam Jones, CC BY-SA 2.0

    C’est dans l’ancien Jardim Colonial que s’est installée la Section coloniale de l’exposition, dirigée par le capitaine Henrique Galvão, qui romprait des années plus tard avec le régime et qui, en 1961, prendrait d’assaut le paquebot Santa Maria.216 Le programme, rapportait le Diário de Lisboa, permettait « au visiteur de parcourir en deux heures tout notre empire, de l’Afrique au Pacifique, avec des escales d’un véritable enchantement ».2 Entre des pavillons et des répliques de villages, 138 hommes, femmes et enfants amenés des colonies ont vécu ici pendant des mois, dans un « zoo humain », comme l’appelle l’historienne Cláudia Castelo.2 Les Bijagos de Guinée ont été installés sur l’île de l’un des lacs, « pour le plus grand plaisir des visiteurs », écrit aujourd’hui le musée du jardin.17 « Il est interdit d’entrer dans les villages indigènes, mais tous sont parfaitement visibles de l’extérieur des palissades », prévenait le guide officiel.2

    Des femmes, il reste peu de traces : la reine et la princesse du Congo, venues avec le roi, D. Pedro VII ; Verónica, épouse d’un chef timorais, venue avec son mari, deux enfants, un serviteur et une servante ; des femmes chopi du Mozambique, photographiées pendant un cours de couture donné par une religieuse missionnaire ; et une femme envoyée de Manica e Sofala, dont la photographie, écrit Castelo, « exprime le mal du pays à l’arrivée à Lisbonne ». Comment le voyage et l’exposition ont été vécus, « nous en savons peu », admet l’historienne. Des équipes de scientifiques venaient chaque jour mesurer les « indígenas » (indigènes), pour des études d’anthropométrie ; en octobre, la commission de l’exposition a décidé de renvoyer tous ces gens chez eux avant l’hiver, en invoquant des raisons de santé. Leurs noms figurent dans les papiers de l’exposition conservés aux Archives historiques d’outre-mer (Arquivo Histórico Ultramarino), à la Junqueira, par où passe ce parcours.2

    Les quatorze bustes de « types » africains et asiatiques sculptés pour l’exposition, la maison et le restaurant coloniaux sont toujours là. Le musée dit être en train de leur donner une nouvelle signification, avec les communautés d’origine.17

    L’université de Lisbonne, qui possède le jardin depuis 2015, l’a rouvert après des travaux en janvier 2020, le jour de ses 114 ans, lors d’une cérémonie avec le maire de Lisbonne, Fernando Medina, le ministre de la Science, Manuel Heitor, et le recteur, António Cruz Serra. On y voit la cérémonie et la promenade dans les allées de palmiers.

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    Universidade de Lisboa, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».

    Jusqu’à l’arrêt 4650 m · 10 min à pied

  4. Arrêt 4 : : 1966 et 1974 — les dames du régime et une indépendanceAujourd’hui : Palácio de Belém – Présidence de la République

    Praça Afonso de Albuquerque, Lisboa

    Palais rose composé de plusieurs corps de bâtiment, aux toits rouges, au-dessus d’un haut mur, derrière des massifs de buis taillé et des pins parasols.
    Le Palácio de Belém, résidence officielle du président de la République, vu des jardins de la Praça Afonso de Albuquerque, en 2017. Dguendel, CC BY 4.0

    En mai 1966, le président de la République, Américo Tomás, a reçu dans ce palais la commission centrale de l’« Heure volontaire de travail » (Hora Voluntária de Trabalho) du Mouvement national féminin — Cecília Supico Pinto, Renata Cunha e Costa, Clara Taborda do Couto et Maria Arminda de Certima — et leur a remis, symboliquement, une heure de sa journée de travail.18 Fondé en 1961, le mouvement a mis des femmes au service de la guerre — les marraines de guerre écrivaient aux soldats — et il a édité plus de 300 millions d’aérogrammes.1920 En 1971, dans une émission de la RTP, Cecília Supico Pinto a montré le soutien aux familles des militaires, les trousseaux, les aérogrammes et l’« Operação Saudade », au cours de laquelle des femmes du mouvement se rendaient en hélicoptère dans la brousse.21

