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Em Cada Esquina
Le parcours et ses 6 arrêts. Rues et fleuve : © contributeurs d’OpenStreetMap.

Parcours · Femmes · à pied

Graça, la colline des femmes

Des couturières en grève, une propagandiste républicaine, une prison de femmes, un bar et une poète — Graça racontée par elles

Distance
1,7 km
Durée
1 h 15 min
Arrêts
6
Difficulté:
Exigeante
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Arrêts

Carte du parcours « Graça, la colline des femmes », avec 6 arrêts numérotés. La liste des arrêts suit la carte.

Les arrêts

  1. Arrêt 1 : : 1915 — les couturières de Ramiro LeãoRua do Benformoso, Lisboa (número por identificar)

    Rua do Benformoso, Lisboa (número por identificar)

    Rue étroite et longue entre de hauts immeubles à balcons, avec des boutiques au rez-de-chaussée, du linge qui sèche et des passants au fond.
    La Rua do Benformoso, entre la Mouraria et l’Intendente, en avril 2022. Andrzej Otrębski, CC BY-SA 4.0

    Dans cette rue se trouvait, en 1915, le siège de l’association de classe des couturières et des piqueuses. Cet été-là, A Voz do Operário (« La Voix de l’ouvrier ») a publié la lettre du père d’une couturière de la fabrique que la maison Ramiro Leão, du Chiado, possédait sur la colline de Santana : les ouvrières payaient le fil qu’elles utilisaient et gagnaient entre 185 et 220 centavos par semaine. Adelaide Abrantes, dirigeante de l’association, a répondu : le patron ne les traiterait pas ainsi si elles étaient organisées, « car sans patron on peut produire, mais c’est le patron qui ne peut pas vivre sans les producteurs ». Plus de cent ouvrières sont venues à la réunion qu’elle a convoquée ici.

    En août, trois ouvrières qui réclamaient la journée de huit heures — Miquelina Furtado, Laurinda Pinheiro et Lúcia Martins — ont été licenciées. Leurs collègues ont tenu un piquet devant la porte de la fabrique avant six heures du matin et l’ont paralysée ; au bout de quatre heures et demie, la cavalerie et l’infanterie de la Garde nationale républicaine (GNR) les ont dispersées. La grève a été perdue, mais la loi des huit heures est arrivée en 1919.1

    Jusqu’à l’arrêt 2670 m · 10 min à pied

  2. Arrêt 2 : : Angelina Vidal, la propagandisteAujourd’hui : Une petite maison de plain-pied

    Rua de São Gens, 41, 1170-337 Lisboa

    Photographie en noir et blanc d’une stèle de pierre haute et étroite sur une petite place pavée, avec un réverbère, un arbre dénudé et des maisons basses derrière.
    La stèle (padrão) de 1148 dans la Rua de São Gens, vers 1900. Photographie de José Artur Leitão Bárcia (Archives municipales de Lisbonne). José Artur Leitão Bárcia, Domaine public

    Angelina Vidal (1847–1917) a tenu des meetings et écrit dans des journaux ouvriers pour la République et pour le socialisme ; elle a été éditrice d’A Voz do Operário et a enseigné le français et la musique. Elle défendait l’égalité entre hommes et femmes au travail et dans les lois civiles, même si elle ne s’est jamais dite féministe.

    Veuve d’un médecin de la Marine depuis 1894, elle a vu la monarchie lui refuser sa pension parce qu’elle était « ennemie des institutions ». La pension lui a été accordée le 31 juillet 1917 — et Angelina est morte le lendemain, ici, au n° 41 de la Rua de São Gens.2 En 1924, Lisbonne a donné son nom à une rue toute proche, avec la légende « Illustre conférencière et propagandiste de l’émancipation sociale » (Ilustre Conferencista e Propagandista da Emancipação Social).3

    Ce que l’on voit aujourd’hui

    Entre les deux fenêtres, une plaque dévoilée en 1991 par A Voz do Operário et le conseil de la paroisse de Graça rend hommage à la « poétesse, journaliste et professeure » qui a vécu et est morte ici, pour sa participation à la défense des idéaux humanistes et de la vie associative.1718

    Jusqu’à l’arrêt 3560 m · 8 min à pied

  3. Arrêt 3 : : Le bar de NatáliaAujourd’hui : Bar Botequim (rouvert en 2010 par de nouveaux propriétaires)

    Largo da Graça, 79-80 (rés-do-chão da Vila Sousa), 1100-266 Lisboa

    Long immeuble de quatre étages couvert d’azulejos bleu-vert, avec des balcons de fer et des fenêtres à encadrement blanc, sous un ciel bleu.
    La Vila Sousa, sur le Largo da Graça, dont le rez-de-chaussée abrite le Botequim, en 2019. Chabe01, CC BY-SA 4.0