    Dans ses revues, le mouvement demandait aux mères portugaises de sacrifier leurs fils « pour la Nation ».22 Dans les lettres et les aérogrammes qu’a étudiés l’historienne Joana Pontes, ce sont les mères, les marraines de guerre et les amis qui répondent aux soldats — rarement les pères.23

    Le programme du MFA posait en principe que « la solution des guerres outre-mer est politique et non militaire » ; le 27 juillet 1974, la loi n° 7/74 en a tiré la reconnaissance du droit à l’autodétermination et l’« acceptation de l’indépendance des territoires d’outre-mer ».24 Le 10 septembre, dans ce palais, le Portugal a reconnu l’indépendance de la Guinée-Bissau — et le président, Spínola, a profité de la cérémonie pour s’en prendre à l’orientation de la décolonisation et lancer un appel à la « majorité silencieuse ».25

    Film du musée de la Présidence de la République sur le Palácio de Belém comme résidence officielle du président de la République, de la proclamation de la République aux premières années du XXIe siècle, monté à partir d’images d’archives, dont certaines de la RTP. Il a été réalisé en 2005 pour l’exposition temporaire « Do Palácio de Belém » (Du Palácio de Belém) et, selon le musée, il est aussi projeté dans son exposition permanente.

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    Museu da Presidência da República, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».

    Jusqu’à l’arrêt 5910 m · 15 min à pied

  5. Arrêt 5 : : 1902 — la médecine de l’empireAujourd’hui : Cordoaria Nacional ; le bâtiment abrite les Archives historiques de la Marine

    Avenida da Índia / Rua da Junqueira, Lisboa

    Bâtiment jaune de deux étages, avec des encadrements de pierre, une porte verte en arc et un balcon de fer, prolongé par une très longue aile de plain-pied, au toit rouge, qui se perd au loin ; ciel bleu foncé avec des nuages.
    La Cordoaria Nacional en septembre 2011 : un corps de bâtiment de deux étages et, derrière, la longue aile basse de l’ancienne Corderie royale (Real Fábrica da Cordoaria). Joaomartinho63, CC BY-SA 3.0

    À partir d’ici, la Rua da Junqueira aligne les institutions de l’empire. Dans ce bâtiment, l’ancienne Corderie royale (Real Fábrica da Cordoaria), se sont installés en 1902 l’École de médecine tropicale et l’Hôpital colonial, créés par la même loi, du 24 avril.2627 L’hôpital soignait les fonctionnaires et les militaires « qui revenaient d’outre-mer dans un état physique déplorable, atteints de maladies infectieuses » ; l’école formait les médecins qui partaient pour les colonies.27

    Ici aussi, les femmes des colonies ont été un objet d’étude : en 1953, les Anais (« Annales ») de l’Institut de médecine tropicale ont publié une analyse du lait maternel des femmes de São Tomé, signée par Gabriel Jorge Janz et par Gabriela Lopes Pinto. Celle-ci a été l’une des rares chercheuses de l’Institut entre 1943 et 1966, presque toujours coautrices aux côtés de collègues masculins et presque absentes de l’histoire officielle de la maison.28

    L’hôpital a déménagé peu à peu, à partir de 1925, dans ses propres bâtiments, plus loin dans cette rue — il a été l’hôpital de l’Outre-mer et c’est aujourd’hui l’hôpital Egas Moniz —, et l’Institut en 1958.2627

    Jusqu’à l’arrêt 6630 m · 9 min à pied

  6. Arrêt 6 : : 1962 — l’école de l’empireAujourd’hui : Palais en attente de réhabilitation, approuvée en 2024 pour y installer le siège de Museus e Monumentos de Portugal

    Rua da Junqueira, 78, 1300-344 Lisboa

    Façade rose et délavée d’un palais avec deux tours carrées aux angles et, au centre, une coupole à lanternon ; sous la coupole, des lettres taguées. Devant, cachant le bas de la façade, passe un long tramway jaune et gris.
    Le Palácio Burnay, dans la Rua da Junqueira, en septembre 2024 : des graffitis sur la façade et un tramway qui passe. Vitor Oliveira, CC BY-SA 4.0

    Chemin faisant, on est passé devant le Palácio da Ega, acheté par l’État en 1919, où se sont installées les Archives historiques coloniales, créées en 1931, aujourd’hui Archives historiques d’outre-mer.29 Elles ont été pensées comme un monument au passé impérial, mais elles conservent aussi, écrivent les historiens Ricardo Roque et José Miguel Ferreira, des traces de « voix et d’actions que l’ordre colonial a cherché à dominer ou à marginaliser »30 — dont les papiers portant les noms des personnes exposées en 1940.2

    Ce palais a été acheté en 1940 par le ministère des Colonies, qui y a installé les conseils et les juntes de l’empire.31 En 1962 est arrivée l’école des administrateurs coloniaux : née en 1906 sous le nom d’École coloniale, École supérieure coloniale depuis 1926 et Institut supérieur d’études d’outre-mer depuis 1954, elle a été inaugurée dans ce palais par Américo Tomás le 20 novembre 1962 et rebaptisée, quatre jours plus tard, Institut supérieur des sciences sociales et de la politique d’outre-mer.32 Pour le chercheur Frederico Ágoas, ces changements de nom ont été avant tout de la « cosmétique politique et de propagande » dans la défense de l’empire.31 L’un des professeurs de l’École supérieure coloniale, António de Almeida, avait dirigé en 1940, avec Artur Ricardo Jorge, les mensurations des personnes exposées au Jardim Colonial.2

    Après les indépendances, c’est dans cette rue qu’ont échoué nombre des biens des « retornados » (rapatriés des anciennes colonies) : dans l’ancien bâtiment de la Foire internationale de Lisbonne, juste à côté, sont restés des centaines de conteneurs, et en 1977 la RTP a filmé des caisses toujours stockées « dans un entrepôt de la Rua da Junqueira ».3334

    Jusqu’à l’arrêt 71,4 km · 20 min à pied

  7. Arrêt 7 : : 1970 — contre la machine de guerreAujourd’hui : Doca de Alcântara

    Doca de Alcântara, Porto de Lisboa, 1399-049 Lisboa

    Long bassin d’eau calme vu d’en haut, avec des bateaux amarrés, des grues et des conteneurs du côté gauche, une marina au fond et le pont suspendu qui barre l’horizon.
    La Doca de Alcântara, avec le quai à conteneurs et le pont du 25-Avril au fond, en 2020. Lopo Pizarro, CC BY-SA 4.0

    En octobre 1970, deux explosions ont laissé le cargo « Cunene », qui ravitaillait les troupes coloniales, « inondé et immobilisé » dans ce bassin, selon le communiqué du 26 octobre par lequel l’Action révolutionnaire armée (ARA) a revendiqué sa première action. L’ARA, l’organisation armée du Parti communiste portugais (PCP), a été active jusqu’en 1973, contre la guerre coloniale et la dictature.35

    Il y avait des femmes dans cette lutte. Dans le groupe qui a créé l’ARA, en 1970, se trouvait Maria Machado, née en 1949 dans une famille communiste, qui, à onze ans, a rejoint ses parents dans une maison clandestine du PCP ; elle a participé à la préparation de plusieurs actions, et n’est sortie de la clandestinité que le 1er mai 1974.36 Emília Morgado est entrée à l’ARA en juillet 1970, avec son mari, Ramiro Morgado, qui a participé à la destruction du « Cunene ».37 La même année, lors d’une scission du PCP sur la question de la lutte armée, Isabel do Carmo et Carlos Antunes ont donné naissance aux Brigades révolutionnaires, qui ont détruit en juillet 1972 quinze camions de l’armée destinés à la guerre et lâché, sur le Rossio et à Alcântara, des cochons déguisés en amiral.3839