    En 1971, Natália Correia a ouvert ici un bar avec trois amies — Isabel Meyrelles, Júlia Marenha et Helena Roseta — et y a transporté le cénacle qu’elle réunissait chez elle, avec des gens des arts, des lettres et de l’opposition.5 On y discutait, dit un itinéraire de la NOVA FCSH, « en liberté, de littérature, de politique et de féminisme ».6

    Natália, déjà condamnée pour l’anthologie de poésie érotique et satirique qu’elle avait organisée, était ici dans la nuit du 24 au 25 avril 1974, et c’est ici qu’elle a fêté la chute de la dictature.7

    Clip de « Saudades do Botequim » (La nostalgie du Botequim), chanson de José Cid dédiée à Natália Correia, tirée de l’album « Clube dos Corações Solitários do Capitão Cid » (Le club des cœurs solitaires du capitaine Cid) ; il se termine par un enregistrement de Natália disant des vers. Selon la description que le label Acid Records publie avec le même clip, il a été tourné dans le Botequim lui-même, sur le Largo da Graça.

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    José Cid (canal oficial), sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».

    Jusqu’à l’arrêt 4200 m · 3 min à pied

  4. Arrêt 4 : : L’école des ouvriersAujourd’hui : Société d’instruction et de bienfaisance A Voz do Operário

    Rua da Voz do Operário, 13, 1100-620 Lisboa

    Haute façade jaune et blanche, avec des colonnes, des balcons de fer et une grande fenêtre ronde au sommet, vue de face et d’en bas.
    Le siège de la Société d’instruction et de bienfaisance A Voz do Operário, à Graça, en 2013. José Luiz Bernardes Ribeiro, CC BY-SA 3.0

    Née en 1879 comme journal des ouvriers du tabac, A Voz do Operário est devenue la plus grande école populaire de Lisbonne : en 1938, elle comptait 4 200 élèves, pour la plupart des enfants d’ouvriers.8

    En 1949, l’opposition a tenu ici des meetings pour la candidature présidentielle de Norton de Matos — et à la tribune ont pris place des femmes : Isabel Aboim Inglez, Maria Lamas et la médecin Cesina Bermudes, dirigeantes du mouvement de femmes qui soutenait le général.9 En octobre de la même année, Cesina Bermudes a été arrêtée et emmenée à Caxias ;10 Maria Lamas serait arrêtée trois fois.11

    Reportage de la mairie sur les célébrations des 135 ans de la Sociedade de Instrução e Beneficência A Voz do Operário, en 2018, avec la présentation du livre de ses 135 ans. Le maire évoque une institution née « dans le dessein de rendre sa dignité au travail et à l’éducation ».

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    Câmara Municipal de Lisboa, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».

    Jusqu’à l’arrêt 5290 m · 4 min à pied

  5. Arrêt 5 : : La prison des femmesAujourd’hui : L’ancien couvent de Santa Mónica

    Travessa das Mónicas, 2, 1100-359 Lisboa

    Photographie en noir et blanc d’une rue pavée et déserte, entre de hauts murs et la longue façade austère d’un ancien couvent, avec un réverbère.
    La Travessa das Mónicas et le couvent des Mónicas, déjà devenu établissement pénitentiaire, vers 1900. Photographie de José Artur Leitão Bárcia (Archives municipales de Lisbonne). José Artur Leitão Bárcia, Domaine public

    Dans cet ancien couvent a fonctionné la prison civile pour femmes de Lisbonne. Elle accueillait surtout des détenues de droit commun, mais elle a reçu des prisonnières politiques.12 Magda Fonseca se souvient des visites qu’enfant elle rendait ici à sa tante, militante communiste : les « apalpadeiras » (fouilleuses) à l’entrée, le grillage à mi-hauteur entre détenues et visiteurs, les uniformes — « à petits carreaux bleus et blancs pour les politiques, et rouges et blancs pour les détenues de droit commun » — et les billets cachés dans les sous-vêtements de l’enfant.13

    C’est ici que le tribunal plénier a envoyé Isabel Aboim Inglez, pour trois jours, pour « manque de respect envers le tribunal ». À sa sortie, elle a dit avoir appris auprès des autres détenues et fait une « étude sociologique ».14