    Raimundo Narciso, qui a décidé avec Jaime Serra et Francisco Miguel, au commandement central de l’Action révolutionnaire armée (ARA), l’attaque contre le « Cunene », dans un extrait du témoignage recueilli par le musée de l’Aljube le 25 avril 2016. D’après les mots-clés du musée, il parle de sa famille, du Parti communiste portugais (PCP), de la lutte armée et du sabotage du navire ; la version complète se trouve au centre de documentation du musée.

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    Museu do Aljube Resistência e Liberdade, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».

    Jusqu’à l’arrêt 8130 m · 2 min à pied

  8. Arrêt 8 : : 1961–1975 — départs et retoursAujourd’hui : Gare maritime et centre d’interprétation Murais de Almada nas Gares Marítimas

    Gare Marítima de Alcântara, 1350-355 Lisboa

    Bâtiment clair et géométrique, avec un haut corps central aux baies vitrées en bandes verticales et un auvent courbe au-dessus des portes ; à droite, au fond, le tablier rouge du pont ; devant, une place pavée vide.
    L’entrée de la Gare maritime d’Alcântara, côté terre, en septembre 2011, avec le pont du 25-Avril à droite. João Carvalho, CC BY-SA 3.0

    La gare maritime aurait dû ouvrir pour l’exposition de 1940, mais elle n’a été inaugurée qu’en 1943 ; sur ses murs, Almada Negreiros a peint, au lieu des héros du régime, les pauvres gens du fleuve et le dur labeur des porteuses de charbon sur le quai.4041 À partir du 21 avril 1961, quand le « Niassa » a emmené en Angola le premier contingent envoyé par mer, les soldats sont partis surtout du quai de la Rocha do Conde de Óbidos, un kilomètre plus à l’est, mais aussi de celui-ci : la RTP a filmé des embarquements sur le quai d’Alcântara en 1961, 1962 et 1964 — « des proches des soldats agitent des mouchoirs blancs », notent les archives.423434445 Elle a aussi filmé ici des contingents qui rentraient : du Mozambique en 1964, de Guinée en 1966, du Timor et de Macao en 1973.464748

    « À elles — mères, sœurs, épouses, fiancées — appartiennent les visages crispés par la douleur lors des adieux sur le quai d’embarquement », écrit la chercheuse Margarida Calafate Ribeiro.22 Le Mouvement national féminin était toujours présent aux embarquements et, selon l’historienne Sara Primo Roque, ne laissait pas les femmes pleurer : celles qui pleuraient, on les traitait d’« abjectes pleureuses ».19 C’est sur ce quai, où elle était venue avec une collègue qui disait adieu à son fiancé mobilisé pour la Guinée, que l’infirmière Maria de Lourdes Gomes a vu qu’il y avait des femmes militaires et a entendu parler d’un nouveau cours d’infirmières parachutistes ; elle s’y est inscrite et a été brevetée en 1970.49 Les photographies des embarquements ont disparu des journaux à partir de 1969 et, depuis 1971, les troupes partaient en avion.2242 Tous ne sont pas partis : plus de huit mille militaires de l’armée de terre ont déserté — environ neuf mille, selon la Commission commémorative —, on estime qu’entre 10 000 et 20 000 jeunes ont été réfractaires, refusant de partir, et qu’environ 200 000 ne se sont pas présentés au conseil de révision.50511

    Par ce même quai arrivaient des étudiants africains pour la Maison des étudiants de l’Empire et des femmes africaines amenées pour servir comme domestiques chez des patrons blancs.4 En 1975, avec les indépendances, plus d’un demi-million de personnes sont arrivées, et les caisses contenant ce qu’elles avaient pu emporter ont couvert ce quai pendant des mois — « les images les plus fortes et les plus symboliques de la fin du colonialisme européen », dit le centre d’interprétation installé dans la gare.4

    L’ouverture au public, en avril 2025, du centre d’interprétation des peintures murales qu’Almada Negreiros a réalisées dans les gares maritimes, créé par le port de Lisbonne avec l’Association du tourisme de Lisbonne et la mairie de Lisbonne. On y voit la gare maritime d’Alcântara de l’extérieur et de l’intérieur, ainsi que la cérémonie, avec la ministre de la Culture, Dalila Rodrigues.

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    Porto de Lisboa, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».

Notes sur les sources4
  • Les noms des 138 personnes exposées en 1940, qui figurent dans les papiers de l’exposition conservés aux Archives historiques d’outre-mer, selon Cláudia Castelo : aucune des sources consultées ne les publie.
  • Si l’« entrepôt de la Rua da Junqueira » où la RTP a filmé des caisses de « retornados » (rapatriés) en 1977 était l’ancien bâtiment de la Foire internationale de Lisbonne, où le journaliste Guilherme de Melo situe les conteneurs.
  • En quelles années, outre celles filmées par la RTP (1961, 1962 et 1964), des troupes ont embarqué sur le quai d’Alcântara : dans les plus de vingt départs de 1962 à 1971 que recense RTP Arquivos, le quai est celui de la Rocha do Conde de Óbidos ; à Alcântara, les archives n’ont que ces trois embarquements et trois arrivées (1964, 1966 et 1973). Il manque une source militaire (Armée de terre, Marine, Revista Militar) donnant les ports d’embarquement.
  • Le jour où le Mouvement national féminin a été reçu à Belém : le journal télévisé de la RTP est du 18 mai 1966.