    Jusqu’à l’arrêt 610 m · 1 min à pied

  6. Arrêt 6 : : La maison de SophiaTravessa das Mónicas, 57, 1.º andar, Lisboa

    Travessa das Mónicas, 57, 1.º andar, Lisboa

    Photographie en noir et blanc d’une rue pavée et déserte, entre de hauts murs et la longue façade austère d’un ancien couvent, avec un réverbère.
    La Travessa das Mónicas et le couvent des Mónicas, déjà devenu établissement pénitentiaire, vers 1900. Photographie de José Artur Leitão Bárcia (Archives municipales de Lisbonne). José Artur Leitão Bárcia, Domaine public

    Le 3 novembre 1951, Sophia de Mello Breyner Andresen s’est installée avec sa famille au premier étage du n° 57 de cette ruelle. « Je suis à Graça ! Je suis arrivée aujourd’hui », a-t-elle écrit à sa mère. Elle a vécu ici jusqu’à sa mort, en 2004. La maison avait deux côtés : l’un tourné vers le fleuve, l’autre vers la Travessa das Mónicas, « où il y avait une prison ».4

    D’ici est partie une résistance faite de poèmes et d’actes : le soutien à Humberto Delgado, la Commission nationale de secours aux prisonniers politiques, les veillées catholiques contre la guerre coloniale.15 Au bout de la rue, le belvédère de Graça porte son nom depuis 2009, avec un buste et une plaque où figure le poème « Lisboa ».16

    En juillet 2009, la mairie de Lisbonne a donné le nom de Sophia à l’ancien belvédère de Graça, près de la maison où elle a vécu plus d’un demi-siècle, et lui a rendu hommage sur place. Le reportage montre l’inauguration du buste, réplique de celui qu’a sculpté António Duarte, le dévoilement de la plaque de rue et la pose du poème « Lisboa » sur le parvis de l’église de Graça.

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    Câmara Municipal de Lisboa, sur YouTube. Le lecteur ne se connecte à ce site que lorsque vous appuyez sur « Voir ».

Notes sur les sources1
  • Le numéro de la porte de l’ancien siège des couturières dans la Rua do Benformoso ; l’étape est placée dans la rue.

Vous en savez plus, ou vous avez un document ? Dites-le-nous.

Sources18
  1. 1Greve de operárias da Ramiro Leão em 1915 (Luís Carvalho, 4/9/2019). A Voz do Operário — consulté le 2 octobre 2026
  2. 2A republicana Angelina Vidal. Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa) — consulté le 2 octobre 2026
  3. 3Lisboa Republicana: topónimos no feminino. Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa) — consulté le 2 octobre 2026
  4. 4Sophia de Mello Breyner Andresen – Lisboa (exposição virtual). Biblioteca Nacional de Portugal — consulté le 2 octobre 2026
  5. 5Natália Correia. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 2 octobre 2026
  6. 6Graça em estado de graça (roteiro, 20/4/2017). FCSH+Lisboa – NOVA FCSH — consulté le 2 octobre 2026
  7. 7O Essencial sobre Natália Correia (Luiz Fagundes Duarte). Imprensa Nacional, 2024 — consulté le 2 octobre 2026
  8. 8História. A Voz do Operário — consulté le 2 octobre 2026
  9. 9Candidatura de Norton de Matos [...] comício de Lisboa (Voz do Operário). Maria Lamas, Manuel João da Palma Carlos e Cesina Bermudes – fotografia (cota 04654.000.026). Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso — consulté le 2 octobre 2026
  10. 10A Rua Cesina Adães Bermudes e o parto sem dor. Toponímia de Lisboa (blogue da Câmara Municipal de Lisboa) — consulté le 2 octobre 2026
  11. 11Maria Lamas. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 2 octobre 2026
  12. 127. Isolamento e «celas disciplinares». Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos — consulté le 2 octobre 2026
  13. 13Mónicas (testemunho de Magda Fonseca). URAP – União de Resistentes Antifascistas Portugueses — consulté le 2 octobre 2026
  14. 14Isabel Aboim Inglez. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC) — consulté le 2 octobre 2026
  15. 15Sophia de Mello Breyner Andresen: militância antifascista a partir da crise do Estado Novo (tese de doutoramento, Eloísa da Silva Aragão, 2017). Universidade de São Paulo — consulté le 2 octobre 2026
  16. 16Um itinerário para Sophia (Luís Almeida D'Eça, 8/11/2019). Agenda Cultural de Lisboa (agendalx.pt) — consulté le 2 octobre 2026
  17. 17Rua de São Gens (Roteiro «Voz do Operário»). Instituto de História Contemporânea – NOVA FCSH (DHLAB) — consulté le 3 octobre 2026
  18. 18Angelina Vidal: uma desfavorecida que defendeu os desfavorecidos. FCSH+Lisboa – NOVA FCSH, 2017 — consulté le 3 octobre 2026

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