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Sources53
  1. 1Guerra à Guerra: uma reivindicação tardia do movimento estudantil (Primaveras estudantis). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril — consulté le 3 octobre 2026
  2. 2Cláudia Castelo, Simulação e dissimulação do império colonial português em Belém, Lisboa (1940/2020): a secção colonial e o jardim botânico tropical. Anais do Museu Histórico Nacional (Rio de Janeiro), vol. 54, 2021 — consulté le 3 octobre 2026
  3. 3Partidas. Centro Interpretativo Murais de Almada nas Gares Marítimas (Câmara Municipal de Lisboa, Administração do Porto de Lisboa) — consulté le 3 octobre 2026
  4. 4Chegadas. Centro Interpretativo Murais de Almada nas Gares Marítimas (Câmara Municipal de Lisboa, Administração do Porto de Lisboa) — consulté le 3 octobre 2026
  5. 5Padrão dos Descobrimentos: a obra, 1940 e 1960. Padrão dos Descobrimentos (EGEAC) — consulté le 3 octobre 2026
  6. 6O conjunto escultórico. Padrão dos Descobrimentos (EGEAC) — consulté le 3 octobre 2026
  7. 7Rosa dos Ventos. Padrão dos Descobrimentos (EGEAC) — consulté le 3 octobre 2026
  8. 8José Pedro Monteiro, Rosa-dos-Ventos. Centro de Estudos Sociais da Universidade de Coimbra — projeto ECHOES (exposição Lisboa) — consulté le 3 octobre 2026
  9. 9Helena Matos, Os retornados começaram a chegar há 40 anos. Observador, 2014 — consulté le 3 octobre 2026
  10. 10Exposição «Retornar – Traços da Memória» (Noticiário, 4 de novembro de 2015). RTP Arquivos, 2015 — consulté le 3 octobre 2026
  11. 11Sílvia Correia, Memórias enredadas das guerras e do colonialismo (Monumento aos Combatentes). Centro de Estudos Sociais da Universidade de Coimbra — projeto ECHOES (exposição Lisboa) — consulté le 3 octobre 2026
  12. 12Ato Colonial. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 2 octobre 2026
  13. 13Manifestação de refugiados do Ultramar (Informação Diária, janeiro de 1975). RTP Arquivos, 1975 — consulté le 3 octobre 2026
  14. 14Inaugurado «novo» Jardim da Praça do Império. RTP Notícias (Lusa), 2023 — consulté le 3 octobre 2026Publicado a 14 de fevereiro de 2023.
  15. 15Márcia Chuva, Praça do Império. Centro de Estudos Sociais da Universidade de Coimbra — projeto ECHOES (exposição Lisboa) — consulté le 3 octobre 2026
  16. 16Henrique Galvão. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 2 octobre 2026
  17. 17Jardim Botânico Tropical. Museu Nacional de História Natural e da Ciência — Universidade de Lisboa — consulté le 3 octobre 2026
  18. 18Américo Tomás recebe Movimento Nacional Feminino (Noticiário Nacional, 18 de maio de 1966). RTP Arquivos, 1966 — consulté le 3 octobre 2026
  19. 19As madrinhas de guerra foram um «sintoma» político e social durante o Estado Novo. Gerador — consulté le 3 octobre 2026
  20. 20Movimento Nacional Feminino. Wikipédia (português) — consulté le 2 octobre 2026
  21. 21Um Dia Com… Movimento Nacional Feminino (17 de maio de 1971). RTP Arquivos, 1971 — consulté le 3 octobre 2026
  22. 22Margarida Calafate Ribeiro, África no feminino: as mulheres portuguesas e a Guerra Colonial. Revista Crítica de Ciências Sociais, n.º 68 (CES), 2004 — consulté le 3 octobre 2026
  23. 23Livros no Aljube – Sinais de vida – Cartas de Guerra (1961-1974). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC), 2020 — consulté le 3 octobre 2026
  24. 24Legislação 25A – Direito das colónias à independência (Lei 7/74 de 27 de Julho). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra — consulté le 2 octobre 2026
  25. 2528 de Setembro. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril — consulté le 2 octobre 2026
  26. 26Aulas na Escola de Medicina Tropical. Fotografias (peça do mês). Instituto de Higiene e Medicina Tropical — Universidade NOVA de Lisboa, 2021 — consulté le 3 octobre 2026
  27. 27História do Hospital de Egas Moniz. Centro Hospitalar de Lisboa Ocidental (SNS) — consulté le 3 octobre 2026
  28. 28João Lourenço Monteiro, Mulheres visíveis: uma perspectiva diferente na história do Instituto de Medicina Tropical em Portugal, 1943-1966. História, Ciências, Saúde – Manguinhos, vol. 28, n.º 1, 2021 — consulté le 3 octobre 2026
  29. 29Palácio da Ega. Arquivo Histórico Ultramarino (DGLAB) — consulté le 3 octobre 2026
  30. 30Ricardo Roque e José Miguel Ferreira, Arquivo Histórico Ultramarino. Centro de Estudos Sociais da Universidade de Coimbra — projeto ECHOES (exposição Lisboa) — consulté le 3 octobre 2026
  31. 31Frederico Ágoas, Palácio Burnay – ISCSP(U): ideologia e ciência no ensino colonial. Centro de Estudos Sociais da Universidade de Coimbra — projeto ECHOES (exposição Lisboa) — consulté le 3 octobre 2026
  32. 32Escola Colonial (1906-1974). Biblioteca Nacional de Portugal — TECOP, Textos e Contextos do Orientalismo Português — consulté le 3 octobre 2026
  33. 33Retornados (Portugalmente, 11 de dezembro de 1998). RTP Arquivos, 1998 — consulté le 3 octobre 2026
  34. 34Caixotes de retornados em Lisboa (Noticiário Nacional, 20 de setembro de 1977). RTP Arquivos, 1977 — consulté le 3 octobre 2026
  35. 35Primeira ação da Acção Revolucionária Armada (ARA). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 2 octobre 2026
  36. 36Maria Machado (testemunho e biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 3 octobre 2026Testemunho recolhido a 21 de outubro de 2020.
  37. 37Raimundo Narciso e Ramiro Morgado (testemunhos e biografias). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 3 octobre 2026Testemunhos recolhidos a 26 de janeiro de 2017.
  38. 38As Brigadas Revolucionárias realizaram a sua primeira ação armada. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 2 octobre 2026
  39. 39Primeira ação das Brigadas Revolucionárias (BR). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 2 octobre 2026
  40. 40Cais. Centro Interpretativo Murais de Almada nas Gares Marítimas (Câmara Municipal de Lisboa, Administração do Porto de Lisboa) — consulté le 3 octobre 2026
  41. 41O que contam as paredes. Centro Interpretativo Murais de Almada nas Gares Marítimas (Câmara Municipal de Lisboa, Administração do Porto de Lisboa) — consulté le 3 octobre 2026
  42. 42Pedro da Silva Monteiro, A Logística de Portugal na Guerra Subversiva de África (1961 a 1974). Revista Militar, n.º 2539/2540, 2013 — consulté le 3 octobre 2026
  43. 43Embarque das tropas para o Ultramar (Telejornal, 24 de agosto de 1961). RTP Arquivos, 1961 — consulté le 3 octobre 2026
  44. 44Embarque de tropas para o Ultramar (Noticiário Nacional, 16 de julho de 1962). RTP Arquivos, 1962 — consulté le 3 octobre 2026
  45. 45Embarque de tropas para o Ultramar (Noticiário Nacional, 8 de janeiro de 1964). RTP Arquivos, 1964 — consulté le 3 octobre 2026
  46. 46Regresso de tropas do Ultramar (Noticiário Nacional, 21 de dezembro de 1964). RTP Arquivos, 1964 — consulté le 4 octobre 2026Chegada ao cais de Alcântara do navio «Quanza», com um contingente militar regressado de Moçambique.
  47. 47Regresso de contingente da Guiné (Noticiário Nacional, 3 de maio de 1966). RTP Arquivos, 1966 — consulté le 4 octobre 2026Desembarque no cais de Alcântara de tropas vindas da Guiné.
  48. 48Chegada de tropas ao cais de Alcântara (Noticiário Nacional, 3 de março de 1973). RTP Arquivos, 1973 — consulté le 4 octobre 2026Chegada ao cais de Alcântara, no navio «Timor», de tropas vindas de comissão em Timor e Macau.
  49. 49Filipa Moreno Figueiredo Caetano, A mobilização feminina durante a Guerra Colonial Portuguesa (1961-1974): o fenómeno das enfermeiras paraquedistas (dissertação de mestrado). RUN – Repositório da Universidade NOVA de Lisboa (NOVA FCSH), 2025 — consulté le 3 octobre 2026
  50. 50Investigação inédita indica que mais de oito mil soldados desertaram da Guerra Colonial. RTP Notícias (Lusa), 2016 — consulté le 3 octobre 2026Publicado a 21 de outubro de 2016.
  51. 51Os desertores: recusar a guerra, combater o colonialismo (projeto de investigação). Centro de Estudos Sociais da Universidade de Coimbra — consulté le 3 octobre 2026
  52. 52Contactos e horários. Padrão dos Descobrimentos (EGEAC) — consulté le 3 octobre 2026
  53. 53Nominatim – OpenStreetMap (geocodificação). OpenStreetMap contributors (ODbL) — consulté le 2 octobre 2026

Autres parcours

  • Révolution

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    Le 25 avril 1974 heure par heure, du Terreiro do Paço au Carmo et à la porte de la police politique

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    L’Estado Novo, expliqué

    Comment une dictature a duré 48 ans : le chef, la façade, le parti unique, la famille, le travail et la propagande — de São Bento aux Restauradores

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    2 h 20 min
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    9 arrêts

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